LANTERNE
trois mèches. Les bords de cette coupelle carrée sont décorés de gravures représentant des mains enlacées, un cœur et un chien. On lit entre ces emblèmes l'inscription suivante : « Ser-yo. e me. co- « suMO. ALTRi. » L'idée est assez jolie. C'est bien, en effet, le rôle tout désintéressé de la lampe. En A et B sont tracés des fragments de la gravure entourant les bords de la coupelle, grandeur d'exécution.
Vers la fin du xv' siècle, on se servait de lampes dont le récipient de verre était gradué, et qui donnaient ainsi la mesure du temps. Le musée de Cluny possède une de ces lampes , qui date du XYi" siècle. Le mécanisme de ces lampes se rapproche beaucoup do celui des quinquets adoptés au commencement du siècle. Les gens riches brûlaient dans ces lampes des huiles odoriférantes, ou toul au moins de l'huile d'oHve, ainsi que cela se pratique' encore de nos jours en Orient, en Italie et en Espagne. « Et la cambre oii nous « gisons est aournée d'or et de pieres précieuses, et une lampe « art en nostre cambre de nuit plainne de bausme. Et en .L autre (( palais 011 nos tenons nostre court as fiestes anueus (pour les fêtes « de nuit), en art une autre ki reat moult boine oudour ' ....
(( Qui rendit lumerie plus clère (( Que sel fiist de basme fetice ^. »
LANTERNE, s. f. (carbuncle, esconce, escouse),
« En sum ces maz e en cez altes vernes (vergues)
« Asez i ad carbuncles e lanternes;
« Là sus amunt pargetent (projetent) tel luiserne (clarté),
« Par la noit la mer en est plus bele ;
« E cum il vienent en Espaigne la terre,
« Tut li pais en reluist e esclairet :
« Jesqu'à Marsilie en parvunt les noveles. Aoi 3, »
L'escarboucle , pierre précieuse'', était considérée pendant le moyen âge comme possédant un éclat lumineux qui lui était propre; de là le nom de carhuncle donné à certains falots. Quanta X esconce ou escouse, c'était la lanterne sourde.
(( Pour une esconce de laton pour le Roy, 2 s. 5 d. ^ )^
' Addit. aux Poésies de Rutebeuf : Lettre de Prétre-Jehans à l'einpereur de Rome. {Œuvr. compl. de Ridehcuf, trouvère du xiii'' siècle, recueillies par A. Jnbinal, t. II. p. 466, édit. Paris, 1839.)
2 Le Rouman du mont Saùd-Michcl, p. 28.
3 La Chanson de Roland, CLXxxvi.
^ Aujourd'hui grenat rouge.
^ Journal de la dépense du roy Jean en Angleterre.