BALAI
Les hommes se baignaient fréquemment en eau courante, et dans toutes les villes et bourgades étaient établis des bains chauds. Beaucoup de ces localités ont encore conservé le nom de rue des Étuves. Il semble que ees habitudes de propreté n'étaient pas perdues dans la bourgeoisie au commencement du wii*" siècle, car dans les Caquets de C accouchée^ on lit ce passage :
< Je me résolus, avec quelques-unes de mes voisines, d'aller
€ aux étuves pour me rafraischir ; car la nature est tellement sortie « de ses premiers ressorts qu'il n'est point maintenant permis aux « femmes de se baigner à la rivière, à cause peut-être qu'on les ver-
€ roit à découvert Comme je fiis arrivée aux baings, où d'or-
« dinaire nous avons coustume entre nous autres de nous rafrais- € chir, je me trouvay au milieu d'une bonne et agréable compaignie € de bourgeoises et dames de Paris, qui estoient venues au mesme € lieu pour ce subject * »
En énumérant ce qu'il faut aux nouveaux mariés pour monter une maison, Eustache Deschamps, entre autres objets, cite les c chaudière, baignoire et cuviaux », comme essentiels. On avait donc, au xiv' siècle, des baignoires chez soi.
Ces baignoires d'appartement, figurés dans des vignettes de manuscrits, sont de bois et faites en forme de cuves cylindriques ou, ovales.
Dans les châteaux, on établissait souvent la chambre des bains, Tétuve, qui contenait une piscine de pierre qu'on remplissait d'eau tiède, et dans laquelle plusieurs personnes pouvaient se baigner en compagnie. Il existe encore, dans quelques villes du nord de l'Angleterre, des piscines faites de cette façon. La scène extraite des Caquets de F accouchée^ cilée plus haut, se passa dans une étuve ou piscine commune.
BALAI, s. m. La forme de cet ustensile ne diffère pas, pendant le moyen âge, de celle actuellement en usage. On avait des balais de bouleau ou de jonc, les balais de crin pour les appartements, les balais de four {escovillons^ escovettes) :
<c Sec et noir comme escovillon 2. »
Le dicton : Rôtir le balaiy s'applique à ces balais de four.
> Pttbl. pour U première foit en 1622 (voy. l'édilion publ. par H. Ed. Foornier, Jannet, iS55,p. 195).
« Villon.