PSALTÉRION
On voit, dans les voussures du portail occidental de la cathédrale
de Chartres, des personnages qui touchent du psaltérion. Ces instru-
ments sont garnis de duuhles cordes, sur des tables creuses percées
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d'ouïes avec chevalet cuntinu (fig. ;V). Ces doubles cordes métalliques, montées à l'unisson étaient destinées à donner plus d'intensité au son, et c'est encore ce qui se pratique dans la construction des psaltérions dont on se sert à Vienne et dans le Tyrol. Au xiif siècle, le psaltérion se développe en surface, et on le touche habituellement posé à plat sur les genoux (fig. k^). L'un de ces psaltérions est garni de huit cordes, l'autre de douze.
Au portail occidental de la cathédrale de Reims, on voit un petit personnage sculpté qui touche d'un instrument à peu près semblable à ceux-ci, mais posé verticalement sur les genoux et garni
de dix-neuf cordes. L'une des mains de l'exécutant appuie sur les cordes, l'autre les touche avec un plectrum. Cet exemple date du commencement de la seconde moitié du xiii' siècle (fig. 5). Ici les cordes sont simples. Sur un des corbeaux de la grand'salle basse du château de Pierrefonds, on voit une femme assise touchant du psaltérion. L'instrument est d'une grande dimension et n'est garni que de huit cordes doubles; il est posé verticalement, la pointe en bas, et la table d'harmonie est percée de trois ouïes (fig. 6
A peu près oublié pendant le xvf siècle, le psaltérion fut remplacé par le clavecin. Ainsi que nous le disions tout à l'heure, cet instrument, encore usité en Allemagne et perfectionné, produit entre les mains d'un exécutant habile des effets sonores ei harmoniques
• XII'' siècle. Une partie de l'instrument est cachée sous une draperie, - L'exemple A est tiré du manuscr. de la biblioth. impér., Psalm. , anc. fonds Saint-Germain. L'exemple B, de la Bible française de la biblioth. du Corps législatif (xiii« siècle). 3 lAOO environ.