‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 50 sur 168 · POT · texte numérisé non relu

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retombe au-dessous du niveau qu'elle avait atteint avant la domination romaine. Les poteries de l'époque mérovingienne sont, comme matière et travail, d'une grossièreté qui rappelle les premiers essais des peuples les plus barbares. Les terres inégales et poreuses repa-

raissent; les formes perdent toute élégance; plus de ces galbes purs, plus de pâtes serrées et fmes, plus de ces ornements délicatemeni estampés sur les panses des vases. Le pot est lourd, gauche, suffisant à peine aux besoins les plus grossiers. De tous les ustensiles adopté^^ par uil peuple, il n'en est pas qui indiquent plus clairement l'état de la civilisation que les poteries, parce qu'il n'en est pas qui soient d'un usage plus répandu, qui puissent être fabriqués à moins de frais. Mais il faut distinguer dans les poteries la forme et la matière. La qualité de la matière ou sa richesse n'indiquent point autant le degré de civilisation que la forme. Quand une société tout entière se contente de poteries dont la valeur comme matière est insignifiante, qui trouvent place chez le pauvre comme chez le riche, mais dont les formes sont belles et parfaitement appropriées au besoin, et belles précisément parce que ces formes possèdent cet avantage, on peut considérer cette société comme ayaut atteint l'échelon le plus élevé de la civilisation. L'art du potier est de tous les arts le plus démocratique^ et il n'atteint réellement la qualité d'art que quand il ne laisse sortir de ces ateliers que des objets dont les formes sont excellentes, quelle que soit d'ailleurs leur importance. Il y a autant d'art dans le moindre cratère athénien de terre cuite que dans le vase destiné au vainqueur des jeux Olympiques. Dans les sociétés barbares ou tombées dans la barbarie par suite

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