‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque Carlovingienne à la Renaissance (volume 5)Chapitre 67 sur 80 · KAO VIE PRIVEE DE LA HAUTE BOURGEOISIE · texte numérisé non relu

KAO VIE PRIVEE DE LA HAUTE BOURGEOISIE

chaque étage, simplement meublées. D’ailleurs les bourgeois étaient tous ou fabricants ou négociants, et, comme tels, ils avaient un ou plusieurs apprentis qui demeuraient chargés d’une partie du service intérieur de la maison.

Les seigneurs féodaux résidant sur leurs terres pouvaient facilement faire faire tout le service grossier de Vintérieur du chateau avec un intendant' et des corvées; mais les bourgeois, dés que les habitudes de luxe se furent introduites chez eux, ne pouvant avoir un nombre considérable de valets, en louaient, suivant le besoin, pour certains services. Les serviteurs, dit ’auteur du Ménagier’, « sont de trois manieres. Les uns qui sont prins comme aides pour « certaine heure, 4 un besoing hastif, comme porteurs a l’enfeu- « treure*, brouetiers (voy. fig. 8)“, lieurs de fardeaulx et les sem- « blables; ou pour un jour ou deux, une sepmaine ou une saison, « en un cas nécessaire ou pénible ou de fort labour (travail), comme « soieurs, faucheurs, bateurs en granche ou vendengeurs, bottiers, « fouleurs, tonneliers et les semblables. Les autres 4 tems pour un « certain mistere (ministére), comme cousturiers, fourreurs, bou- « lengiers, bouchiers, cordcenniers et les semblables qui ceuvrent a « la piece ou a la tasche pour certain ceuvre. Et les autres sont pris « pour estre serviteurs domestiques pour servir 4 l'année et demou- « rer a lostel. Et de tous les dessusdis aucun n’est qui voulentiers ne « quiere besongne et maistre. » Pour les premiers, continue l’auteur, que ’on prend pour des travaux de peine, les transports, etc., ils sont « communément ennuyeux », grossiers, arrogants, préts 4 dire

! Au xum° siécle, nous voyons apparaitre déja cet intendant, dont les fonctions sont définies dans le Lai d’Ignaureés :

« Tl yint por mi une autre rue

« Avoec lui avoit un aufage

« Kili faisoit tout son message :

« Icil li assembloit sa rente.

« La dame ki fu en atente

« Avoit le postic (la porte) entr'ouvert.

« Li bers i entre tout en apert « (Ains k’il en isse aura anui) ; « La dame vint encontre lui;

« Son message a l’ostel renyoie, « Il n’a cure ke il le voie. »

Ce nom d’aufage, pour intendant, n’est pas ordinaire, et nous ne l’avons vu employé que dans ce petit poéme.

2 Tome Il, p. 53.

3 Porteurs munis d’un bourrelet feutré ou d’un coussin pour placer sur la téte ou les épaules, et faciliter ainsi le port de la charge, comme le font encore nos portefaix. 4 Ms, Vita et passio S. Dionysii Areopag?, Biblioth. impér., fonds latin, n° 5286,

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