RABOT
La chose était prise plus au sérieux par les dames de haute naissance pendant les vu" et \nf siècles, si l'on en croit la tradition. Bertlhe,, la mère de Gliarlemagne, passait pour une iileuse d'une adresse remarquable. Cet empereur, dit Eginhard, voulut que ses filles sussent manier la quenouille et le fuseau \ pour les préserver de r oisiveté :
(( Ses lilles fist bien dociriner
« Et apprendre keudre et filer... »
dit un chroniqueur du xiif siècle \ Cette habitude des dames nobles parait s'être perdue vers le commencement du xii' siècle. Alors les gentilles femmes employaient plus volontiers leurs loisirs à broder ou à faire de. menus ouvrages au métier : « à ouvrer soie en tauiièles », dit le même chroniqueur *.
RABOT, s. m. Lame d'acier aiguisée à l'un de ses bouts, emmanchée obhquement dans une petite pièce de bois oblongue, et servant
aux menuisiers à planer les bois. Nous n'avons pas trouvé d'exem-
• Œuvres cornpl. d' Eginhard, édit. de M. Teulet, t. I, p. 64, 65. 2 Chron. rimée de Philippe Mouskès, publ. par le baron de Reittenberg ; vers 2850. Taulièle ne peut s'entendre que comme métier à tisser; taulier veut dire un établi relevé sur lequel travaillent les tailleurs.
j HOUET I — 528 —
pies ligurés du rabot avaiiL le milieu ilu xv^ siècle, el cependant cet outil (à considérer les œuvres de menuiserie antérieures à cette époque) devait être en usage depuis longtemps. Le rabot du XV' siècle est muni d'une poignée verticale à l'avant (fig. i), qui facilite la poussée. Il n'a pas, comme le nôtre aujourd'hui, ses deux flancs parallèles, mais renflés, afin de mieux s'asseoir sur le bois à planer. Les rabots étaient faits de bois de poirier, de charme, d'érable, et façonnés, paraît-il, avec beaucoup de soin, comme tous les outils de cette époque. Le long rabot, ou varlope, employé pour dresser des membrures très-longues et relativement minces, ne paraît pas dans les monuments figurés avant le xvf siècle.
RASOIR, s. m. {raseur, rasour). Les Romains connaissaient le rasoir {novaculd) et en faisaient grand usage. Les Gaulois, avant l'occupation romaine, ne paraissent s'être servis que de pinces épilatoires lorsqu'ils voulaient dépouiller leur menton et laisser paraître seulement de longues moustaches. Dans toutes les localités où les Gaulois ont eu des campements, on trouve en effet quantité de pinces épilatoires de bronze d'une longueur de 5 à 6 centimètres. Pendant toute la durée du moyen âge le rasoir a donc été en usage, et il e;st souvent fait mention de cet objet. Nous ne citerons qu'un exemple. Quand Renart veut tonsurer Primant :
(( Taiitost a Irovée une auinoire « Si con nos trovons en l'estoire :
« Sachiez, c'est vérité aperte.
" Maintenant l'a Renarl overte.
« S'a dadenz un rasoir trové <' Qui moult estoit bien allié, « Et uns cisiux et un baciu <' De laton bon et cler et lin, (< Maintenant Ta saisi Renart '. »
ROUET, s. m. {charrel, tournette, tour, touroit). Le rouetà filer le chanvre ou le lin ne paraît pas en usage avant le xv^ siècle.
' Roman du Rmmi, vers 3259 et suiv, ;'xni'^ siècle),