COR
d'or, celles-ci étaient parfois garnies de clochettes ou de grelots (tig. 3) Mais il n'y avait que les personnages de marque qui pouvaient se permettre ce luxe, et cela n'eût pas été admis chez les petits gentilshommes et chez les hourgeois.
A la lin du xv' siècle, les personnages qui, chez les grands, remplissaient la charge de fous, étaient les seuls qui portassent des clochettes ou grelots attachés à leurs habits.
COR, s. m. Instrument à vent plus petit que la busine et plus grand que l'olifant. Le cor se distingue de la busine, de hi corne, du cornet, de l'ohfant, de la trompe et de la trompette. Cependant les poètes le confondent parfois avec l'olifant, qu'ils appellent un cor d'ivoire :
(( Uns pelis eiifcs cîpia « Desous le lit .j. cor d'ivoire « Que 11 rois, ce conte l'estoire, « Soloit tos jnrs en bos porter 2. >;
Mais ce qui distinguait particuhèrement le cor de l'olifant, c'est que le premier était très-recourbé, de façon à ramener le pavillon par-dessus l'épaule. Voici un passage de Joinville qui le prouve :
(( Avec le prince (d'Antioche) viendrent quatre inenestriers de la « grande Hyerménie, et estoient frères; et en aloient en Jérusalem « en pèlerinage, et avoient trois corz dont les voiz (les pavillons) (( des corz leur venoient parmi le visage. Quand il sncommençoient
' Manuscr. de Tristan et Yseu/t, Biblioth. impér. Voyez aussi le noble veneur, fig. 2, à l'article Corne.
- Du roi Guillaume d'Angleterre, cliron. anglo-normande, publ, par M. F. Michel, t, III, p. 55.
« à corner, vous deissiez que ce sont les voiz des cynes qui se parc( tent de l'estanc; et fesoient les plus douces mélodies et les plus (( gracieuses, que c'estoit merveilles de l'oyr » On disait cors grelloiier pour cors sonner :
H Ly connestable prist ung cor à grelloiier 2. »
« Qui lors oïst tentir buisines
« Trompes sonner, corz grelloier 3. »
Ces cors, trés-recourbés, étaient laits de laiton :
«( Li dus n'i fist plus atendue, « ,1. cor fait sonner de laiton »
Dans les châteaux, on annonçait les repas au son du cor : c'est ce qu'on appelait corner Veau, c'est-à-dire prévenir les convives (|ii'ils eussent à se laver avant de se mettre à table. Les guetteurs n'avaient pas de cors, mais des cornes ou des olifants.
CORNE, s. f. {cor d'ivoire, olifant, trompe de chasse). Ces instruments sont à peu près identiques par la forme et l'usage. On les portait en bandoulière, et ils étaient fabriqués en bois, en cuir l)()uilli, en ivoire, en corne et en métal. La structure naturelle à la corne de bœuf, à la dent d'éléphant, avait commandé la forme bien connue de cet instrument à vent, qui ne pouvait donner qu'un nombre de notes très-limité, obtenues par un mouvement des lèvres dans l'embouchure. Les chasseurs cependant avaient, dés le xiv'^ siècle, un certain nombre d'airs notés qu'on sonnait dans cette trompe primitive. La corne variait de longueur entre 0'",50 et 0"',35; recourbée, elle était munie d'une embouchure hémisphérique de métal. Ce qui distingue la corne du ménestrel de la corne do chasse et de l'olifant, c'est que la première est percée de trous non-seulement le long de son tube, mais autour du pavillon. Cette corne permettait de moduler des airs avec plus ou moins de force, (aiidis qu'avec l'olifant et la corne de chasse on ne pouvait que donner un petit nombre de notes à plein souffle.
' liist. de suint Louis, édit. de M. F. Michel et Didot, p. 160.
2 Hugues Capct, vers 1636.
3 Branche des royaux lujnarjes, vers 10216. ■* Homnn de la violette, vers 2561.