‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la renaissance (volume 2)Chapitre 97 sur 165 · CORNE · texte numérisé non relu

CORNE

t à corner, vous deissiez que ce sont les voiz des cynes qui se par- « tent de i'estanc ; et fesoient les plus douces mélodies et les plus « gracieuses, que c'estoit merveilles de l'oyr *. » On disait cors grelloiier pour cors sonner :

« Ly connestable prist ung cor à grelloiier ^. »

« Qui lors oïst tentir buisines

« Trompes sonner, corz grelloier 3. »

Ces cars, très-recourbés, étaient faits de laiton :

« Li dus n'i fist plus atendue^ u .1. cor fait sonner de laiton *. »

Dans les châteaux, on annonçait les repas au son du cor : c'est ce qu'on appelait corner Veau^ c'est-à-dire prévenir les convives qu'ils eussent à se laver avant de se mettre à table. Les guetteurs n'avaient pas de cors, mais des cornes ou des olifants.

CORNE, s. f. {cor d'ivoire yolifant, trompe de chasse). Ces instruments sont à peu près identiques par la forme et l'usage. On les portait en bandoulière, et ils étaient fabriqués en bois, en cuir bouilli, en ivoire, en corne et en métal. La structure naturelle à la corne de bœuf, à la dent d'éléphant, avait commandé la forme bien connue de cet instrument à vent, qui ne pouvait donner qu'un nombre de notes très-limilé, obtenues par un mouvement des lè\Tes dans l'embouchure. Les chasseurs cependant avaient, dès le XIV* siècle, un certaip nombre d'airs notés qu'on sonnait dans cette trompe primitive. La corne variait de longueur entre 0",60 et 0",35; recourbée, elle était munie d'une embouchure hémisphérique de métal. Ce qui distingue la corne du ménestrel de la corne de chasse et de l'olifant, c'est que la première est percée de trous non-seulement le long de son tube, mais autour du pavillon. Cette corne permettait de moduler des airs avec plus ou moins de force, tandis qu'avec l'olifant et la corne de chasse on ne pouvait que donner un petit nombre de notes à plein souffle.

> Hisi. de saint Louù, édit. de M. F. Michel el Didot, p. 160. - Hugues Caitct, vers 1636.

* iiranche des royaux lignages^ vers 102i6.

* Roman de la violette^ vers 2561.

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