CITHARE I
cet instrument (fig. 1, B). Nous ne donnons, bien entendu, cette interprétation qu'avec réserve, n'ayant pu trouver une description détaillée de cette sorte de trompe. Le choro, ou chorum, était en usage dans les morceaux d'ensemble :
« De vieles sot et de rote,
« De harpe sot, et de chorum ;
« De lire et de psalterium »
CITHARE, s. f. La cithare antique était un instrument à six cordes métalliques pincées. Au commencement du moyen âge, la cithare semble se confondre avec la rote ou la rothe, instrument à cordes frappées ou pincées ayant primitivement la forme du a grec. M. Fétis a parfaitement étabU comment la cithare ne fait qu'un avec la rote, et ne" saurait être confondue avec le crouth, qui est un instrument à archet, ni avec la chifonie ou syphonie, qui est un instrument à frottement ^. Au viii' siècle, la cithare avait déjà pris le nom de rote, ainsi que l'indique ce passage de saint Boniface, évêque de Mayence, mort en 755 : « Je me réjouis, dit-il, d'avoir un cithariste « qui puisse jouer de la cithare que nous appelons rotta. et qu'il « possède cet instrument » Du Gange rapporte un passage du commentaire de Notker, moine de Saint-Gall au x'' siècle, sur le Symbole d'Athanase, et dans lequel il est dit « que la rotta est l'antique psalterium, lequel avait la forme du delta grec et était garni de dix cordes, mais que le nombre des cordes ayant été augmenté et la forme modifiée, cet antique instrument a reçu le nom barbare de rotta. On pourrait donc conclure de ces passages que la cithare ne faisant avec la rote qu'un seul et même instrument, et la rote étant l'antique psaltérion, la rote et le psaltérion ont la même forme. Gela ne saurait être cependant admis absolument , bien que M. Fétis ait semblé confondre les trois instruments, et que le nom de cithare soit donné, encore au xiv*" siècle, même à l'instrument à archet, qui est connu sous le nom de vièle. Ce fait est constaté par une miniature du manuscrit de la BibUothèque impériale (latin), n" 850/i, écrit en 1313, sur les travaux de F Université, et dédié à Philippe le Bel.
1 Du Gange, Chorus. ~ Poème du roi de Navarre, t. I, p. 244.
2 Voyez la Notice sur Ant. Stradivarius, précédée de Recherches hist. sur l'origine et les transform. des instrum. à archets, par F. J. Fétis, publ. par M. Vuillautne. Paris,
3 « Delectat me quoque cytharistam habere, qui possit cytharizare in cythara, quam « nos appellamus Hott/f, quia cytharam liabet. » (Epist. 89. Du Gange, Gloss., Rotta.)
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A dater du xif siècle, cependant, si la cithare et la rote sont un seul et même instrument, le psaltérion se distingue de la cithare, et, à plus forte raison, la vielle. Jérôme de Moravie dit que la cithare a la forme du A grec et est garnie de vingt-quatre cordes. Dans le ma-
nuscrit de Saint-Biaise (ix' siècle), la cithare n'a que douze cordes ; elle est triangulaire (fig. 1), et il semble qu'un corps sonore soit placé à sa partie supérieure V Le manuscrit de Saint-Émeran nous
montre une cithare que nous reproduisons ici (fig. 2), garnie de dix cordes. La partie supérieure de la cithare, munie d'un manche, paraît être faite de métal, tandis que la partie inférieure serait de bois. Les dix cordes sont enroulées autour de dix chevillettes posées
• Voy. Martin Corbert, 7> cnntu et mmka, lib. III, cap. m.