‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 39 sur 165 · FOURCHETTE · texte numérisé non relu

FOURCHETTE

bules ou dans les pièces servant d'entrée aux salles à man^iiîr, dans les offices, des fontaines contenant une provision d'eau suffisante pour laver les tasses, les hanaps, ou pour les gens de service; ces fontaines étaient posées sur une table, sur le buffet même, ou accrochées au mur. Les inventaires en signalent de fort riches : « Pour une grant fontaine en guise d'un chastel, à « pilliers de maçonnerie, à hommes à armes en tour, avec le hanap « et une quarte semée d'esmaux ; tout pesant 60 mars une once « 10 esterlins. » — « Pour une fontaine à trois caritalles porlans « penthes esmaillées et dorées, et 1 gobelet à couvercle de cristal... « Une fontaine de cristal à S brides avec le gobellet de cristal dessus « à couvercle... » — « Pour une fontaine de maçonnerie en guise <( d'un chastel, à 3 sergens d'armes, seur le hanap, assis sur un « entablement... > ^ On en faisait d'argent. Il ne reste que de trèsrares exemples de ces objets antérieurs au xvi* siècle; nous en avons parfois rencontré des débris dans des maisons des villes de province. Celle que nous donnons ici (fig. 1) a été dessinée par nous dans une maison à Cahors, en 18i9. Elle est de cuivre jaune repoussé et gravé avec assez de soin. Pour la remplir, le toit s'enlève. Accrochée au mur, elle possédait son bassin comme nos fontaines à laver les mains. La corniche est formée d'une tige de fer rond recouvert d'une moulure de cuivre, et vient s'adapter aux deux montants de suspension également de fer, revêtu dans la hauteur du réservoir. Cette barre traverse latéralement les tourelles, et est garnie de rouleaux de bois pour suspendre des serviettes sans fin. Le robinet, de cuivre jaune fondu, traverse la plaque du fond, renforcée, sur ce point, par une rondelle intérieure ; cette rondelle et les tourelles ne sont là qu'un ornement soudé qui renforce ces angles.

FOURCHETTE, s. f. Les Orientaux, les Grecs et les Romains de l'antiquité ne se servaient pas de fourchettes pour manger. La cuiller seule, pour les mets liquides, était admise pendant les repas; les viandes rôties, les gâteaux, les fruits servis sur des tranches de pain, sur des plats ou sur la table, devant chaque convive, étaient séparés en morceaux avec le couteau et portés à la bouche avec les doigts. Nous avons quelque peine à nous figurer des personnages aux habitudes élégantes mangeant avec les doigts ; il faut cependant nous rendre à l'évidence. D'ailleurs, il y avait manière de s'y prendre, et

> Invent , de V argenterie des rois de France, dressé en 1353.

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