‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 78 sur 168 · II · texte numérisé non relu

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ments du xiii" siècle, la gravure qui accompagne toujours les émaux, et qui donne au métal doré, voisin de ceux-ci, du précieux, de la finesse, de la chaleur, n'est remplie par aucune matière colorante. Mais, à dater de la fin de ce siècle, le trait gravé est souvent rempli d'un émail rouge, brun ou noir. Alors les fonds sont émaillés; les figures se détachent en or sur ces fonds; et pour donner plus d'accent au dessin qui les remplit, le trait, fortement creusé, est émaillé.

Le musée de Gluny possède une fort belle plaque-agrafe ainsi fabriquée (pl. XLYIII) *. Elle se compose de deux parties BB possédant des boucles qui viennent se joindre au-dessus et au-dessous d'une autre boucle soudée sous une pièce centrale A. Une fiche réunit ainsi les trois parties. Ce bijou était certainement une agrafe de chape épiscopale. Faite de plaques de cuivre battu, épaisses et très-bien dorées, les émaux champlevés qui la décorent ne sont que de deux tons, bleu lapis tacheté de gris et rouge chaud, opaque. Les figures de l'Annonciation qui se détachent sur le fond bleu, aussi bien que les Chimères qui se détachent sur le fond rouge, sont fortement gravées, et la gravure est rempHe d'émail rouge, du même ton que celui du fond. Cette agrafe est cataloguée comme étant une œuvre italienne % ce que le style du dessin ne permet guère de supposer. Ce style est français, et ne rappelle en rien le faire des artistes italiens de la fin du xiif siècle ou du commencement du XIV^ La présence de l'émail rouge remplissant le trait gravé ne suffit pas pour attribuer cet objet à l'art italien, car, à cette époque (fin du xiif siècle et commencement duxiv''), on trouve assez fréquemment l'emploi de ce procédé dans des pièces émaillées, dites de Limoges.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, l'émail posé sur des objets de métal ronde bosse, comme une coloration peinte, est fort rare avant le xiv" siècle, ou du moins les collections de France, d'Allemagne et d'Angleterre ne possèdent qu'un très-petit nombre de ces objets que leur fragilité n'a pu préserver de la destruction. En cfl'et, ce genre d'émaillage ne peut avoir la solidité des émaux cloisonnés

faite de pierre, recouverte de nombreuses plaques d'émaux champlevés. L'écu, le coussin, le baudrier, le fond entre les jambes, et un semis d'écusson sur la cotte d'armes, sont émaillés el attachés sur la pierre. (Voy. Stothard, the Monumental Effigies of Greul Britain, pl. àli et 45.)

1 Aux trois quarts de l'exécution (lin du xiii^ siècle).

2 En effet, les gravures remplies d'émail rouge se voient sur les pièces d'orfèvrerie italienne du xiv'^ siècle.

OU champlevés. Pour faire adhérer la pâte fusible au métal, celui-ci était guilloché; mais ce guillochage ne maintenait pas tellement la couche très-légère d'émail, que celle-ci ne se détachât sous un choc ou une pression violente. Vers le miheu du xiv'' siècle, on employa souvent ce qu'on appelait V émail en blanc, c'est-à-dire une couverte blanche ou légèrement colorée sur des figures ou des ornements ronde bosse. « Un image d'or de Nostre-Dame, esmaiUé « de blanc, assis en une chayère d'or, laquelle tient son enfant en « son giron vestu d'une cotte esmaillée de rouge clerc, et sont les <( choses dessus dictes toutes d'or et sient sur un entablement d'ar-

(( gent doré, garny de fleurs de lys » — « Deux ymages, en

(( façon de Dieu le père, esmaillez de plusieurs couleurs, et viij <■(. ymages de Adam et Eve esmaillez de blanc comme nuz » La plupart de ces menus objets relatés dans les inventaires des xiv" et xv'' siècles sont émaiUés sur or, cependant nous y trouvons des pièces qui étaient d'une assez grande dimension, et qui par cela même devaient être faites de cuivre : « Une dame, esmaihée de (( blanc, qui sert en manière d'aiguière, tenant une petite bouteille « esmaillée d'azur »

Les émaux ronde bosse sont mentionnés aussi dans les inventaires du wy" siècle : « Une grand croix d'argent, à six ymages <( rondes de costé et a iiij évangiUstes sur esmail et en fault un des- (( soubz les pieds du crucifix \ » — « Deux flacons d'argent doré, (( plains et au milieu un grant esmail eslevé ou est dedans une (( déesse d'amour d'or, eslevée, pesant xxxi marcs \ »

On ne saurait trop vanter la dorure appliquée par les orfèvres sur le cuivre, pendant le moyen âge, et particulièrement pendant la seconde moitié du xif siècle et la première moitié du xiif . Cette dorure est faite au mercure; mais, en se reportant aux procédés indiqués par le moine Théophile dans son livre III, on reconnaît ([lie les artisans prenaient des soins minutieux pour que cette dorure couvrît parfaitement le métal, qu'elle fût également épaisse et d'un éclat uniforme. L'or n'étant pas épargné, on pouvait le brunir fortement, ce qui contribuait à lui donner de la soUdité en serrant ses

1 Inventaire de Charles VI (1399).

2 Inventaire des ducs de Bretagne (1410).

^ Invent, des ducs de Bourgogne [iliQl). ^ * Invent, du duc de Normandie (1363).

^ Invent, des ducs de Bourgogne (1467). (Voy. le Glossaire et Répertoire des émaux, hijoux, etc., exposés dans les galeries du musée du Louvre, du comte de Laborde, 1853.)

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molécules. On peut voir, dans les collections, des dorures qui ont conservé un éclat merveilleux et une adhérence parfaite, malgré des taches d'oxydes qui ont parfois transpercé leur épaisseur. Nous avons entre les mains des pièces d'orfèvrerie de'cuivre qui, par suite d'un long séjour dans la terre, étaient devenues complétementvertes. Trempées dans de l'acide acétique mitigé, cette oxydation tombait, et la dorure apparaissait avec tout son éclat. C'est principalement sur les pièces émaillées que les orfèvres tenaient à faire de bonne dorure, parce qu'en effet, pour que l'or fasse vivement ressortir l'émail, il faut qu'il soit très-fortement bruni, ainsi que l'indique Théophile ; et pour que le brunissage de l'or soit beau, il est nécessaire que la couche d'or soit épaisse. Voici un exemple de cet émaillage avec belle dorure brunie (pl. XLIX). C'est la volute d'une crosse du commencement du xiif siècle, trouvée tout récemment dans la petite église Sainte-Colombe de Sens. Malgré quelques taches d'oxydation, la dorure épaisse, brunie, a conservé un éclat merveilleux. On voit comment le lis central de la volute est émaillé d'émaux nuancés, sans cloisonnements ou filets d'épargnes entre les nuances. Les gravures sont très-délicatement traitées et'faites avant la dorure ; mais le brunissoir n'ayant pu atteindre le fond des tailles, cehes-ci ont été remplies en partie d'une substance brune qui a terni l'éclat de l'or, de telle sorte que ces tailles se détachent en vigueur sur les surfaces brillantes et polies des épargnes.

Il nous reste à parler des émaux à jour, si tant est qu'il en ait existé, et qu'on n'ait pas pris pour des émaux à jour des verres sertis entre des réseaux d'or ou de cuivre, suivant le procédé si fréquemment adopté par les orfèvres sous les Mérovingiens. « Une « grande cope d'or sans couvescle et est esmaillée à jour, qui « poise XV marcs '. » — Une très belle couppe d'or et très bien « ouvrée à esmaulx de plitc (cloisonnés) à jour, et le hanap d'icelle « à esmaulx à jour et le pommeau ouvré à maçonnière ^ » M. Labarte, dans l'excellent article qu'il consacre à l'histoire de l'émaillerie \ dit n'avoir jamais vu d'émaux de ce genre, mais il ajoute : « Nous aurions donc été disposé à croire que les prétendus émaux <( ainsi dénommés n'étaient autre chose que des pièces de verre teint « et translucide, découpées à froid el; serties dans un cloisonnage «métallique, si Benvenuto Cellini, dont la compétence en pareille

' Invenf. du duc de 'Normandie (1368).

- Iment. de Charles T7 (1399).

3 Hisf. de^ arts industr. au moyen âge, t. III, p. 4^0 et suiv. Voyez aussi I'Émaillerie dans Tantiquité et an moyen âg^e.

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« matière ne peut être récusée, n'était venu nous apprendre qu'il « avait vu à Paris une coupe appartenant à François I", laquelle « était composée d'émaux translucides fondus dans les interstices « d'un réseau d'or. » Et, en effet, Gellini dit non-seulement avoir vu cette coupe, mais il ajoute même qu'il en pourrait fabriquer une pareille, et il indique les moyens qu'il emploierait pour obtenir ce résultat. Sans récuser la compétence du célèbre orfèvre italien, nous n'avons pas une confiance absolue en sa véracité. Gellini nous dit bien avoir vu une salamandre se promener sur des charbons ardents ! Nous ne prenons donc pas son témoignage comme la preuve de l'existence de ces émaux translucides fondus entre un réseau d'or, et d'ailleurs le moyen qu'il donne pour faire une coupe pareille à celle que lui montre le roi ne nous semble pas praticable. Ce moyen n'est autre que le procédé employé pour fondre des émaux translucides entre un cloisonnement d'or \ avec cette différence qu'il ne fait pas adhérer les cloisons au fond, et que celui-ci, disposé en fer, provisoirement, ne sert que de moule à l'ouvrage. Mais, au feu, il y aurait alors fuite de l'émail entre les cloisons non adhérentes au fond, car la dilatation de ces cloisons les séparerait certainement de ce fond provisoire, et laisserait entre elles et ce fond un espace suffisant pour que l'émail s'échappât en fondant. Quoi qu'il en soit, il existe deux très-petits échantillons d'émaux cloisonnés translucides à jour : l'un se voit dans le Muséum Kensington, à, Londres, l'autre dans la chapelle de l'hôpital de Santa-Maria délia Scala, à Sienne. Mais ces objets, qui ne consistent, le premier qu'en un petit gobelet conique, l'autre qu'en une plaque losangée de quelques centimètres de longueur, ne peuvent, par leur peu d'importance, faire considérer cette fabrication comme étant usuelle. Ces émaux à jour n'étaient-ils que de petites pièces qu'on sertissait dans des plaques d'orfèvrerie, sur des vases, etc. ? Cela paraît probable, car il est question de ces émaux de plitc à jour dans quelques inventaires, ainsi que nous l'avons vu plus haut; mais ils ne constituaient pas des pièces entières. Ou bien entendait-on comme émaux de plite à jour des émaux translucides? Nous n'oserions rien affirmer h ce sujet. Cet article de l'inventaire de Charles V (1380) : « Un couteau à manche d'yvire (ivoire), ouvré (( à ymagettes, et est ledit manche couvert d'un estuy cloant d'ar- <i gent doré, et a en l'allemelle (la lame) dudit coutel, une longue « roye à esmaux de plite à jour », ne peut faire supposer un

1 Voyez Théophile.

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émail à jour, mais bien un émail translucide posé dans un cloisonnement ou champlevage d'or fait aux dépens de l'épaisseur de la lame, sorte de damasquinage émaillé, comme on en voit sur les manches des couteaux provenant de la vaisselle de Charles le Téméraire *. Il est donc possible d'admettre que, pendant le moyen âge, on donnait le nom d'émaux à jour à des émaux translucides posés en taille d'épargne, ou entre cloisons, ou sur ciselure. C'est vers le commencement du xv' siècle que les émailleurs adoptèrent, pour les bijoux, pour des objets de petite dimension et précieux, l'émail translucide sur ciselure, simultanément avec l'émail blanc opaque. Alors les parties destinées à recevoir un émail très-mince étaient /mm ou guillochées, c'est-à-dire rendues rugueuses par un travail régulier du burin ; travail qui apparaît à travers la couverte translucide colorée et contribue à lui donner un éclat chaud d'un aspect très-piquant.

Il existe dans le trésor de la sainte Chapelle d'Altœtting (Bavière) un très-remarquable objet d'orfèvrerie d'or et d'argent émaillé, qui représente le roi Charles VI agenouillé devant la Vierge tenant l'enfant et entourée d'un berceau de fleurs et de pierreries. Ce joyau, fabriqué en France, en est sorti probablement à l'époque du mariage de ce prince avec Isabeau de Bavière. Cette pièce d'orfèvrerie, fort bien décrite et gravée dans le tome XXVI des Annales archéologiques (page 119), est connue en Bavière sous le nom du « cheval d'or », parce qu'au-dessous de l'estrade servant d'agenouilloir au roi est en effet un cheval d'or tenu par un écuyer émaillé mipartie. Rien n'égale la finesse d'exécution des personnages, des lïeurs, des feuillages émaillés qui composent ce bijou de 60 centimètres de hauteur environ.

Ce n'est qu'cà la fin du xv' siècle que les artistes limousins se mirent à émailler en plein des plaques de métal mince, des vases de cuivre repoussé, et à peindre sur ces couvertes des sujets, des ornements, à entremêler ces couvertes opaques d'émaux transparents sur paillon. Cet art se développe au moment de la renaissance, et a produit de merveilleux résultats dont nous n'aurons pas à nous occuper ici, d'autant que nombre d'auteurs se sont étendus sur cet art de l'émaillerie peinte ^.

' Musées de Dijon, du Mans (collect. de M. le comte de Nieuwerkerke).

2 Voyez, entre autres ouvrages sur cette matière : l'Émail des peintres, par Claudius Popelin (1846) .— Praticien consommé, artiste aussi iiabile qu'instruit, écrivain ingénieux, M. Claudius Popelin nous paraît avoir, dans ce volume, résumé clairement les divers procédés employés par les artistes émailleurs du xvi'-' siècle. — Voyez aussi VfJist. des arts industriels de M. Labarte.

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NIELLES. Le nielle est rornementation obtenue par une gravure l'aile sur l'or ou l'argent, et remplie d'une substance noire ou brune fusible. Niellure s'entend comme art de nieller. La nielle est la substance fusible incrustée dans la gravure métallique, l'estampage ou l'empreinte de cette gravure ou du dessin noir qui la remplit exactement.

Les Byzantins pratiquaient la niellure soit en grand, soit sur de petits objets, et cette décoration du métal était fort prisée sous les premiers empereurs d'Orient. Le moine Théophile donne la manière de préparer la matière noire propre à nieller, les moyens de l'employer et de l'appliquer dans les gravures faites sur or ou sur argent K

On ne saurait dire à quelle époque remonte l'art de nieller l'or et l'argent, et ce n'est pas ce qui nous touche en ce moment. On trouve des bijoux niellés dans les tombes gauloises ; et il y a tout lieu de croire que les Celtes, qui passaient, dans l'antiquité, pour savoir émailler les métaux, employaient le nielle, qui est un corollaire de l'émail cliamplevé, et qui même est plus facile à pratiquer. Graver le métal est une conséquence immédiate de l'emploi de cette matière ; remplir la gravure d'une substance qui la fait paraître, est très-naturel et très-simple, soit que cette substance soit posée à froid, soit qu'elle soit fixée par la chaleur du feu. Sans nous occuper de savoir si les peuples sortis de l'extrême Orient ont apporté ces procédés avec eux, en Europe, nous pouvons, par quelques exemples, constater que les tribus germaniques qui se répandireni sur le sol des Gaules, au v' siècle, damasquinaient le fer d'argent, encloisonnaient des lamelles de verre dans de l'or et du cuivre, gravaient l'or et le cuivre, et remplissaient ces gravures de substances colorées. Le spécimen le plus intéressant que nous possédions, touchant ces divers procédés, se voit au musée de Cluny. C'est le collet supérieur d'un fourreau d'épée franke : ce collet est à deux faces et porte 5 centimètres de largeur sur 3 de hauteur; il est partie d'or, partie de cuivre rouge. La face postérieure est entièrement de cuivre rouge damasquiné de dessins très-simples, d'or; la face antérieure est composée d'une plaque d'or assez épaisse, au milieu de laquelle percent deux carrés de cuivre rouge au même nu. Ces deux carrés de cuivre sont damasquinés d'or -, la partie d'or est intaillée, les intailles sont remplies d'une substance rouge très-altérée

' Diucrsarum artium Sckcd., lib. III, cap. xxvi, xxvil^ xxvm. Celle matière noire est <:omposée de cuivre, d'argent, de plomb cl de soufre.

par le temps, et les épargnes visibles, formant des méandres, sont damasquinées de filets et de points d'argent. La planche L présente cette face au double de l'exécution, afin de rendre plus intelligible le travail de l'ouvrier. La niellure est ici faite évidemment à l'aide d'une température peu élevée, puisque la matière rouge semble être une résine que le temps a fait tomber en grande partie. Quant à la damasquinure d'argent sur or, elle est délicate et s'est parfaitement maintenue. Cette alliance de trois métaux indicjue une origine, ou tout au moins une tradition orientale dont on ne voit plus trace plus tard sur le sol des Gaules. La garde de la poignée de cette même épée est d'or battu, et, par sa forme, permet de supposer qu'elle appartenait à une arme d'une assez grande dimension.

11 est certain que le nielle et le damasquinage sont deux procédés de décoration de métaux ayant des rapports intimes. Pour damas- ([uiner un objet de métal, on commence par intailler le dessin qu'on prétend remplir d'un autre métal; de même pour nieller. Mais, dans ce dernier cas, c'est une substance fusible à une température peu élevée qu'on fait fondre dans la gravure et qu'on polit après qu elle est refroidie; tandis que la véritable damasquinure se bat à froid dans l'intaille, de manière qu'elle la remplisse très-exactement et y adhère par le refoulement.

A l'imitation des Byzantins, les orfèvres rhénans ont fréquemment employé la niellure pour décorer l'argent et même parfois l'or. Il est question d'ouvrages niellés dès l'époque de Charlemagne. Théodulphe, évêque d'Orléans, un des « missi dominici » de l'empereur, se plaint, dans ses vers, des tentatives de corruption auxquelles doivent résister les magistrats chargés de rendre la justice. « Celui-ci, a dit-il, me promet de belles coupes si je veux lui accorder ce qu'il « est de mon devoir de lui refuser. Brillantes d'oi' au dedans, elles « sont décorées de noir au dehors, parce que la couleur de l'argent a s'est altérée au contact du soufre. »

(( Pocula promittit quidam se pulchra daturuiii;

« Si homo quœ poscit non sibi danda dareui, (( iaterlusque aurum, exterius nigredo décorât,

« Cum color argenti sulpiiure tactus abit 2. »

Nous possédons des ouvrages niellés qui datent du xii" siècle, et, parmi ces objets, un des plus remarquables est l'autel portatif dont

' Sulfure d'argent.

Theodulphi Carmiuu. — Voyez l'article de l'abbé Texier, Niclleael gravures {Annales archéoL, t. XV, p. 5).

comme

forment la bordm^e de cet autel sont de la plus grande beauté

' Voyez le Dictionnaire du mobilier, partie des Meubles, à l'article Autel (pl. II)

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