VAISSELLE
posés sur les tables dans les apparLeiiieiils, el à pur ter des vases précieux. On les mettait parlbis sur les autels pour recevoir lescliauttérettes à mains.
VAISSELLE, s. f. {vessilemenle) . Doit s'entendre comme collection de tous les ustensiles de métal employés pour la table. De tout temps, même pendant la période gallo-romaine, la France a été singulièrement riche en vaisselle d'argent. Non-seulement les princes aimaient à s'entourer de ce luxe de table, mais il s'introduisait même chez les simples particuliers ; et malgré les invasions des barbares, les incursions des Normands, qui rançonnèrent le pays pendant plus d'un siècle, malgré les dépenses qu'occasionnèrent les croisades, la France, au xiif siècle, était prodigieusement riche en vaisselle d'argent. Les rois publièrent k plusieurs reprises des ordonnances pour mettre des bornes à ce luxe, qui avait l'inconvénient d'immobiliser les métaux servant à la labrication des monnaies. Philippe le Bel, en 129Zi, défend à tous ses sujets qui ne possèdent pas six mille livres de rente tournois « d'avoir vesseleraente d'or ne <i d'argent pour boire ne pom^ mangier », pt il enjoint à quiconque ne jouit i)as de ce revenu de porter la sienne àlaMonnaie. Huit ans après, une seconde ordonnance prescrit la fonte de la moitié de la vaisselle de tous les particuliers qui avaient été exemptés parla première ordonnance. En 1310, -défense est faite aux orfèvres de fabriquer aucune pièce de vaisselle d'or ou d'argent, et en 1313 le même prince ordonne de faire porter à la Monnaie la dixième partie des vaisselles. Charles le Bel et Philippe de Valois renouvelèrent ces ordonnances sous diverses formes. Les mœurs étaient plus fortes que les décrets, et pendant les xiv" et xv' siècles, c'était à qui posséderait la plus riche et la plus nombreuse vaisselle d'argent et de vermeil. Eustache Deschanips, Jehan de Meung, tous les poëtes satiriques et les chroniqueurs des xiv" et xv" siècles, s'élèvent sans trêve contre ce luxe qui ruinait les fmances pubUques. Les inventaires qui nous restent en si grand nombre datant de ces temps, regorgent d'objets d'or et d'argent destinés au service de la table. Cela ne peut surprendre, si l'on suppose les nombreux dons de vaisselle d'argent, de vermeil ou d'or, qu'on faisait aux princes et aux grands personnages