NATTE
l'autel; elle est de couleur, bordée d'un galon et drapée; la seconde porte une bordure avec écussons armoyés et franges ; et enfin la troisième, qui paraît être le corporal, tombe sur les côtés; elle est blanche, avec fines bordures et petites franges aux extrémités.
Les nappes d'autel ornées d'éeussons armoyés paraissent avoir été assez communément adoptées à partir de la fin du xme siècle. En effet, dans l'inventaire des meubles de la comtesse Mahaut d'Artois, de 1313 *, nous lisons : « Item une nape d'autel, parée « d'une pareure des armes d'Artois et de Beaugiu, tout à pelles, ou « pris de n c. lib. » Ces nappes sont souvent désignées, à cette époque, sous le nom de touailles: « Item II touailles d'autel, ou pris « de xl. s. »
Ce ne fut qu'à dater du xve siècle que l'on attacha aux nappes d'autel des ouvrages de fil à jour, des guipures; mais, à cette époque, ces ornements n'étaient attachés qu'aux extrémités de la dernière nappe tombant des deux côtés de l'autel. Quant à la seconde nappe, elle n'était bordée souvent sur le devant de l'autel que par une petite frange de fin or de deux ou trois doigts de haut. Le sire de Mauléon dit, dans ses Voyages liturgiques en France pendant le siècle dernier, avoir vu encore une certaine quantité de ces nappes frangées d'or.
NATTE, s. f. Treillis de joncs que l'on posait sur les planchers des maisons et châteaux.
« A Regnaut Laucon, nattier, pour avoir livré et assiz audict « Louvre en la chambre à parer du roy, devers la Fauconnerie, « et en la chambre à parer de la royne, dix toises et clemys de nattes « en réparation 2. »
On posait aussi des nattes sur les bancs et les coffres servant de sièges dans les salles des palais. Les lits (châlits) des prisonniers étaient couverts de nattes.
1 Publ. par M. Le Roux de Lincy, Biblioth. de l'École des chartes, 3e série, t. HI, p. 53.
2 Comptes des dépenses faites par Charles V, publ. par M. Le Roux de Lincy.