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TOMBE DE L'LVEQl'E PHILIPPE DE DREUX
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à dater de la lin du xw" siècle, poar de petits objets, ne paraît avoir été en usage avant cette époque que pour des monuments exceptionnels et d'une grande dimension relative. Il existait, avant la lin du dernier siècle, à la gauche du maître autel de la cathédrale de Beauvais, une tombe de cuivre émaillé d'un merveilleux travail. Ce monument, élevé sur la sépulture de Philippe de Dreux, évèque de Beauvais, se composait d'une grande plaque en émaux champlevés avec ligures d'anges gravées sur épargnes; l'ensemble était entouré d'une bordure d'émaux alternés avec des gravures et des pierreries*. Sur la plaque étiiit couchée la figure du prélat, de grandeur naturelle, demi ronde bosse. La tête était colorée d'émaux, ainsi que partie lies vêtements. Nous donnons (pi. XLVIl) un fragment de cette tombe, dont le dessin nous a été conservé par Gaignères*» Il est certain que l'artiste n'avait pu émailler une statue de grandeur naturelle d'une seule pièce, et que le personnage se composait de parties assemblées ; mais quand on sait combien il est difficile d'émailler des i^ièces de métal d'une dimension médiocre, sans les faire gauchir au feu, on ne comprend pas comment une œuvre pareille a pu être menée à bonne fin, et comment tant de pièces de formes et de dimensions diflerentes ont pu être assemblées.
Nos collections ne possèdent plus une seule de ces tombes d'orfèvrerie. La plupart étaient déjà détruites, avant la révolution, par les chapitres et les abbés, qui préféraient, à ces spécimens inappréciables de la vieille industrie française, des anges bouffis en plâtre et des gloires de bois doré ; et de ce que tant d'œuvres splendides ont été détruites, de ce qu'il ne nous reste guère que de médiocres débris oubliés, on en conclut que nos orfèvres, avant l'époque de la renaissance, étaient moins avancés que ceux de l'Allemagne et de ritalie dans la pratique de leur art. Cette statue de Philippe de 0reux n'était pas la seule ainsi fabriquée en cuivre émaillé, doré et argenté. Des parties d'émail considérables recouvraient les statues, grandeur naturelle, de la comtesse AHx de Bretagne, morte en 12!î1 , et de sa fille Yolande de Bretagne, morte en J27!>, toutes deux enterrées dans l'église de Villeneuve prés Nantes *. Kt plus tard la slalue de bronze de Charles VIII, à Saint-Denis, était revêtue d'un -manteau émaillé de bleu avec lleurs de lis d'or *. Dans les monu-
t r^ette tombe datait de la première moitié du xiii^ siècle (1217).
2 Collection de la biblioth. Bodléienne d'Oxford.
3 Voyez l'article Tombeau (fig. 29). Dictionn. raù. de rarchitect. franc.
* On voit encore dans la chapelle de Saint-Edouard de réglise abbatiale de Westminster, à Londres, la statue de Guillaume de Valence, mort en 1296, qui était, bien que