MONSTRA!^CE
puis les feuilles A et B, repoussées, ont été soudées à leur base *. Autour de la seconde bague G repoussée, ont été de même soudés
des rangs de feuilles. La lige droite D est gravée ; le plateau supé-
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rieur, qui renferme les reliques, est fait de feuilles épaisses de cuivre, gravées, ciselées et dorées. La figure 10 donne la ciselure,
> Cette figure 9 est aux deux tiers de l'exécution.
{grandeur d'exécution, de l'un des six lobes. La ciselure ne consiste pas qu'en un trait buriné; elle présente un certain modelé vif, net, d'un excellent effet. Cette monstrance, remarquable parle style et la composition, est obtenue, au total, par des procédés de fabrication très-simples. Grande liberté dans l'emploi des moyens parfaitemeot appropriés à la place. Les pattes, qui doivent offrir de la résistaace, sont les seules pièces fondues ; le repoussé et l'étampéjsont réservés pour le piédouche et la tige, puis la ciselure pour la partie la plus précieuse. Et en effet, la ciselure accompagne mieux les pierres que ne peut le faire le travail au repoussé, toujoui's un peu flou, lorsqu'il n'est pas retouché au burin.
Il était Irès-aisé d'étamper de petites pièces d'un faible relief; il suffisait d'un ou deux coups de mouton^ si le métal était minc«, — et ces petits étampages sont toujours faits dans des feuilles d'or, d'argent ou de cuivre de l'épaisseur d'une coquille d'œuf. — Mais les orfèvres ne se bornaient pas à étamper des ornements très-plats. On fabriquait, pour les objets ordinaires, des figurines à l'aide de matricesd'un relief considérable, mais ayant toujours de la dépouille, c'est-à-dire pouvant sortir du creux. Beaucoup de châsses sont décorées de statuettes obtenues par ce procédé simple et expéditif ; quelques burinages faits sur les vêtements donnaient seuls de la variété à ces figures frappées dans la même matrice à l'aide du mouton. Parfois aussi les orfèvres des xii* et xiif siècles fabriquaient des pièces embouties. L'emboutissage consiste à revêtir un modèle d'une feuille de métal mince à coups de marteau et de poinçon de bois ou de fer émoussé, jusqu'à ce que cette feuille adhère à tous les reliefs et creux de ce modèle. Pour ce faire, on fondait en cuivre un . modèle, en ayant la précaution de le tenir plus, maigre et plus sec que ne devait l'être l'ornement ou la figure. On trempait ce modèle pour lui donner de la dureté, et l'on procédait comme il vient d'être dit. La feuille de métal surappliquée, si mince qu'elle fût, ajoutait du gras au modèle. Ces emboutissages sont toujours retouchés par de la gravure faite, non à l'échoppe, qui aurait percé le métal, mais au burin émoussé : ainsi, celle gravure n'intaille pas, mais repousse elle-même la feuille métallique. Elle n'était pas faite d'ailleurs sur cette feuille pendant qu'elle était superposée au modèle, mais sur un remplissage de résine ou de plomb qui remplaçait ainsi le modèle, en offrant plus de souplesse. C'est ainsi qu'ont été fabriquées les belles figurines du retable de Coblentz , que possède l'église impériale de Saint-Denis K L'ouvrage achevé, on enlevait le plomb
* Voyez le Dictionnaire du mobilier^ t. 1, Rrtable.
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(ce qui était aisé, puisque ces objets sont presque toujours de dépouille, et que , d'ailleurs, la feuille métallique était flexible), ou Ton en faisait fondre la résine. Parfois celle-ci est laissée à l'intérieur pour donner de la résistance à l'objet embouti.
£ .CiM-LJMJMnr.
Les orfèvres du xiir siècle étaient fort habiles lorsqu'il s'agissait de souder des pièces étampées sur un fond, de telle façon que ces
pièces semblent appartenir à ce fond même. Le trésor de la cathédrale de Sens possède un beau ciboire de vermeil fabriqué par ce procédé. La planche XXXVI donne l'ensemble de ce ciboire, moitié de l'exécution. Les deux valves, celle qui sert de coupe et celle qui forme le couvercle, sont battues chacune au raarleau, et présentent identiquement le même gall)e. Le bouton avec son col, et le pied avec sa tige, sont rapportés et soudés ; les jolis ornements qui décorent la panse de la valve et du couvercle, du pied et de la boule supérieure, sont étampés et soudés sur le vase. Nous donnons en A, ligure ii, Tornement du bouton supérieur; en B, ceux de la partie saillante du couvercle et de la panse; en G, ceux du bord du couvercle ; en D, de la partie supérieure du couvercle ; et en E, ceux du pied. Ce ciboire était destiné h être suspendu au-dessus de l'aulel, suivant Tusage admis dans beaucoup d'églises cathédrales et abbatiales , jusqu'au xvi" siècle ' . Ge genre de fabrication paraît appartenir spécialement aux orfèvres de la (in du xif siècle et du commencement du XIII''. Plus tard il n'est guère employé. Les ornements étampés ne sont plus soudés en plein sur les fonds, mais seulement sur quelques points; ils s'en détachent sur boaucoup d'autres, ou bien c'est lo fond lui-même qui, repoussé au marteau, forme les ornements en relief. Aussi nous allons laisser un instant ce qui concerne l'orfèvrerie repoussée et étampée, pour nous occuper de la fonte.
L'habileté des fondeurs du xif siècle surpassait tout ce qui a été fait dans l'antiquité et depuis lors. Le beau fragment du grand candélabre de Saint-Remi de Reims *, le chandelier du Mans', quelques encensoirs et candélabres de cette même époque, témoignent de l'adresse avec laquelle ces artisans du xif siècle savaient fondre à cire perdue. Le moine Théophile, dans son Essai sur divers arts *, s'étend longuement sur la manière de fondre l'encensoir qu'il présente comme un modèle. Les procédés qu'il indique sont ceux employés lorsqu'on veut fondre à cire perdue, mais avec un dét;iil de précautions qui montre assez combien cette industrie était poussée loin. Le fait est que les objets de bronze coulé de cette époque sont remarquablement légers et purs. Le métal est beau, plein, sans soufflures, et il est diflicile de comprendre comment certaines pièces ont pu être obtenues d'un seul jet sans brisures, puisque de parties
* Ce ciboire appartient à la fabrication de la première moitié du XHi« siècle. ^ Déposé au musée de la ville de Reims.
3 Voyez, dans la partie des Ustensiles, la planche XXIX.
* Dioersarum nrtium ScheMa, lib. ÎTI, cap. LX (xii" siècle).
DICTIONNMRI- HAL^ONNii: Dl' MObMJCR