‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 44 sur 165 · LANTERNE · texte numérisé non relu

LANTERNE

trois mèches. Les bords de cette coupelle carrée sont décorés de gravures représentant des mains enlacées, un cœur et un chien. On lit entre ces emblèmes l'inscription suivante : « Ser-vo. e me. co- « suMO. ALTRi. » L'idée est assez jolie. C'est bien, en effet, le ruio tout désintéressé de la lampe. En A et B sont tracés des fragments de la gravure entourant les bords de la coupelle, grandeur d'exécution. Vers la fin du xv'' siècle, on se servait de lampes dont le récipient de verre était gradué, et qui donnaient ainsi la mesure du temps. Le musée de Cluny possède une de ces lampes, qui date du xvi* siècle. Le mécanisme de ces lampes se rapproche beaucoup de celui des quinquets adoptés au commencement du siècle. Les gens riches brûlaient dans ces lampes des huiles odoriférantes, ou toul au moins de l'huile d'olive, ainsi que cela se pratique encore de nos jours en Orient, en Italie et en Espagne, t Et la cambre où nous « gisons est aournée d'or et de pieres précieuses, et une lamj)o « art en nostre cambre de nuit plainnc de bausme. Et en .L aulre « palais où nos tenons nostre court as fiestes anueus (pour les fêles « de nuit), en art une autre ki reat moult boine oudour '.... »

« Qui rendit lumerie plus cl ère « Que sel fust de basme Tetice 2. »

LANTERNE, s. f. {carbuncle^ esconce^ escouse).

« En 8um ces maz e en cez al tes ver nés (vergues)

« Asez i ad carbuncles e lanternes;

« Là sus amunt {largetent (projetenl) tel luiserne (clarté),

a Par la noit la mer en est plus bêle ;

(I E cum il vienent en Espaigne la terre,

« Tut li païs en reluist e esclairet :

« Jesqu'à Marsilie en parvunt les noveles. Aoi '. »

L'escarboucle , pierre précieuse*, était considérée pendtint le moyen Age comme possédant un éclat lumineux qui lui était propre; de là le nom de carhuncle donné à certains falots. 0"^*"* à Vesconce ou escouse, c'était la lanterne sourde.

« Pour une esconce de laton pour le Roy, 2 s. 6 d. *. j^

* Addit. aux Poésies de Rutebeuf : Lettre de PriUre-Jehans à l'empereur de Rome. {CEuvr, compl. de Rutebeuf, trouvère du xiir siècle, recueillies par A. Jiibinal, t. U. p. 466, édit. Paris, 1839.)

' Le Rouman du mont Saint-Michei, p. 28.

* La Chanson de Roland, CLXXXVi.

^ Aigotird'hui grenat rouge.

* Journal de In dépens f du roy Jean en Angleterre,

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