PAIX
« gneu)' d'Estampes » — « Un engin à mettre et asseoir œufs ^. » Encore ce dernier ustensile peut-il être un récipient propre à contenir les œufs pour les présenter à table : « Un ovier d'or, aux armes
« de la Royne, et ou couvescle une langue blanche de serpent » Ces langues de serpent étaient supposées devoir indiquer la présence du poison. (Voyez Salière.)
PAIX, s. f. Tablette de bois, de métal ou d'ivoire, munie d'une anse ou d'un manche sur sa face postérieure, destinée à recevoir le baiser de paix que les fidèles, suivant les traditions de la primitive Eglise, devaient se donner entre eux pendant le sacrifice de la messe. Il serait difficile de dire à quelle époque remonte l'usage de faire baiser aux fidèles une tablette déposée sur l'autel pendant la messe. Dès le xiii" siècle, cette habitude était acceptée dans les églises de l'Occident et de la Palestine. Le fait suivant, rapporté par le sire de Joinville, en fournit la preuve " : « Tandis que le roy fer- (( moit (fortifiait) Sayete, je alai à la messe au point du jour, et il « me dit que je l'attendisse, que il vouloit chevaucher; et je si fis. (( Quand nous fumes aus chans, nous venimes pardevant un petit (( moustier, et veismestout h cheval un prestre qui chantoit la messe.
' Invent, du duc de Normandie (1363).
2 hivent. des dtics de Bourgogne (1389). ■5 f/nd. (U03).
< Hisloire de sntnf Louis, édit. publ. par M. F. Michel, p. 184.
[ PALETTE ] ~ 1/iO —
« Le roy me dit que ce moustier estoil, fait en l'onneur du miracle « que Dieu fist du dyable que il geta hors du cors de la fille à la « veuve femme ; et il me dit que se je vouloie, que il orroit léans « (la dedans) la messe que le prestre avoit commenciéc ; et je li dis « que il me sembloit bon à fère. Quant ce vint à la pez (paix) don- « ner, je vi que le clerc qui aidoit la messe à chanter, estoit grant, « noir, megre et hericiés, et doutai que se il portoit au roy la pez, (( que espoir (peut être) c'estoit un Assacis, un mauvez homme, et « pourroit occirre le roy. Je alai prendre la pez au clerc et la porto i « au roy. Quant la messe fu chantée et nous fumes montez sus nos « chevaus, nous trouvâmes le légat aus chans; et le roy s'approcha de « li et m'appela et dit au légat : « Je me pleing à vous dou séneschal « qui m'apporta la pez etnevoult que le povre clerc la m'aporte. » (( Et je diz au légat la reson pour quoy je l'avoie fait ; et le légat dit « que javoie moult bien fet. Et le roy respondi : « Vraiment non « fist. Grant descort y ot d'eulz deuz et je ne demourai en pez » (vraiment non, car pendant le débat entre eux deux, je n'étais pas en paix).
Ces objets du culte étaient faits souvent de matières précieuses et étaient richement travaillés : « Un porte-paix d'or, où il a un angle « tenant un crucefix, couvert par dessus d'un cristal et garny en tour « de sept balaisseaux (rubis balais) et seze perles^ iiijxx liv. t. »
La patène recouvrant le caUce ou le couvercle du ciboire servaient quelquefois de paix. On trouve encore la trace de cet usage dans l'inventaire de Gabrielle d'Estrées : « Une boete à mettre pain « à chanter dont le couvercle sert de paix ^. »
PALETTE, s. f. Spatule composée d'un manche et d'un plateau circulaire destinée à recevoir une bougie comme nos bougeoirs, ou d'un cuilleron propre k brûler des parfums, à faire des fumigations ou à offrir des confitures aromatisées : « Une palette à condognac « (colignac), armoyée de France et de la royne Jeanne de Bourbon ' » . — (( Une petite palette d'ivoire à tenir chandelle... » — « Une petite « palette d'argent à faire fumée ». Dans les chapelles, un serviteur tenait une de ces palettes près du seigneur, afin qu'il pût lire ses heures : « A Perrier Bernart, gainier, pour un estuy de cuir
1 Inverti, du duc de Berry (1416).
Aujourd'hui on fait baiser la patène aux fidèles au moment de l'offrande ; cette patène tient lieu de la paix ou porte-paix, 3 Invent, de Charles T'(1389).
< md.
— llli — [ PELLE. ]
« boully, poinçonnez et armoiez aux armes de France, pour mettre (L et porter une palette d'ivoire, garnie d'or, pour mettre une chan» (c délie pour tenir devant le Roy à dire ses heures \ .. ». Le bougeoir que l'on tient devant l'évèque aujourd'hui est une dernière tradition de ces palettes,
PATÈNE, s. f. Plateau destiné à recevoir les morceaux de l'hostie consacrée pendant le sacrifice de la messe et à couvrir le calice. (Voyez Calice, Paix.)
PELLE, s. f. {pincette^ pelle de fer, tenailles, tirtifeux). Ustensiles qui faisaient partie de ce que nous appelons aujourd'hui garni-
ture de cheminée. Les atres de cheminées, pendant le moyen âge, étaient vastes, et les plus petits foyers de cette époque ne pourraient
1 Comptes roijaux (voy. le Gloss. et liépcrt. de M. le comte de Laborde, dans Notice (hfi émaux et bijoux du musée du Louvre).