‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 65 sur 165 · TABLETTE · texte numérisé non relu

TABLETTE

€ offreût le plus grand intérêt p£Hr les deux bas^reliefs dont elles sont « ornées à l'intérieur. > L'un de ces bas-reliefs (fig. 1) représente un jeune homme agenouillé devant une dame à laquelle il présente son cœur, que celle-ci, naturellement, s'empresse de percer d'un dard. L'autre bas-relief nous montre un cavalier et une dame qui

paraissent être dans une parfaite intimité, puisque le jouvencel cai-esse le menton de sa maîtresse. Celle-ci tient un petit chien, le jeune homme un faucon. L'étui de cuir bouilli et gaufré, autrefois doré en partie, présente la moralité de ces passe-temps mondains. L'un des plats de cet étui (fig. 2) trace la scène que nous trouvons peinte et décrite dans un manuscrit appartenant autrefois

à M. de Monmerqué*, scène que reproduit à peu près, mais avec un tour beaucoup moins moral, le cul-de-lampc dp la salle du trésor de riiôtel de Jacques Cœur à Bourges, et le roman de Tristan. Voici le texte qui accompagne la vignette du manuscrit précité : < Ci .nous « dit cornent une royne et uns chevaliers s'estoient assiz souz im « arbre seur une fontaine pour parler de folles amours ; et se priiis- « trent à parler de bien et de courtoisie, parce qu'ils virent en la « fonlaine Tombre dou rois qui les guaitoit desseur Tarbre. Se nous « ne nous gardons dépenser mal et dou faire, pour Tamourde noire « Segneur qui voit toutes nos pensées, nous guarderions en nous sa « paiz, si con la royne et li chevaliers guardèrent la paiz dou rois : « quar pluseurs sont qui de leurs segneurs temporels guardentmiex « la paix, qui ne les voit que par dehors, qui ne font la paix de noire « Segneur qui toutes leurs pensées voitdedens et dehors.... » L'autre côté de l'étui montre sur le plat supérieur deux chevaliers et deux dames qui semblent converser, et au-dessous un saint religieux régulier qui semble donner l'absolution à une femme agenouillée et vêtue de l'habit monacal. Les côtés de l'étui (voy. en A) sont pourvus de coulants pris dans le cuir, et qui représentent des têtes grimaçantes. Une ganse de soie passait par ces coulants et faisait que le couvercle ne pouvait s'égarer en prenant les tablettes. Un style d'argent B^ complète ce curieux ustensile, qui date du xiv* siècle.

Ces tablettes étaient d'un usage très-commun en France pendant le moyen âge, puisqu'elles étaient l'objet d'une fabrication assez importante, et que « cens qui font tables à escrire à Paris » formaient une corporation. La collection Sauvageot du musée du Louvre en conserve plusieurs.

On faisait de ces tablettes en bois aussi bien qu'en argent, en ivoire ou en cyprès, et leurs étuis étaient richement décorés d'émaux et de ganses de soie avec pendants de perles : « Unes tables d'argent « à escripre, en cire, esmailliées par dehors*.... i»

TASSE, s. f. La tasse du moyen âge, vase à boire, est ordinaire-

« Histoires, moralités, fables, etc. (commencemenl du xiv® siècle). — La vignette et le texte de ce manuscrit ont été copiés par M. Paul Durand, qui, avec son obligeance ordinaire, a bien voulu nous les communiquer. — Voyez aussi la Notice sur le bas-relief delà chambre du trésor de Vhôtel de Jacques Cœur, par M. Hiver, président à la cour impériale de Bourges (voy. dans cette notice r interprétation fournie par M. P. Paris).

' Empreintoir (le Dict de la piail/e).

3 hwput. de Charles VI (1399). . .

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