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en toute occasion. Un seigneur entrait-il dans sa ville, que le corps municipal lui Taisait un présent de vaisselle^ Mariait-il un de ses entants, les vassaux donnaient de la vaisselle aux époux. Etait-il chari-é d'une ambassade par son suzerain, qu'il recevait, en partant, des pièces d'argenterie, quelquefois d'une valeur considérable. Aussi, dans les grandes maisons, la vaisselle s'accumulait-elle d'âge en âge, et était-elle conservée précieusement comme un trésor disponible en cas d'événement grave. Chez les bourgeois, il en était de même. Il n'était pas une fête de lamillc qui ne fût l'occasion d'un don de vaisselle; et, les jours de cérémonie, les plus belles pièces d'orfèvrerie étaient exposées sur le dressoir.
L'inventaire de Charles Y, pour ce qui regarde la vaisselle, est d'une richesse merveilleuse.
La vaisselle d'argent blanc comprend, parmi une inlinité de pots, hanaps, drageoirs, bassins, aiguières, coquemars, cuillers, etc., quatre douzaines de grands plats, douze douzaines de petits, vingl douzaines d'écuelles. La vaisselle d'argent doré comprend : vingt cl une nefs, vingt-sept tlacons, cinquante et un bassins ; quatre douzaines de grands plats, six douzaines de petits, quatre grands plats godronnés et émaillés, dix-neuf douzaines d'écuelles ; six douzaines de chandehers-, vingt et une salières, dix-huit cuillers, et une quantité considérable de pots, aiguières, tasses, gobelets, coupes, etc. La vaisselle d'or comprend : trois grandes nefs et une petite, pesant ensemble 238 marcs 5 onces; un baquet porté par des sirènes, vingtcinq bassins, deux bassins à laver ; quatorze chandeliers, deux flacons, six estamoies émaillées, six vases, douze autres ronds ; deux hydres (sortes de pots), une quarte, un pot carré, un grand pot à aumône; la coupe de saint Louis avec son aiguière, la coupe du roi Dagobert, deux hanaps, quarante tasses, dix-neuf gobelets, douze aiguières ; huit drageoirs, trente-six grands plats pareils, douze autres grands plats, trente-six plats à fruit; six douzaines d'écuelles, une grande salière en forme de nef, dix autres salières, trente cuillers. Enfin, la vaisseUe d'or ornée de pierreries et perles comprend: la coupe de Charlemagne ornée de saphirs, un hanap sur pied, trente-sept gobelets, quarante aiguières, quarante flacons, quarante-
1 Quand le roi Jean lit à i»aris une apparition momentanée pendant sa captivité, le corps^de ville lui offrit 1000 marcs de vaisselle d'argent. — Voyez, à ce sujet, les détails donnés par Legrand d'Aussy, Histoire de la vie privée des Français, t. III, p. 237 et suivantes.
2 On voit par cela qu'on éclairait passablcuicut les tables.
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deux pots ; quarante-cinq salières, autant de drageoirs, quarantetrois cuillers et fourchettes. Le poids de la vaisselle d'or seule s'élevait, d'après cet inventaire, à plus de 2000 marcs. Ce trésor fut en grande partie dilapidé pendant les malheureuses années de la démence de Charles VI, au protit des princes, et plus particulièrement de Louis d'Orléans, assassiné rue Barbette. La vaisselle de ce frère du roi surpassa bientôt en richesse celle dont nous venons de donner un aperçu très-sommaire. Mais la vaisselle merveilleuse entre toutes appartenait aux ducs de Bourgogne ; elle répondait à un état de maison tel qu'il n'en existait dans aucune cour de l'Europe à cette époque. Pendant un siècle, ces princes avaient amassé un trésor d'une valeur énorme comme matière d'or et d'argent, sans qu'aucun événement politique les obligeât à engager quelques portions de ces richesses.
Les bourgeois, dans certaines occasions solennelles, comme des noces, par exemple, louaient de la vaisselle d'argent et d'étain, ainsi que les tables et les gens pour servir*. Au xvi' siècle, la mode des faïences italiennes et des verreries de Venise fit délaisser un peu la vaisselle plate chez les grands, sinon pour manger, au moins comme pièces de parement montées au milieu de la table ou sur les buffets et crédences. Il faut dire que ces faïences et verreries étaient d'un prix trés-élevé. Ce goût pour les terres émaillées d'outre-monts contribua beaucoup à donner aux émailleurs de Limoges et aux potiers français l'envie d'atteindre et de dépasser même les fabrications italiennes, ce à quoi ils arrivèrent.
VALISE, s. f. (varise, bouge). « Après les dits lanciers mar- (( choyent deux serviteurs du Thresorier, portant chascun d'eux une « varise derrière eux sur leur cheval 2. » La vahse était h peu près ce que nous appelons porte-manteau, et se bouclait derrière la selle lorsqu'on chevauchait. On y plaçait les objets précieux dont on ne voulait pas se séparer. Les valises étaient de cuir et souvent recouvertes de riches étoffes. Dans le conte du Court mantel, un jeune gentilhomme arrive à la cour du roi Artus, monté sur un cheval qui portait une grosse valise « de fin velours cramoisi toute à bandes )k Le cavalier prend sa valise sous le bras, monte le perron, entre dans la salle, et se présente devant le roi. Il s'agit du don d'un manteau fée.... le gentilhomme (lélnce sa vahse.... Il y avait aussi des valises
1 Voyez le Mihuir/ier de Paris:, chnp. îles noces.
2 C/ievnuchcc i/e /'rixtir.
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en forme de coffrets recouverts de peau, auxquelles on donnait le nom de bouges.
VERRERIE, s. i'. Vases de verre. Dans les nombreuses fouilles entreprises sous la surveillance de M. l'aljbé Cochet * et de M. de Roucy, il a été trouvé un assez grand nombre de vases de verre de l'époque mérovingienne, et parmi ceux-ci des gobelets ou vases à boire, sans pied, qui obligeaient dès lors le buveur à vider immédiatement son verre lorsqu'on le remplissait. Ces sortes de vases à boire, de verre, se retrouvent d'ailleurs dans un assez grand nombre de localités, en France, sur les bords de la Meuse, en Angleterre et
jusqu'en Danemark, ce qui indique leur origine franque. La ligure 1 présente deux de ces vases ornés de stries en spirales et parfois d'orbes en émail blanc. Si donc les Gallo-Romains fabriquaient des vases de verre, leurs conquérants du v" siècle en possédaient aussi et s'en servaient depuis longtemps.
Il est évident que les Gaulois comme les Germains, avant la domination romaine, fabriquaient des objets de verre, puisqu'on trouve beaucoup de colliers, de bracelets, et de menus débris en pâtes de verre colorées dans les sépultures antérieures à la conquête romaine.
Les verreries byzantines étaient considérées comme très-précieuses dès les premiers siècles du moyen âge, en Occident ^ et le moine Théophile connaissait dès le xif siècle les procédés employés
1 Entre autres localités, à Envermeu (voy. la Normandie souterraine, p. 327) et à Compiègne.
2 Voyez, à ce sujet, VHistoire des arts indmtr. au moyen àge.j par M. J. Labarte, t. IV, p. 538.
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parles verriers grecs*. Il clit% à propos des pâtes de verre colorées, que les Français sont très-habiles à fabri quer des vases avec ces verres ;
et, en effet, parmi les débris recueillis dans les fouilles, on trouve souvent des fragments de ces vases de verre de couleur. Le moine
. 1 Diversarum artium, Schedula, lib. 11^ cap. X et suiv. 2 Cap, xn.