BAIGNOIRE
BÂGHE, s. f. {bagué). Vieux mot qui exprime tout l'avoir qu'on peut emporter sur des sommiers, dans des malles, dans une peau de vache, vacca; d'où bacca, et le mot conservé de bâche. Quand une garnison capitulait honorablement, elle pouvait sortir « vies et bagues sauves», c'est-à-dire que chacun pouvait enlever son avoir transportable * .
BAIGNOIRE, s. f. On croit assez volontiers que l'usage des bains n'était pas habituel pendant le moyen âge, et, de ce qu'au xvii'' siècle la cour de Louis XIV ne se montrait pas difficile en fait de propreté, on en conclut que deux ou trois siècles auparavant, nobles et vilains prenaient peu de soin de leur corps. Cette appréciation n'est pas établi sur les faits. Les guerres de religion de la lin du xvi'' siècle eurent, à ce point de vue, une influence fâcheuse sur les habitudes de la cour et de la ville ; des raffinements excessifs de la cour des Valois on tomba dans l'excès opposé, et chacun sait que le bon roi Henri se vantait d'avoir « le gousset fin » . Les chansons et romans des xif et xiif siècles mentionnent souvent des scènes de bains, et, pour ne citer qu'un de ces passages :
« Mais au matin se lièvre tempre,
a .1. bain fait caufer, puis le tempre ;
« A priés à sa dame esvillie.
« Tant s'est la vielle travillie,
'( Qu'en la cambre bainguier la mainne :
« Anchois que passast la semainne,
« Comperra-elle le baignier;
« Molt le devoit bien resoignier.
« Quant elle dut el baing en'rer,
(( Ne se valt pas nue nionstrer ;
« La vielle maintenant commande
« Qu'elle isse fors ; car ne demande
« Que nule ame avoec li remaigue
« En demenliers qu'ele se baigne ^. »
• Voyez le Glossaire et Répertoire de M. le comle de Laborde : Notice des émaux ^ bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Louvi^e. Voyez, dans la partie des Bijoux, le mot Bague.
2 Gilbert de Montreuil, Roman de la Violette, xm^ siècle, vers 615, publ. par Francisque Michel.