‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 93 sur 165 · C. Ci'-^LhJMO · texte numérisé non relu

C. Ci'-^LhJMO

La lij»;ure 1 montre en A * des ouvriers qui façonnent des busines au repoussé, et en B un jeune homme qui sonne de cet instrument '. La busine avait un son éclatant qui s'entendait de loin ; aussi les sculpteurs mettent-ils dos busines aux mains des anges qui annoncent le jugement dernier. On l'employait, dans les camps, pour donner des signaux et pour réveiller les troupes :

(( Si corn H jors au malin parul cler

(( Oint de l'ost les busines soner.

« Charles Martiaus a fait sa gent armer

« Et ses batailles renger et deviser 3. »

(( Li Sarrasin firent lor gent armer, « Cor et busine hastivement sonner a Contre nos gens que il volent grever '. »

« \À veissiez les buisines tentir,

« Sommier tresser et le charroi garnir *. »

1 Manuscr. Biblioth. du Corps législatif (1294).

2 Manuscr. Bibliolh. impér. (xiii<' siècle).

3 Li Romam de Garni le 1/)hermn, i**" chant, chap. iv. < ïbid.^ chap. xii.

5 /6iV/., chant 2, chap. viii.

— 245 — [ BUSINE ]

Alors le son des busines annonçait la levée du camp, le moment (lu départ. C'était encore au son des busines que Ton conduisait les troupes à la charge ou à l'assaut :

« Sire, dist Sortiabrans, laissiés vosire lerichon,

X Faites sonner vos cors, celé lor assalonz ;

c( NM dueronl François, li encriemé félon. »

« Et responl Tamirans : «Je rotroi, parMahom. »

a Lors oïssiés buisines et ces cors de laiton,

« Et Sarrazins venir à si très grant fuison,

(( Couvert en sont li pré une Hue environ ^ »

« Lors oïssies buisines et cors d*arain sonner, « Et Turs et Sarrazins et glatir et uler 2. »

On se servait aussi des busines sur les navires en partant, en arrivant et pendant les combats :

« Entrent en la mer, s'ont lor voie acueillie. (( Lors oïsiez tant cor, tante buisine 3. »

On disait bnsinei\ bacciner, et plus tard baciner, pour sonner de la busine. Quand le roi Charles VI rentra à Paris lel3 octobre Iil4 :

€ Soudainement, environ huit heures de nuyt, commencèrent les « bonnes gens de Paris, sans commandement , à faire feus et à baciner le plus grandement que on eust veu passé cent ans devant,

• Fierabras, vers 3728 et suiv. (xiii" siècle). 2 Ibtd., vers 3796 et suiv.

* La Prise d'Orenge^ chanson de geste, vers 1312 (xiii* siècle).

Page 1