DÉVIDOIR
c Une damoiselle d'argent en iiij pièces, pesant vij mars x ester- € lins... *. » — < Ledit maistre Girart d'Orliens, paintre, pour la € façon de iiij damoiselles de fust, nettement ouvrées et paintes, à € bon or bruni, à tenir les miroirs desdictes dames, à cause de leur c dict atour, iij écus la pièce '. » Le nom de damoiselles avait été donné à ces meubles de toilette, parce qu'ils se composaient de deux bras, d'un pied avec guéridon, et d'une tête sur laquelle on apprêtait la coiffure. Un des bras portait le miroir, l'autre des épingles, et sur le guéridon étaient posés les peignes, cosmétiques et affiquets de coiffiire. Les ornements de tête pour les femmes, pendant la période comprise entre les xii* et xv'' siècles, étaient fort compliqués •, et depuis le milieu du xiv* siècle notamment, jusque vers le milieu du xv^, les coiffures des dames nobles exigeaient des soins inflnîs et un temps très-long pour être convenablement posées; il était naturel d'avoir, à cet effet, dans les garde-robes, des meubles et ustensiles spéciaux. La figure 1 présente la disposition de ces objets et leur usage.
DÉ (a coudre), s. m. {déet). Cet ustensile, nécessaire à tout ouvi-ier en couture, date d'une haute antiquité. On trouve des dés à coudre, d'os, parmi les objets gaulois. Le dé est mentionné dans les labliaux du xïii' siècle :
a G'é laûiié pendre mon déel « Avec raguille en cel surcot « Dont ge sui, iasie à tel escot, tt S'ainsi rendre le me convient ^. »
On donnait le nom de deyders aux fabricants de dés à jouer et à coudre : < Des deyciers fesères de dez à dame pour coudre *. »
DÉVIDOIR, s. m. {vertou, desvidouere),
u Ou en vertous, ou en fusiaus ^...
« Une desvidouere ^.. »
Les femmes nobles, aussi bien que les roturières, s'occupaient
> Invent, de la i*oyne Clémence y 1328.
2 Compta rot/aux t 1353.
' Yfiyes la partie des Vêtements.
♦ WAuberée la vieille maq, (Contes, dicts, fabliaux des xni\ xiv« et xv« siècles^ reeaeitl. par A. Jubinal^ 1839, 1. 1, p. 220.)
* Us des meitiers de Paris,
« Ledici de h Maille (voy. JoiiGLEuas et Trouvères), publ. par iulûnal, 183^^ ' Invent, de la royne Clémence,