‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 131 sur 165 · BESAIGUË · texte numérisé non relu

BESAIGUË

elles la palette de bois dur G. Ainsi le pied avait-il un large espace pour appuyer sur Taxe du fer. Une encoche D, ménagée à Textrémitc inlërieure du manche, empêchait cette palette de sortir de sa rainure. L'effort du pied, se produisant suivant Taxe tranchant du

fer, ne perdait rien de sa puissance. Il est difficile d'expliquer pourquoi ce système excellent a été abandonné. La traverse supérieure du manche est figurée sur toutes les représentations de bêches jusqu'au XVI* siècle. 11 n*est pas besoin de dire que cette traverse facilite beaucoup le travail de Ta^riculleur.

BÉQUILLE, s. f. {anicoltey eschace, potence). Bâton garni d'une traverse à son extrémité supérieure pour appuyer la main, ou placer sous l'aisselle, lorsque les jambes ne peuvent porter leur homme. Bien que la ligature des artères ne fût pas connue au moyen âge, dès le xii" siècle on trouve des représentations de personnages ayant des jambes de bois, jambes de fusi, eschace.

BESAIGUË, s. f. (bisaguë). Outil de charpentier composé d'une lame de fer de trois pieds de longueur environ, munie d'un manche court à son milieu, aiguisée sur le plat à l'une de ses extrémités et affûtée en bec de burin à l'autre extrémité. Cet outil remonte à l'antiquité, on le voit iiguré sur des monuments des premiers siècles du moyen âge. Et en effet on ne peut faire une mortaise dans du bois de charpente sans le secours de la besaiguë. Avec la hache, la

[ BESAIGUË ] — àHS —

doloire, le compas, le lil à plomb et la tarière^ la besai^^uë compose l'outillage de tout ouvrier charpentier, et cela depuis des siècles :

« Li carpentier qui après viendrent^ grans coignies « En leurs coul tiadreat, doloueres et besagues « Orent à leur costez pendues ^. »

La figure 1 montre un charpentier muni de ses outils -. A sa cein-

ture de cuir est attachée rescarcelle avec le compas ; la doloire esl

^ Roman de Rou,

^ Vitraux de la cathédrale do Bourges (xiii^ siècle) ; tapisseries de Saint-Médard de Paris, Collect. Gaignières de la biblioth. Budléicniic d'Oxford (fin du xiu'* siècle).

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