ÉCUELLE
Louis XI, ayant appris, un jour, que plusieurs gentilshommes de sa maison n'avaient pas d'armures, envoya son trésorier, Jean le Clerc, acheter des écritoires, pour les attacher à la ceinture de ces barons négligents :
« A M* Jehan Le Clerc... 27 s. 6 d. pour avoir achecté plu-
« sieurs escriptoueres pour donner à aucuns des gentilz hommes de € son hostel, pour icelles porter en lieu de ce qu'ilz n'avoient point € de harnois *. »
Les écritoires sur table ne se composaient pas seulement d'un récipient propre à contenir l'encre, mais comprenaient des plumes, un canif, des ciseaux, des poinçons, un grattoir, etc. « Une escri- € toire d'or, a façon d'une gayne (trousse) à barbier, et est hachiée cpar dehors aux armes d'Estampes; et a dedans, une penne à f escripre, un grelfe (grattoir), un compas, une cizalles, un coutel, f unes furgettes, tout d'or et pendent, avec un cornet à enque (encre) f d'or, à un laz d'or, pesant ij marcs iiij onces ij esterlins *. »
ËCUELLE, s. f. (escuele). Plat profond, avec rebord ou oreilles, dans lecpiel on servait un m ts pour une [ou deux personnes. L'écuelle a précédé l'assiette. On mangeait habituellement, pendant les repas, deux personnes dans la même écuelle avant le xv* siècle. « Il y eust jusques à huyt cent chevaliers séans à table, et si n'y eusl € celuy qui n'eust une dame et une pucelle à son costé ou à son « escuelle * . >
L'écuelle était faite de bois, de terre cuite vernissée, d'étain, de cuivre ou d'argent. On apportait le repas d'une personne seule, d'un prisonnier, danis une écuelle :
« C*une petite fenestrele « Où on mettoit une escuele « Quant on lui donnoit à mangier a A dès quand on avoit mestier *. »
Voici une écuelle de cuivre (laiton) qui date de la fin du xiv' siècle, et qui ressemble fort à ce qu'on appelle aujourd'hui une gamelle
* Manuscrit interpolé de la chroti, scawL Comptes de Jean Le Cleix {soyez Biblioth, de VÉcoie des Charles, &« série, t. I, p. 2ôl}«
' Invent, de Charles K.
3 Perceibrest.
* Roman du Saint-Graal^ Xlll« siècle.