‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 34 sur 165 · ÉCUELLE · texte numérisé non relu

ÉCUELLE

Louis XI, ayant appris, un jour, que plusieurs gentilshommes de sa maison n'avaient pas d'armures, envoya son trésorier, Jean le Clerc, acheter des écritoires, pour les attacher à la ceinture de ces barons négligents :

« A M* Jehan Le Clerc... 27 s. 6 d. pour avoir achecté plu-

« sieurs escriptoueres pour donner à aucuns des gentilz hommes de € son hostel, pour icelles porter en lieu de ce qu'ilz n'avoient point € de harnois *. »

Les écritoires sur table ne se composaient pas seulement d'un récipient propre à contenir l'encre, mais comprenaient des plumes, un canif, des ciseaux, des poinçons, un grattoir, etc. « Une escri- € toire d'or, a façon d'une gayne (trousse) à barbier, et est hachiée cpar dehors aux armes d'Estampes; et a dedans, une penne à f escripre, un grelfe (grattoir), un compas, une cizalles, un coutel, f unes furgettes, tout d'or et pendent, avec un cornet à enque (encre) f d'or, à un laz d'or, pesant ij marcs iiij onces ij esterlins *. »

ËCUELLE, s. f. (escuele). Plat profond, avec rebord ou oreilles, dans lecpiel on servait un m ts pour une [ou deux personnes. L'écuelle a précédé l'assiette. On mangeait habituellement, pendant les repas, deux personnes dans la même écuelle avant le xv* siècle. « Il y eust jusques à huyt cent chevaliers séans à table, et si n'y eusl € celuy qui n'eust une dame et une pucelle à son costé ou à son « escuelle * . >

L'écuelle était faite de bois, de terre cuite vernissée, d'étain, de cuivre ou d'argent. On apportait le repas d'une personne seule, d'un prisonnier, danis une écuelle :

« C*une petite fenestrele « Où on mettoit une escuele « Quant on lui donnoit à mangier a A dès quand on avoit mestier *. »

Voici une écuelle de cuivre (laiton) qui date de la fin du xiv' siècle, et qui ressemble fort à ce qu'on appelle aujourd'hui une gamelle

* Manuscrit interpolé de la chroti, scawL Comptes de Jean Le Cleix {soyez Biblioth, de VÉcoie des Charles, &« série, t. I, p. 2ôl}«

' Invent, de Charles K.

3 Perceibrest.

* Roman du Saint-Graal^ Xlll« siècle.

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