II
Voici (fig. 1) un exemple très-intéressant de ce genre de corne spécialement jouée par les ménestrels. 11 provient d'un des chapiteaux de la nef de l'église abbatiale deVézelay K Ces instruments étaient faits de bois ou de cuir bouilli, comme les douçaines et les secondes flûtes.
Le ménestrel que représente notre figure, et qui s'efforce de charmer un monstre, a pendue à son côté une rfigiie à trois cordes avec son archet (voy. Gigue).
Les cors ou cornes de chasse étaient souvent de métal précieux ou garnis richement d'or et d'argent. Siegfried, dans les Niebehmgen, porte à la chasse un cor d'or \
Le duc Bègues est en chasse, il s'est perdu à la poursuite d'un sangher qu'il tue. Un voleur le guette :
« QiKiul cil le vil si bien aparillié « De bel aroi et de courant destrier,
» Premières aimées du xil<= siècle; bas côté méridional. Seizième aventure.
« Hueses cliauciés et espérons d'or mier *, « Et a son col un cors d'ivoire chier « A neuf viroles de fin or loiés ; « L% guiche en fu d'un vert paile prisiés ^.
Beaucoup plus tard nous voyons les chasseurs porter la corne de chasse en bandoulière, et cet usage se conserva jusqu'au xvf siècle.
Dans le beau manuscrit, le Livre de la chasse de Gaston Phébus, de la Bibliothèque impériale ' , les nobles chasseurs et les veneurs à cheval et à pied ont une corne pendue sur la cuisse droite (fig. 2).
La guiche, pour les veneurs à pied, est croisée par-dessous le cornet, par-dessus pour les chasseurs à cheval. Ainsi, le poids de la guiche, qui était de cuir revêtu de velours, avec clous dorés ou d'argent pour les nobles et de laiton pour le commun des veneurs, empêchait le cornet de sauter à chaque mouvement de la monture.
2 Guiche ou guige, bande de cuir ou d'étoffe à laquelle le cor est suspendu. On dit aussi la guiche de l'écu, pour désigner la courroie au moyen de laquelle l'écu est suspendu au cou (voy. la partie des Armes, à l'art, Écu). — Li Romans de Garin le Lohetmn, 3" chanson, cliap. v (xu'' siècle).
3 Dernières années du xiv^ siècle.
' D'or fin.