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n'a qu'une épaisseur inappréciable. A cette époque (au xii* siècle), les relations avec l'Orient étaient très-actives, et il y a tout lieu de supposer que ces poteries étaient une imitation de celles qu'on rapportait d'outre-raer; d'autant que le caractère de l'ornementation rappelle beaucoup les faïences anciennes de la Perse et de la Syrie. Il n'est pas jusqu'à ces cartouches avec des linéaments qui ressemblent à des lettres arabes. Cependant la forme du vase est bien occidentale. Le potier avait des exemples rapportés d'Orient, et il considérait (ainsi que cela se rencontre souvent à cette époque) les lettres arabes comme des ornements. Avec ces émaux légers et ces ornements enlevés au style sur la coloration, on décorait des vases et des carreaux pendant le xii* siècle. Mais il semblerait que ce procédé fût abandonné en France à dater du xiii" siècle, car les terres émaillées de cette époque, et jusqu'au xv' siècle, ont un tout autre caractère. Ce sont des poteries habituellement rouges ou jaunes, émaillées au moyen d'un émail transparent, ou rouge, ou vert, ou noir verdâtre, souvent décorées de gravures qui ne sont pas recouvertes par rémail colorant. (Voyez planche XXXIII, un de ces plats, qui date du XIV* siècle *). La pâte est jaune ; un émail épais, rouge, la recouvre; et avant la cuisson cet émail a été enlevé à la pointe, de manière à former des linéaments qui laissent voir le ton de la pâte. Au four. l'émail rouge est devenu brillant et a laissé les linéaments relativement opaques. Ces poteries sont d'ailleurs très-dures et bien fabriquées. Les poteries émaillées en vert jaspé sont les plus communes, et rappellent les poteries modernes connues sous le nom de terrines. On rencontre de ces terres émaillées en vert jaspé dès le milieu du XII* siècle. Le moine Théophile * parle des poteries émaillées d'outre-mer, fabriquées par les Grecs, comme très-estimées et très-précieuses ; et en effet les inventaires mentionnent quelques-uns de ces objets dits de Damas : « A Regnaud Morel, pour un pot de c Damas, plein de gingembre vert'. » Valence et Avignon fabriquaient des poteries estimées pendant le moyen âge, ainsi que Beauvais, Pontaillé*, Rouen, Schelestadt. Beauvais fournissait principalement des verres à boire, des godets : « On fait des godes à Beauvais *. » — « Un godet de terre, de Beauvais, garny d'ar-
> Mufée des fouilles du château de Pierrefonds.
2 Diversarum artium Schedula,
3 Comptes royaux j 1416.
* Près de Dijon.
* Le Roux de Lincy, Proverbes français.
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€ gent ^ » Ces poteries étaient émaillées. Il est question dès poteries de Beauvais dès le xn* siècle; de celles de Ponlaillé et de celles de Schelestadt, dès le xiii'.
PUISETTE, s. f. Vase de bronze ou de bois, de petite dimension, muni d'une anse et d'un ou deux goulots, servant à puiser de Feau : « Pour une puisete d'airain à puiser eaue, xvi s. p'. » Nous donnons (fig. 1) une de ces puisettcs, dont la fabrication date du w^ siècle *.
L'anse est munie d'un anneau pour pouvoir suspendre le vase à une crémaillère. Cette puisette possède deux goulots ou biberons qui permettent de verser le liquide de chaque bord ; elle est de laiton fondu. Les femmes portaient ces vases sur leur tête, et c'est pourquoi on leur donnait cette forme large de la panse. Autrefois on les plaç^iit sur le feu, et ils servaient de chaudrons.
RÉFREDOER, s. m. Vase i rafraîchir. Les inventaires des xiv' et xv*" siècles en mentionnent quelques-uns. Ces vases sont de cuivre,
» luvcnt, de Charles VI (1399).
* Comptes roi/aux (i^OO).
3 Musée de Cluny.