II
ments du xiii* siècle, la gravure q\ii accompagne toujours les émaux, et qui donne au métal doré, voisin de ceux-ci, du précieux, de la finesse, de la chaleur, n'est remplie par aucune matière colorante. Mais, à dater de la fin de ce siècle, le trait gravé est souvent rempli d'un émail rouge, brun ou noir. Alors les fonds sont émaillés; les figures se détachent en or sur ces fonds; et pour donner plus d'accent au dessin qui les remplit, le trait, fortement creusé, est émaillé.
Le musée de Cluny possède une fort belle plaque-agrafe ainsi fabriquée (pi. XLVIII) *. Elle se compose de deux parties BB possédant des boucles qui viennent se joindre au-dessus et au-dessous d'une autre boucle soudée sous une pièce centrale A. Une fiche réunit ainsi les trois parties. Ce bijou était certainement une agrafe de chape épiscopale. Faite de plaques de cuivre battu, épaisses et très-bien dorées, les émaux champlevés qui la décorent ne sont que de deux tons, bleu lapis tacheté de gris et rouge chaud, opaque. Les figures de l'Annonciation qui se détachent sur le fond bleu, aussi bien que les Chimères qui se détachent sur le fond rouge, sont fortement gravées, et la gravure est remplie d'émail rouge, du même ton que celui du fond. Cette agrafe est cataloguée comme étant une œuvre italienne % ce que le style du dessin ne permet guère de supposer. Ce style est français, et ne rappelle en rien le faire des artistes italiens de la fin du xiii'' siècle ou du commencement du XIV^ La présence de l'émail rouge remplissant le trait gravé ne suffit pas pour attribuer cet objet à l'art italien, car, à cette époque (fin du xiii* siècle et commencement du xiv'), on trouve assez fréquemment l'emploi de ce procédé dans des pièces émaitlées, dites de Limoges.
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l'émail posé sur des objets de métal ronde bosse, comme une coloration peinte, est fort rare avant le xiv* siècle, ou du moins les collections de France, d'Allemagne et d'Angleterre ne possèdent qu'un Irès-petit nombre de ces objets que leur fragilité n'a pu préserver de la destruction. En eflel, ce genre d'émaillage ne peut avoir la solidité des émaux cloisonnés
Taitede pierre, recouverte de nombreuses plaques d'émaux champlevés. L'écu, le coussin, le baudrier, le fond entre les jambes, et un semis d*écus8on sur la cotte d'armes, sont émaillés et attachés sur la pierre. (Voy. Stothard, the Monumental Effigies of Gréai Britatn, pi. Mi et d5.)
> Aux trois quarts de l'exécution (Un du xiii*' siècle).
' En effet, les gravures remplies d'émail rouge se voient sur les pièces d'orfèvrerie italienne du xiv° siècle.
, DICTIONNAIRE DU MOBlLItR FFUNÇAIS
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