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de longs malheurs, les arts ne s'attachent plus qu'à quelques objets exceptionnels, ou qu'à des objets dont la matière a une valeur intrinsèque. Quant à la fabrication des objets vulgaires, elle est abandonnée aux mains les plus grossières, et produit de ces œuvres sans nom que la postérité ne saurait même classer, tant elles sont insignifiantes. On voit l'industrie du potier se développer au sein des républiques italiennes à dater du xiv" siècle, au sein des villes franches des Flandres, au sein des villes méridionales françaises qui lavaient conservé la plupart de leurs droits municipaux, datant de l'empire romain ; dans les provinces riches, comme la Normandie, la Picardie, l'Auvergne, la Bourgogne, la Guienne, qui, relativement, maintenaient certaines franchises en face de la puissance féodale et vivaient sous un régime moins oppressif. Dans ces provinces, le peuple des villes était plus riche, parce qu'une plus grande sécufrité lui était donnée et qu'il possédait des droits; le peuple des campagnes était, vis à-vis de la féodalité, dans des conditions moins dures ,que n'était, par exemple, celui de l'Ile-de-Francc, de la Champngne, de la Bretagne, du Poitou. C'est aussi dans ces provinces, jouissant (l'une liberté relative, que l'art, essentiellement démocratique du [potier, s'est maintenu, pendant toute la durée du moyen âge et jus- |qu'à nos jours, à un degré élevé, quant à la forme et au mode de [fabrication. Qui n'a vu dans certaines cités du Midi, telles que Narbonne, Carcassonne, Toulouse, Bordeaux, dans quelques villes de l'Auvergne, de la Bourgogne et de la Normandie, ces jolies poteries communes qui abondent sur les marchés. Ces poteries sont encore aujourd'hui les mêmes que celles dont se servaient les populations Idepuis le XII' siècle^ car aucun ustensile ne perpétue les formes avec phis d'uniformité que les poteries, par cette raison qu'on s'en sert chaque jour, et qu'on veut remplacer celles qui manquent par d'autres exactement semblables. Il est facile de changer l'habillement d'une armée de six cent mille hommes; il est impossible de niodilier la forme des assiettes qui chaque jour couvrent les tables d'une population, et les lois, décrets ou règlements qui ont, en Frauce surtout, porté sur tant d'objets divers, dès les premiers temps de la monarchie, depuis la forme à donner aux maisons jusqu'à celle d(3s vêtements ou bijoux, ne se sont jamais occupés des pots autrement que pour constater leur capacité.
I Après les joHes poteries gallo-romaines, on voit apparaître, dans fes sépultures du temps de l'invasion germanique, des vases de terre qui semblent, par leur fabrication, remonter au temps antérieur à la conquête romaine. C'est surtout dans les provinces de l'Est