‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 146 sur 168 · HARNAIS · texte numérisé non relu

HARNAIS

bois, depuis le bûcheron jusqu'au menuisier. La haciielte même était, comme aujourd'hui encore, un outil des maçons. La doloire (voyez ce mot) n'était qu'une hache à manche très-court, et la cognée des charpentiers une hache à manche long. La grande hache, employée pour l'équarrissage des bois, était un très-bel outil, bien emmanché, ayant une grande puissance d'abatage (fig. 1 Ces haches sont de la même dimension que celles employées encore par nos charpentiers, mais plus fortement emmanchées et retenues au bois par un long étrier.

HARNAIS DE CHARROIS. Nous comprenons dans l'outillage les pièces qui composent les harnais de charrois, chars, charrettes, coches, litières. Les habitudes casanières que l'on commence à perdre en France ne datent pas de si loin. Pendant le moyen âge, tous ceux qui n'étaient pas attachés à la terre par leur état social se déplaçaient facilement. Nobles, marchands, religieux, aventuriers, jongleurs et trouvères, étaient souvent par voies et chemins. Les chroniques, les romans, les contes, font mention des pérégrinations entreprises souvent pour de légers motifs par nos aïeux. Les foires qui se tenaient dans des centres éloignés les uns des autres, et qui étaient le moyen ordinaire des transactions commerciales, exigeaient, de la part des marchands, des déplacements longs et répétés. Des expéditions étaient entreprises d'autant plus volontiers par la noblesse, qu'elle s'ennuyait souvent dans ses manoirs.

Certaines églises attiraient des masses prodigieuses de pèlerins.

Dans un temps où la poste n'existait pas, c'était par des messagers qu'on pouvait établir des communications. Beaucoup de petits marchands, des trouvères, des jongleurs, n'avaient d'autre moyen de gagner leur vie que d'aller de ville en ville et de château en château, pour débiter leur marchandise ou leurs chansons. Pendant les xi% xif et xiii" siècles, les fréquents voyages en Orient avaient familiarisé toutes les classes de la société avec les longs déplacements. Et d'ailleurs, dès l'époque de César, on voit avec quelle rapidité Gaulois et Romains se transportaient d'un lieu à un autre, et combien l'habitude des voyages était famihère aux habitants de la Gaule. Ce n'est pas à dire que les routes, pendant le moyen âge, dussent être bien entretenues et nombreuses, mais les moyens de transport étaient en raison de cette insuffisance de la viabilité. On

1 Fouilles du château de Pierrefonds (xv'^ siècle).

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