MIROIR ]
(( Très laterne argentée que vernacula lingua vocantur Escouses * »
On avait des lanternes à anses pour se guider dans les ténèbres, ou pour porter de la lumière d'un lieu à un autre à l'abri du vent ; des lanternes suspendues et des lanternes emmanchées au bout d'un bâton pour accompagner les processions.
Voici (fig. 1) une de ces lanternes de cuivre battu, qui date du xv" siècle'^ ; elle est à six ouvertures garnies de corne, avec petites tourelles entre chacune d'elles. Une des plaques de corne glisse dans une rainure pour pouvoir allumer la bougie placée sur un plateau avec bobèche au centre. Le toit conique, percé de trous, qui surmonte le cylindre, est couronné par un lanternon avec quatre ouvertures également garnies de lames de corne. En A, est tracé le plan de cette lanterne ; en B, le détail d'un des pinacles, et en C, le profil.
On fabriquait des lanternes en argent, en cuivre émaillé et en fer. « Une petite lanterne d'argent blanc, à trois esmaulx des armes de « Madame la douagiére d'Haynnau ^ » On en faisait même de bois avec garniture de métal, en façon de tabernacles, pour placer dans les chambres et avoir de la lumière pendant la nuit. « A. Jehan (( Richebourt, chauderonnier, pour un long coffre de boys, ferré par « dedans tout au long et par dehors à un large huisset de laiton, à (( petits troux, pour un cierge ardent de nuit en la chambre de « Madame Jehanne de France, pour ce — Ixiiij s. p. *. » Ces sortes de lanternes étaient aussi posées dans les escaliers et galeries pendant la nuit, attachées au mur ou suspendues au plafond.
On donnait encore le nom de lanternes à des joyaux qui servaient à mettre des parfums, et que les femmes suspendaient à leur ceinture. « Une très petite lanterne d'argent d'orée, à une chaisne, pour « mettre oiselles de Gypre, pesant une once et demie ^ »
MIROIR, s. m. {iniroue)\ mirour). Il ne paraît pas qu'on se soit servi, pendant l'antiquité, de miroirs autres que ceux fabriqués en
1 Invent, du trésor de la cathédr. de Laon.
2 De l'abbaye de Vézelay.
3 Invent, des ducs de Bourgogne, 1467.
* Comptes royauXy 1388.
* Invent, de Charles V, 1380.