‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (volume 4)Chapitre 11 sur 48 · ESCABEAU · texte numérisé non relu

ESCABEAU

ESCABEAU, s. m. {escame). Petit banc sans dossier, court, bas et étroit.

« Uns cornpains estoit assomez (assoupi) « Qui romfloit dessus une escame 1 . »

L'escabeau est plus bas que le banc et la chaise ; l'inférieur auquel on permettait de s'asseoir prenait un escabeau (fig. 1) 2. C'était im meuble commode pour causer avec les femmes, celles-ci étant assises sur des bancs ou des chaires; il permettait de se tourner dans tous les sens, de se déplacer facilement. Aussi les escabeaux étaient-ils souvent triangulaires (lig. 2) 3. On ne s'en servait pas seulement

comme de sièges, mais aussi comme de petites tables basses, ainsi que l'indique la dernière figure ; on posait dessus une tasse, un pot, une assiette pour goûter. Les femmes s'en servaient aussi comme de tabourets, lorsqu'elles travaillaient à l'aiguille et au métier, occupations pendant lesquelles il est nécessaire d'avoir les pieds élevés. Les meubles servant de sièges pendant le moyen âge sont très-variés de forme, de hauteur et de' dimensions ; autant les uns étaient fixes et lourds, autant les autres étaient légers et mobiles. Ces différences ne contribuent pas peu à donner à la conversation un tour facile, imprévu, piquant ; car, si l'on veut bien le remarquer, rien n'est moins pittoresque qu'une réunion de personnes, hommes et femmes, assis tous sur des sièges de formes et de hauteurs pareilles: il semble qu'alors la conversation prenne quelque chose de l'uniformité de postures qui résulte de la similitude des sièges. Nous ne savons si la décence y gagne, mais certainement l'esprit y perd quelque chose

1 Eust. Deschamps, le Dit du jeu des dés, xive siècle.

2 Manuscr-deTHM. de Girard de Nevers. Bibl. imp., fonds la Valliére, n° 92, xve siècle,

3 Ibid.

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