‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 3)Chapitre 83 sur 168 · CLOCHETTE · texte numérisé non relu

CLOCHETTE

sur la partie métallique. On voit que tout ceci n'est pas très-clair, et que la forme de la cithare est passablement variée ; c'est du reste ce dont les auteurs anciens conviennent. Martin Gerbert reconnaît que la cithare affectait diverses tigures et n'avait pas un nombre de cordes bien déterminé.

Toutefois il est une différence notable entre la cithare et le psaltérion. La cithare n'est qu'un jeu de cordes montées sur un châssis avec ou sans corps sonore sur l'une des faces de ce châssis, s'il est carré, ou à son extrémité supérieure, s'il est triangulaire, peut-être dans la partie inférieure, s'il est circulaire, ainsi que le montre la figure 2 * ; tandis que le psaltérion présente un jeu de cordes métalliques tendues sur une table creuse, avec ouïes généralement (voy. Psaltérion). La cithare était pincée ou touchée à l'aide d'un plectrum .

CITOLE, s. f. (citote). Instrument à cordes dont la sonorité était très-douce. Après la bataille de Bouvines, le roi Jean demande une trêve et envoie à Phihppe un légat :

« Gis legaz iert nez d'Engleterre,

« Qui le roi de France, à celle erre,

« Enveloppa si de paroles,

« Plus douces que sons de citoles,

(( Qu'à cinq ans les li otroia

(( Et vers Paris se ravoia 2. »

« Harpes i sonent et vieles « Qui font les mélodies bêles, « Les estives ^ et les citoles, « Les damoiseles font caroles « Et treschent envoisiment *. »

Nous n'avons pu réunir sur la forme de la citole des documents précis.

CLOCHETTE, s. f. (clokete, docèté). Le moyen âge usait fort des clochettes ; non-seulement on s'en servait dans les concerts d'instruments, mais on en suspendait aux habits, aux harnais, et

' C'est cette forme circulaire donnée à la cithare, à dater du viii'^ siècle, qui lui a valu le nom de mita.

Branche des royaux lignages, vers 7123 et suiv. 3 Estive, sorte de cornemuse.

* Roman du renard, vers 27073 et suiv.

[ CLOCHETTE ] — "Ibll —

même aux toitures des palais. Certaines danses étaient exécutées au son des clochettes, et cela dès une époque reculée, puisque nous en voyons figurées sur des vignettes du x" siècle. C'était souvent le danseur ou la danseuse qui s'accompagnait d'une ou plusieurs clochettes. Un chapiteau de la nef de la cathédrale d'Autun nous montre un danseur ayant les hras passés autour d'un bâton garni de clochettes (fig. 1). Deux autres personnages agitent des sonnettes

ou frappent sur celles que porte le danseur. Les bas-reliefs représentant les Arts libéraux sur les portails de nos cathédrales nous montrent habituellement la Musique sous la forme d'une femme frappant sur des timbres suspendus Le roi David est parfois aussi représenté frappant du marteau un jeu de clochettes suspendues à une sorte de potence (fig. 2)^ Dans cet exemple, le personnage tient un marteau dans chaque main, afm d'obtenir des accords. Le jeu se compose de cinq timbres. On a fabriqué aussi, pendant le moyen âge, un instrument garni d'un grand nombre de clochettes qu'on agitait pour appuyer la mesure, ainsi que nous l'avons vu faire, il n'est pas encore longtemps, avec l'instrument appelé pavillon chinois, dans les musiques de la troupe. Cet instrument, appelé en latin et dans les monuments antérieurs au xii' siècle, bonibulum, reçut plus tard les noms de tymbre, cembel (voy. Tymbre). A dater du

' A Chartres, à Paris, à Sens.

2 Bible française, biblioth. du Corps législatif (xiii« siècle). On donnait à ces carillons, au xiii^ siècle, le nom à'orloge.

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