TASSE J
à M. de Monmerqué^ scène que reproduit à peu près, mais avec un tour beaucoup moins moral, le cul-de-lampo de la salle du trésor de l'hôtel de Jacques Cœur à Bourges, et le roman de Tristan. Voici le texte qui accompagne la vignette du manuscrit précité : « Ci nous « dit cornent une royne et uns chevaliers s'estoient assiz souz un « arbre seur une fontaine pour parler de folles amours ; et se prins- « trent à parler de bien et de courtoisie, parce qu'ils virent en la « fontaine l'ombre dou rois qui les guaitoit desseur l'arbre. Se nous « ne nous gardons de penseï' mal et dou faire, pour l'amour de notre « Segneui- qui voit toutes nos pensées, nous guarderions en nous sa « paiz, si con la royne et li chevaliers guardèrent la paiz dou rois : f( quar pluseurs sont qui de leurs segneurs temporels guardentmiex « la paix, qui ne les voit que par dehors, qui ne font la paix de notre (( Segneur qui toutes leurs pensées voitdedcns et dehors.... » L'autre côté de l'étui montre sur le plat supérieur deux chevaliers et deux dames qui semblent converser, et au-dessous un saint religieux régulier qui semble donner l'absolution à une femme agenouillée et vêtue de l'habit monacal. Les côtés de l'étui (voy. en A) sont pourvus de coulants pris dans le cuir, et qui représentent des têtes grimaçantes. Une ganse de soie passait par ces coulants et faisait que le couvercle ne pouvait s'égarer en prenant les tablettes. Un style d'argent complète ce curieux ustensile, qui date du xiv' siècle.
Ces tablettes étaient d'un usage très-commun en France pendant le moyen âge, puisqu'elles étaient l'objet d'une fabrication assez importante, et que « ceus qui font tables à escrire à Paris » formaient une corporation. La collection Sauvageot du musée du Louvre en conserve plusieurs.
On faisait de ces tablettes en bois aussi bien qu'en argent, en ivoire ou en cyprès, et leurs étuis étaient richement décorés d'émaux et de ganses de soie avec pendants de perles : « Unes tables d'argent « à escripre, en cire, esmailliées par dehors »
TASSE, s. L La lasse du moyen âge, vase à boire, est ordinaire-
1 Histoires, moralités, fables, etc. (commencement du xiv"^ siècle). — Là vignette et le texte de ce manuscrit ont été copiés par M. Paul Durand, qui, avec son obligeance ordinaire, a bien voulu nous les communiquer. — Voyez aussi la Notice sur le bas-relief de In ctiarnbre du trésor de l'hâtri dr. Jacques Cœur, par M. Hiver, président à la cour impériale de Bourges (voy. dans cette notice l'interprétation fournie par M. P. Paris).
2 Empreintoir (le Dkt de la maille).
^ lacent, de Charles Vi (\^W). .