‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 107 sur 168 · PSALTÉRION · texte numérisé non relu

PSALTÉRION

extraordinaires, à la ibis doux et pleins. En faisant glisser les doigts sur les doubles cordes, on obtient des sons chromatiques, par la réduction des vibrations, que le clavecin ne peut donner.

t.CU/LL/IUWCr.

Tous les auteurs de chansons de geste, les conteurs, les poètes, citent souvent le psaltérion à dater du xir siècle. Cet instrument était évidemment très-commun, et il n'y avait pas que les ménestrels qui en jouaient. Les femmes, dans les châteaux, touchaient du psaltérion :

« Et mult sot de lais et de note, .< De viele sot et de rote, De lire et de salterion »

'< Psaltérion prent et vicie »

Dans la Romance de la bataille de lioncevaux * , les cent dames qui accompagnent la belle Aida jouent des instruments, et c'est au son de ces instruments que s'endort la jeune femme :

n Al son de los instrumentos >< Dona Aida adormido se ha *. »

' Li Romans de Brut, vers 3765 et suiv. (xu'= siècle). ^ Homnn de In rose, partie de J. de Meung (kiy** siècle). ^ Texte espagnol (anonyme).

* Appendices à la Chanson de Roland, publ. par Fr. Michel, p. 252.

[ RUBÈBE ]

ROTE, s. f. — Voy. Cithare.

RUBÈBE, s. l". {rcbèhe, d'où rebcc). Instrument à cordes et à archet avec manche. La rubèbe primitive n'eut qu'une seule corde ou deux, (S comme le rebah populaire des Arabes* ». L'abbé Gerbert repro-

duit, d'après le manuscrit de Saint-Biaise (ix"' siècle), un de ces instruments monté d'une seule corde, ayant à peu près la forme du luth, avec cordier allongé. Aux xif et xiii" siècles, la rubèbe était montée de deux cordes, et Jérôme de Moravie la donne comme un

1 Voyez Félis, Origine et trmisf. des instrum. à archet. Vuillaume^ édit., 185(j.

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instrument grave dont la gigue était le dessus. A dater du xiv^ siècle, on donne le nom de rubèbc à divers instruments à deux cordes et à archet, qui sont graves : ainsi le diacorde est une sorte de rubèbc ou de rebec basse. Le nom de rebec est encore donné, au commencement du xvf siècle, à des violes de gambe^ qui étaient des instruments analogues aux violoncelles. « La rubèbe, la gigue, les quatre « classes enfin du genre rebec, dit M. Fétis', qu'on trouve déjà « établies dès le xv'' siècle, à savoir : dessus, alto, ténor et basse, « sont des intruments populaires placés entre les mains des méné- « triers, et qui servent en général pour la danse et pour les chanteurs « des rues. Leur forme était invariablement celle-ci (fig. i^), Sou- « vent la basse de ce genre d'instrument était jouée par le mono- (i corde ou par la trompette marine, dont le corps était une pyramide « pentagone très-allongée, sur laquelle était appliquée une table

f( d'harmonie de sapin (Voyez Monocorde.) »

La rubèbe était évidemment employée dans les concerts d'instruments :

« Car je vis là tout en un cerne (cercle), '< Viole, rubebe, guiterne, « L'enmorache, le inicamon, « Citole et le psaltérioii ^. ■

Cependant cet instrument, — au moins jusqu'au xv*" siècle, — n'était pas estimé à l'égal de la vièle, et paraît avoir été laissé aux artistes les plus vulgaires. Il est difficile de bien préciser d'ailleurs l'emploi de la rubèbe. Si Jérôme de Moravie prétend c{ue cet instrument rendait des sons graves, Gerson dit que la rubèbe était d'une dimension inlérieure tà celle île la vièle, et Aymeric de Peyrac, que le rebec rendait des sons aii; us imitant la voix de femme . Ces contradictions ne peuvent s'expliquer que par les modifications que subit cet instrument du xiv" au xvr" siècle. Toutefois nous pensons qu'il faut s'en tenir à la forme primitive, et que les noms de rubèbe, de rcbèhe et de rebec furent donnés successivement à des instruments qui se rapprochaient plus ou moins de la vièle (voyez ce mot).

' Origine et trunsf. des instruru. à (ireliei, 1856.

2 Un manuscrit de Saint-Biaise (ix'' siècle). Martin Gerbert, Hc mntu el miisica, lib. III, cap. ni.

3 Guillaume de Macliaut (xiv*^ siècle).

■* Voyez^ à ce propos, l'article de M. de Coussemaker, Annales archéol., t. VIII, p. 242.

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