VIE PRIVEE DE LA HAUTE ROURGEOISIE. KAA
des injures lorsqu’il s’agit de les payer : aussi faut-il faire avec eux prix d’avance’ quant aux seconds, il est bon de régler clairement et souvent leur compte pour éviter toute discussion. Mais pour les serviteurs 4 gages, notre auteur veut qu’on s’informe de leurs précédents «de quels pays et gens ils sont », pourquoi ils ont quitté leurs premiers
maitres. Il entend qu’on doit tenir un livret de leur entrée, du lieu de naissance de leurs parents, de leurs répondants. « Et nonobstant « tout, aiez en memoire le dit du philosophe, lequel s’appelle Ber- « trand le yieil, qui dit que se vous prenez chambriere ou varlet de « haultes responses et fieres, sachiez que au départir, s’elle peut, « elle vous fera injure ; et se elle n’est mie telle, mais flateresse et «use de blandices, ne vous y fiez point, car elle bée en aucune « autre partie 4 yous trichier ; mais se elle rougist et est taisant et
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« vergongneuse quant vous la corrigerez, amez la comme vostre « fille. »
Notre auteur a un intendant, Jehan le dépensier (dzspensator), et une premiére femme de ménage, Agnes la béguine ; ce qui indique un personnel nombreux de gens. « Si soiez advertie, continue-t-il, et dictes 4 dame Agnés la béguine qu’elle voie commencier devant elle ce que vous aurez 4 cuer estre tost fait; et premierement qu’elle commande aux chambrieres que bien matin les entrées de vostre hostel, c’est assavoir la salle et les autres lieux par ou les gens entrent et s’arrestent en lostel pour parler, soient au bien matin balleyés et tenus nettement, et les marchepiés (devant les banes), banquiers et fourmiers (garnitures, coussins, tapis posés sur les formes) qui illecques sont sur « les formes, despoudrés et escoués; et subséquemment les autres « chambres pareillement nettoiées et ordonnées pour ce jour, et de « jour en jour, ainsi comme il appartient 4 nostre estat.
« Item, que par ladicte dame Agnés vous faciez principalement « et songneusement et diligemment penser de vos bestes de chambre « comme petis chiennés, oiselets de chambre : et aussi la béguine « et vous pensez des autres oiseaulx domeschés, car ils ne pevent « parler, et pour ce vous devez parler et penser pour eulx, se vous « en avez. » S’ensuivent de longues recommandations sur les soins i prendre des bétes, au village, dans la propriété des champs, moutons, beeufs, gélines, oles, chevaux, sur l'état qu’il en faut tenir, sur leurs produits; comment il faut que la maitresse prenne intérét ices détails, se faire renseigner, afin que les domestiques soient plus diligents. Puis des recettes pour détruire les loups, les rats; les soins 4 apporter pour la conservation des fourrures, des draps, pour détacher les étoffes, pour conserver les vins. Encore sur les repas des domestiques, qui doivent étre abondants mais courts; car, disent « les communes gens : Quant varlet presche a table et cheval « paist en-gué, tl est tems qu'on Ven oste, que assez y a esté. » Sur la cloture la nuit, sur le couvre-feu. « Et ayez fait adviser, par « avant, qwils aient chascun (les gens) loing de son lit le chandelier « a platine (a large plat) pour mettre sa chandelle, et les aiez « fait introduire (instruire) sagement de l’estaindre 4 la bouche « ou a la main avant qu’ils entrent en leur lit, et non mie A la che- «mise *, » Tl recommande A la maitresse de faire coucher ses