‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 59 sur 165 · SALIÈRE · texte numérisé non relu

SALIÈRE

et pouvaient parfois contenir plusieurs flacons. On les fabriquait principalement à Venise, et ils passaient, en Occident, pour des ouvrages de Damas, c'est-à-dire d'Orient. Les vignettes des manuscrits montrent parfois de ces vases larges, plats, de forme cylindrique, ou triangulaire, dans lesquels sont placés plusieurs bouteilles ou flacons. Une serviette recouvre le tout, afin de mieux maintenir la fraîclieur de l'eau.

ROTISSOIR, s. m. Sorte de gril propre à faire rôtir les tranches de pain qu'on mangeait avec le vin et des épices : c Ung rotissoir € d'argent blanc, à rostir rôties, armoié au milieu des armes de € Monseigneur, et de l'autre costé un fusil (briquet), et de l'autre, « deux ce... *. »

ROULEAU, s. m. Cliauflbretle à mains (voyez cet article). On fabriquait des chauflerettes à main en forme de boule, et aussi en façon de cylindre.

SALIÈRE, s. f. Récipient du sel de cuisine ou du sel dont on se servait à table. Il y avait donc les salières c à pendre à la chemi- « née », qui étaient celles de cuisine, et les salières « nefs, nat vettes d, petits vaisseaux qu'on posait sur la table. Les salières de table étaient habituellement couvertes et même fermées à clef, ainsi que les nefs^ cadenas, dont souvent elles faisaient partie. Les salières c à pendre » étaient habituellement de bois sculpté. M. le comte de Laborde en possédait une très-belle de ce genre, qui date du XV* siècle, et représente une tête d'homme coiffée d'un bonnet*. Ces salières sont faites en forme de hotte, avec couvercle s'abattant de lui-même. Toutes les cuisines de campagne en possèdent encore qui rappeflent, par leur forme très-simple, ces ustensiles primitifs. Quant aux salières de table, couvertes généralement jusqu'au xvi* siècle, elles étaient un des ornements du couvert ; assez grandes et posées devant les maîtres de la maison, elles étaient parfois sur roues pour pouvoir être envoyées aux divers convives. Si ces con-

> tnvent. de Charles le Téméraire,

2 Cette salière fait aujourd'hui partie de la collection du musée de Cluny.

[' SALiÉRE ] — l&O —

vives étaient nombreux, on faisait de petites salières découpées dans de la mie de pains cuits à cet effet, et pour poser les tranchés de

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viandes ; on en plaçait de distance en distance sur les nappes. Les inventaires mentionnent un nombre prodigieux de salières d'une

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