ÉCUELLE
(lig. 1 *). Elle est munie d'un rebord simplement gravé de deux
g .CU^LMl'AÎVI^
cercles concentriques. Ce vase était probablement destiné à aller sur le feu, et paraît avoir été étamé.
L'écuelle d*étain à oreilles est encore en usage dans les campagnes
-0 iS .
de TEst. La figure 2 montre une de ces écuelles*, qui appartient
1 Musée des fouilles du château de Pierrefonds. -2 idem.
également à la fin du xiv* siècle. Ces oreilles étaient souvent délicatement travaillées, ou plutôt fondues en étain sur de bons modèles. Il n'en coûtait pas davantage. Nous donnons (fig. 3) une de ces oreilles portant une tète en plat relief, d'un excellent style, et qui semble appartenir au xiV siècle *.
ENCENSOIR, s. m. L'usage de Tencensoir remonte aux premiers siècles du christianisme et a été emprunté aux cultes orientaux. Cet ustensile se compose d'une capsule inférieure de métal, dans laquelle on dépose de la braise incandescente, d'une capsule formant couvercle, ajourée, glissant sur trois ou quatre chaînes fixées aux bords de la capsule inférieure; de plus, une chaîne centrale, tenant à la partie supérieure du couvercle, sert à enlever celui-ci. Les trois ou quatre chaînes sont retenues à une platine que le thuriféraire tient dans sa main, et la chaîne centrale, munie d'un anneau, passe à travers cette platine. Le moyen âge a fabriqué des encensoirs de formes variées; les plus anciens figurent, lorsque les deux capsules sont jointes, une sphère complète, presque toujours munie d'un pied qur permet de poser l'objet à terre ou sur un meuble.
Les représentations très-grossières des encensoirs , avant le XI r siècle, ne permettent guère de se rendre un compte exact de leur usage, des moyens employés pour les ouvrir et jeter l'encens sur la braise «illumée. Les capsules sont parfois attachées à trois chaînons qui se réunissent à une seule chaîne centrale. On ne comprend pas alors comment on pouvait soulever la capsule formant couvercle,
* Cabinet de rauteur.
sans se brûler les doigts. L'exemple (lig. 1) que nous donnons ici * présente un de ces encensoirs sphériques. La capsule inférieure est pleine, pour recevoir la braise. Cette capsule est munie de trois
pieds; trois tiges ou chaînons partant des bords de cette capsule, se réunissent à une chaîne centrale. La capsule-couvercle est percée de trous pour laisser passer la fumée de Tencens.
Les plus anciens encensoirs que possèdent les trésors d'églises, ou les collections particulières, ne remontent pas au delà du XII' siècle, et, parmi ces objets, un des plus remarquables par son style et sa composition, est l'encensoir de Trêves (pi. XXX) \ 11 est de bronze coulé, ciselé et doré, est muni de quatre chaînes coulantes et d'une chaîne centrale, et paraît dater de la seconde moitié
1 ManugcriU du x^ siècle {Prophéiies)^ Biblioth. impér., 6/3.
^ Cet encensoir est aujourd'hui conservé dans le musée de la cathédrale de Trêves. (Voyez, dans les Annales archéologiques de Didron, t. IX^ p. 357, la description de cet encensoir.)
DlCT;o:iNAl:-;E RAISONNÉ D'J MOl'.lLIER
lu.-AfTt^ it. iaÊf^^ivf .ir
l-t-iû.i: V\ 30
*/^,». .A^. /.—.,-. /./'/». f!..»^f^rlr ,.1 .-» «.V //;-X ./«r /:...„... I.L
DiCTiONXAiHï HA:SCN>IE UU MGB'LIER
ENCKNSOIR
r. ( '■. i>; l'-NDi i.' .l..■<^
— 99 — [ BNCENSOm J
du xif siècle. Le plan de cet encensoir est tracé en A dans la figure 2. Les coulants des quatre chaînes ont été refaits après coup et masquant une partie de l'inscription qui remplit Torle de la capsule supérieure. Au sommet, est représenté Salomon assis sur un trône entouré de quatorze lions. Sur les quatre gables s'élèvent les quatre patriarches emblématiques du sacrifice du Nouveau Testament, savoir : Abel, avec l'agneau; Melchisédech, avec le pain et le calice ; Abraham prêt à immoler Isaac ; Isaac bénissant Jacob. La capsule inférieure montre, en bustes, Moïse, Aaron, Isaïe et Jérémie. Les quatre chaînes sont attachées au sommet de la tête de ces personnages. La platine de main (voyez en B, fig. 2) qui reçoit les chaînes porte les bustes de quatre apôtres. Une petite figure, qui probablement représente le Christ^ surmonte cette platine et sert à retenir l'anneau terminal * . L'évêque de Munster, monseigneur Muller, auquel on doit la conservation de ce précieux ustensile, dans une notice fort détaillée, a donné les diverses inscriptions qui accompagnent ces figures symboliques >. « On conviendra, ajoutait le prélat, que l'artiste du moyen âge aiiquel est dû cet encensoir a su résumer dans cet objet les dogmes qui constituent l'essence de la liturgie, à laquelle il devait être employé. > L'observation est parfaitement juste, et c'est qu'en effet, dans les ustensiles qui tiennent à la liturgie, les artistes, au xif siècle particulièrement, savaient choisir les sujets ou symboles exactement convenables à l'objet. D'ailleurs, si la composition de l'encensoir de Trêves est remarquable et le style assez bon, l'exécution eh est barbare. Il n'en est pas de même de l'encensoir également de bronze coulé, ciselé et doré, qui provient d'une collection de Lille, et qui est, pensons-nous, aujourd'hui en Angleterre. Cet encensoir date du coihmencement du xiii"^ siècle et est en forme de sphère avec pied (voyez pi. XXXI). Il est de fabrication française et d'une exécution excellente *. Sa composition est éminemment symbolique. La partie supérieure de l'encensoir représente les trois jeunes gens : Ananias, Misaël, Azarias, sauvés de la fournaise par l'ange envoyé du Seigneur. Suivant l'Écriture, ces jeunes gens entonnent le cantique dans lequel ils invitent la nature entière à louer Jéhovah. Trois cercles divisent la sphère, et à leur rencontre se trouvent les attaches et coulants des trois chaînes. Sur
> Les dessins de ce curieux objet ont été relevés avec le plus grand soin par M. Bceswîlwald, qui a bien voulu nous les communiquer. 3 Vojes les Annales arehéol., t. IX, p. 358. ^ \oyeZy sur cet encensoir, la nolîcc de Didron {Annnks archéoL, l IV, p. 293).
[ KNCœNSOIR ] — 100 —
Torle double qui sépare les deux capsules, on lit les trois vers hexa* mètreis suivants :
f HOC . EGO . REINERUS . DO . SIGNUM . QUID . MIHÏ . VESTRIS . EXEQUIAS . SIMILES . DEBETIS . MORTE . POTITO . ET . REOR . ESSE . PRECES . VRANS . TIMÏAMATA . CHRISTO .
que Didron a traduit ainsi :
« Moi, Reinerijis, je. donne ce gage. A moi en possession de la Cl mort, vous me devez quelques preuves semblables d'amitié. Los « p.ufums qu'on brûle en Ttionneur du Christ sont, à mon avis, dos « prières. » . .
La hauteur ^oH^le de cet encensoir est de O"*,!/. Les diaîncs et la platine de main manquent. :
Le moine Théophile, dans son Essai sur divers arts *, indique la manière de faire jes enLcetisoirs de métal repouçsé.ou fondu à cire perdue *. Ses descriptions, très-minutieuses, sigaalenl rimportance qu'au \n\ siècle on attachait à ces ustensiles destinés au service religieux. BjjÇn- que leg çncensoirs de métal repouâsé dussent être d'une moindre valeur: que ceux de métal fondu sur^cire perdue, Théophile; jçtf ne pon enCjensoir battu d'une quantité de détails gravés très-préciejfix,^'.ajoui^ délicats. Il n'est pas: jusqu'à la platine de main, à/laquellç. il donne le nom de //s, qu'il ne décore de flem-s et d'oi§Qaux. Cet encensoir battu, est muni de trois chaînes, tandis que l'eng^nsoir fondu, qui i'fcprésente la cité sainte, possède quatre chaînes. '.'.'.'
Les encensoir^ de métal repoussé étaient les plus communs et affectaient souvent. une grande simplicité. Tels sont ceux qui sont représentés sur un grand nombre de bas-reliefs, ou qui accompagnent des statues d'anges thuriféraires des xii*' et xiii* siècles. Voici un de ces objets (fig. 3) qui tient à l'une des statues de la cathédrale de Chartres. Les deux capsules sont ajourées, ainsi que dans les deux exemples précédents ; mais une doublure pleine (voy. en A) était fixée à l'intérieur de la capsule inférieure, pour recevoir la braise et l'encens. Cet encensoir a trois chaînes avec coulants, et la chaîne centrale fixée à l'anneau B qui surmonte le lis. Comnie cela se pratique aujourd'hui, quand on voulait soulever le couvercle C pour mettre du charbon ou de l'encens dans la capsule inférieure, on
^ Cap. Lix et Lx.
2 Divermrum artiurnSchetlula, Paris, 1843, trad. du comte derSscalopier.
tirait sur l'anneau B. Ici les chsânes paraissent être fabriquées comme des gourmettes à section carrée , plus souples et moins sujettes à s'embrouiller que les chaînes ordinaires. Les encensoirs
E. muai/M/Ji^
de cuivre repoussé et émaillé étaient en usage pendant le xiii* siècle, et nos collections publiques et privées possèdent un certain nombre de ces objets. Plus tard les encensoirs furent composés en façon de réunions de tourelles, avec toits, petites fenêtres découpées, gûbles, le tout très-chargé de gravures et de détails. Ces ustensiles ayant été reproduits bien des fois, il ne paraît pas nécessaire de les donner ici '.
» Voyez Èiude sur les encensoirs, par M. Tabbé Fernand Pollier {Moniteur rie l^nv rA^o/o^?/i«», Toulouse, 1766).
[ ESMOUCHOIR ] — 102 —
ESIHOUERE, s. f. Vieux mot employa pour gaufrier. ESHOUCHOIR, s, m. {/labellum^ esmouchoer). Cet ustensile étail
fort usité (lès la plus haute antiquité. En Orient, on le voit fipré