BOUTON
« 63 s. 6 d. ». c'est-à-dire pour faire une boucle serrant la fente du caleçon et les boulons fermant cette ouverture \ « Pour une bouton- " neure d'or de 25 boulons, chascun bouton de 4 perles et 4 dia- « mant au milieu, achetés de Symon de Dampmart, et livrés audit «. Josseran, chascun bouton au pris de 8 escuz d*or, pour ce, 200 es- « cuz, pièce à 17 s. p., valeur 170 1. p. » De ces boulons joyaux, il ne reste que des représentalions sur des statues ou dans des peintures. Les boutons d'armures étaient appelés bocètes.
.oea&oo £ifiU-
Nous donnons ici plusieurs exemples de boutons attachés à des vêtements religieux ou civils fliii. IV Les trois exemples A sont de
' Journal (le la (lépe7ise du roi en Angleterre, nuligé eu i.'3'49.
[ RRACELET ] — 08 —
pâle de verre, les bielles de lil de fer étant prises dans cette pâle pendant qu'elle était chaude. Le bouton B est de cuivre fondu avec sa bielle ' ; les deux boutons G sont d'alliage et disposés comme nos boutons de chemise-. L'exemple D est copié sur des vêtements de statues des xiii" et xiv^ siècles. Ces sortes de boutons étaient formés d'un novau entouré de fils croisés. On les trouve attachés aux manches serrées, aux cols des chemisettes. L'exemple E est d'os ou d'ivoire ^ Les vêtements de statues du xv^ siècle présentent parfois des boutons enrichis de perles ou de pierres ; ces sortes de boutons, attachés aux fentes des robes des femmes, aux manches larges, étaient doubles comme ceux tracés en G (voy. Robe).
BRACELET, s. m. Si nos aïeux les Gaulois portaient des bracelets, si même encore les Mérovingiens paraient leurs bras de ces sortes de joyaux, il ne paraît pas que le moyen âge ait conservé cette habitude même pour les femmes. Le bracelet était remplacé par des galons qui entouraient le bas de la manche serrée de la robe de dessous des hommes et des femmes. Celles-ci ne laissaient point voir leurs bras nus pendant le cours des xi% xn% xiii", xiV et XV' siècles. Or, le bracelet ne peut guère se porter que sur la peau. Pendant le xii' siècle, on voit souvent les hauts des manches ornés d'une large bande de broderies avec pierres, mais ces bandes étaient cousues au vêtement et ne constituaient pas un bijou séparé ; elles étaient souples comme l'étolTe qu'elles couvraient. Pendant le cours du xv siècle, les gentilshommes entraient souvent dans la lice du tournoi, ayant un bracelet attaché au-dessus du coude avec une devise ou un attribut, ou bien encore celui qui était vaincu devait porter un bracelet pendant un an, fermé à clef, à moins qu'une dame tenant cette clef ne le déferrât. « Et pour ce que les chapitres faisoient mention que quiconque seroit porté par terre de tout le corps, seroit tenu de porter por un an entier un bracelet d'or, où devoit pendre un loquet (cadenas) fermant à clef, et ne le pourroit ôter ni faire ôter ledit temps durant, si en cedit temps durant il ne trouvoit la dame ou damoiselle qui auroit la clef dudit locquet, à laquelle il se devra faire défermer, si la dame le veut défermer, et à icelle donner ledit bracelet et présenter son service. Pour laquelle aventure ainsi advenue à celui chevalier de Boniface, lui fut présenté le bracelet d'or de par le chevaliei' Dupas, en lui
' Exemples paraissant appartenir aux xiii» cl xiv'' siècles. ^ xiv" sièele. Musée des fouilles du châleau de Pierrefi)uds. ■^ Fouilles de Xo're-Danie de Paris.
i< disant : « Vous le porterez ainsi qu'il vous plaira, soit couvert ou <• découvert (habillé ou non) », lequel chevalier de Boniface le reçut " moult agréablement, et le portoit comme raison étoit ; mais qui « fut la dame ou damoiselle qui le déferma, n'est pas venu à ma « connoissance '. »
BRACIÈRES, s. f. Sorte de camisole que les hommes, pendant le xvi^ siècle, portaient la nuit : « Deux douzaines de brassières, « à porter la nuyct, ouvrée de soie noire 2- » Nous ne savons si ce vêtement dernier était usité au xv'' siècle ou avant. Pendant le xiv° siècle, le mot de bracières s'applique aux manches serrées, de peau ou de velours, qu'on portait sous la maille avant l'adoption des brassards (voy. la partie des Armes).
BRAIES, s. f. (braieul, braiol, braiel, braijer, braoillier ; d'où le mot bragarts, donné au xv'' siècle aux porteurs de certains haulsde-chausses, et notre mot débraillé). Les braies sont le caleçon plus ou moins long, plus ou moins serré. Pendant la période romaine de l'empire, la partie des Gaules qui était comprise entre le Rhône, la Garonne et les Pyrénées, était désignée sous le nom de Gallia braccata; parce que ceux qui habitaient ces contrées portaient des braies, sortes de pantalons larges, serrés aux jambes au moyen de lanières. Ce vêtement se conserva pendant tout le temps de la domination romaine, puisqu'on trouve quantités de tombeaux gallol'omains sur lesquels des personnages sont représentés les jambes revêtues de braies. Les peuples de la Germanie portaient, la plupart, des braies, ainsi qu'on peut le constater en examinant les bas-reliefs de la colonne Trajane. Sous le règne de Charlemagne, les A(|uitains portaient des braies. Lorsque Louis, son fils, alla le trouver à Paderborn, il parut devant lui habillé à la manière d'Aipiitaine, « avec une espèce de pourpoint parfaitement rond, sur une chemise dont les manches étaient fort larges; de grandes braies, de petites bottines où il y avait des éperons^ ». La mosaïque de Sainte-Agnès intra muros, à Rome, représentait l'empereur Charlemagne vêtu d'une courte tunique et de braies collantes avec de hautes bottines'*. A cette époque, c'est-à-dire au vni" siècle, il paraîtrait que les peuples de l'Asie Mineure portaient des braies ajustées aux jambes et ornées
' Chron. de J. île Lnlain, cliap. lxvii.
2 Comptes (le l.'iljfi.
•^ Dom Vaisselle, Uist. dn I.'ni'juedoc, l. Il, p. 4.
* Voyez Ciampiri, t. II.
[ i?n.\iEs ]
de riches broderies, puisque nos manuscrits occidentaux représentent parfois des personnages de ces contrées ainsi velus. D'ailleurs, ces braies étaient portées dès le temps des Sassanides, et plus anciennement encore, sous la monarchie assyrienne. Voici (fig. 1) la copie
de deux des rois mages, représentés dans une Bible du x" siècle, de la Bibliothèque impériale *, auxquels l'artiste a eu évidemment l'intention de donner le costume oriental de son temps. Les pans de la tunique, relevés sous la ceinture, laissent voir les braies collantes couvertes de bandes de broderies. Ces braies, justes aux jambes, n'étaient guère usitées à cette époque en Occident.
Pendant les x'' et xi^ siècles, on portait de préférence des braies larges et courtes avec des chausses, ou longues sans chausses. Ces sortes de braies courtes sont parfaitement indiquées dans la tapis-
' Maiiusi'c. fouds hitiu Suiut-Geniiaiii. u" 't'.i'i, Bihlioth. iiiipér,
série de Baveux (dite de la reine Malliilde) (fig. 2), en même temps que la tunique courte. Il paraîtrait que les braies larges et courtes étaient portées pour monter ;i cheval, tandis que la tunique était réservée pour la vie habituelle. Tous les personnages vêtus de ces
braies sont en campagne ou à cheval. Dans la même tapisserie, on voit des hommes qui, pour tirer les barques sur le rivage, ont ôté leurs chausses et ont relevé les extrémités des braies sous la ceinture ou braiel, laquelle était d'étoiïc pareille et enroulée autour de la taille (fig. 3). Lorsque les jambes étaient réunies, ces braies formaient une sorte de jupon. Le tracé A donne le patron de ce vêlement muni d'une coulisse à sa pnrtie supérieure, pour pouvoir le serrer à la taille. Quelques populations du littoral de la Planche ont encore conservé ces braies larges, faites de grosse toile, et il est à croire qu'elles étaient spécialement adoptées par les Normands, car on ne les voit point figurées sur d'autres monuments que ceux appartenant à celle province.
Des représentations de personnages vêtus de ces braies feraient
supposer
quelles étaient fendues latéralement et agrafées ou bouf^-^^-^-s,^,^^^ tonnées le long de la cuisse exté- 1^ f rieurement. Voici, en effet, une copie (fîg. 3 bis) de l'un de ces Normands qui tirent les barques sur le rivage, au moment du débarquement de Guillaume le Bâtard. Il semble que les braies sont déboulonnées latéralement, de manière à permettre de les retrousser avec plus de facilité.
A la fin du W" siècle, on portait des bauts-de-cbausses ( voy. fig. 9 ) souvent garnis de boutons le long des cuisses, et qui pouvaient s'ouvrir latéralement. Par tradition, les iiauts-de-chausses du commencement du xvn" siècle avaient encore conservé ces garnitures de boutons qui n'étaient plus alors qu'un ornement.
Dans le centre de la France, au conti-aire, au xi" siècle, on voit adopter les braies longues. Nous en trouvons un curieux exemple dans la représentation des travaux de l'année, sculptés sur le tympan du portail de Saintmois de mai et d'août montrent un faucheur et
Ursin à Bourges. Les
— "'"5 — [ DltAlES ]
un batteur en grange vêtus de tuni(iue> coui-les el de caleçons
l=.CUILLHUWT.
larges, descendant jusqu'aux dievilles (lig. 4). Au commencement du
m. — lu
f BRAIES
xii<= siècle, ainsi que nous Tavons dit aiileui-s', les rapports de plus en plus fréquents avec l'Oi'ient modifièrent d'une manière sensible les modes dans tout l'Occident ; les braies gauloises, encore conservées jusqu'alors dans certaines ^ provinces du Centre et du Midi,
disparurent complètement, et l'on porta des caleçons justes aux jambes avec la tunique courte ou la robe longue, suivant la qualité des personnes ; la robe longue étant réservée aux personnages de quelque importance , et la tunique courte au peuple. Les femmes portaient aussi parfois des braies, bien qu'elles eussent, dans toutes les classes , des robes longues. Un très -beau fragment de chapiteau de marbre blanc, du xn" siècle, déposé dans le musée d'Avignon, représente Job, sa femme et ses amis. L'un d'eux, Éliut, est revêtu de braies collantes sur les jambes, assez amples sur les cuisses, qui paraissent sous une robe ouverte sur le (levant (lig. 5) -. Sur les linteaux de la porte principale de l'église abbatiale de Vézelay sont sculptées des personnes de tonte condition, guerriers, laboureurs, femmes, enfants, religieux. Quelques-uns de ces personnages masculins ont des tuniques courtes avec braies collantes ((ig. 6) ^ On ne peut supposer ici que le sculpteur ait voulu figurer des
' Voyez r>i,iAi:T.
2 Cl' cliKijileaii d;ilc dr 1 1 .II) ciiviniii .
■' Ces sciilplui'cs (liilciil (le 1100 euvii'ou. Dans le manuscrit rie Herrade de Landsherg, de la liiblioUiùijue de. Strasbourg, qui date du xii» siècle, on voit des lionimes velus de tuniques courtes avec des braies collantes : ce sont des personnages qui u'appartieunent ]ias à la classe nolile (voy. la viLiiietle de rAiloralimi du vi'au d'or).
jambes nues, puisqu'on voit des traces de peintures sur ces caleçons justes. Ces traces de peintures n'apparaissant guère que quand on mouille la pierre, nous les avons ravivées sur notre figure. D'ailleurs nous ne voyons pas, dans les manuscrits de celte époque, que les hommes aient jamais les jambes nues sous la tunique ; elles sont toujours colorées en blanc, en vert, en rouge, en jaune ou en bleu, quelquefois avec des pois, ce qui indique une étoffe, les nus ayant, sans exception, la couleur naturelle de la peau. Nous engageons nos lecteurs à voir, à ce sujet, les peintures de l'église de Saint-Savin, qui datent de la fin du xi" siècle •. A dater du xn* siècle, les braies des hommes nobles ne cessent d'être collantes jusqu'au xvi" siècle ; mais, pendant le xui" siècle, elles sont encore assez larges aux hanches chez les gens du peuple, ainsi que le fait voir la figure 7 -. L'homme représenté ici est un des pauvres auxquels saint Médard fait distribuer des aliments ; il n'est vêtu que de ses braies et d'une gonelle. Ses souliers sont pendus à un cordon, derrière son dos. L'enfant qu'il porte sur ses épaules est vêtu comme lui, et ses braies sont à brides sous la plante des pieds, laissant les doigts et le talon libres, tandis que les braies du père sont à pieds. En A, est tracé le pied d'un autre personnage de la même tapisserie, dont les braies sont terminées par des brides. On voit que le caleçon de l'homme, serré à la taille par une ceinture, est assez ample à la hauteur des hanches, et qu'il ne devient collant que du genou à la cheville. Ces sortes de braies étaient ouvertes par devant.
Voici, d'ailleurs, la description qu'un trouvère du xui" siècle fait de l'habillement du vilain :
'< Chape avoit et iiiaulel « Et cote sus gouael, •i Et braies et chemise, n Et moufles por la bise, Il Et en son cliief i-hapel, <i De mesmes le l)urel '•>. »
Les gentilshommes porlaient des braies comme les vilains : c'était une partie du vêlement de toutes les classes : « Lanceloz enlendi la « voiz en son (lil) dormant, cl sailli sus en braies et en chemise, et
' IHibliécs |iai- le Miuislèic de riiislnidioii pulili(ju('. N'olice de M. Mr'iiiiit'e.
- Des tapisseries rie Saiut-Médard de Paris, copies de la collectiou de Gaiguères, bibl. Bodléienne d'Oxford.
'■' Le IHct. de l'eschacier (homme a la j;iiiihr de bois) [Jonglews et Trouvères des Xli" et xjvf siècles, \\\x\A. par A. Jubiual).
[ BRAIES j
« met à son col le inaiilel et se lance hors de Fuis '. » On mettait donc imraédialeraent les braies sur la chemise ; voici, dailleuts un
j^iï<:j/?û éXJ'f^ J
autre passage qui le prouve surabondamment : « Celé se couche
» Li contes de la charrette, extrait du Roman de Lancelot du Lac (fin du xii? sipcle).
« avant, et il après; mes c'est en chemise et en braies '. » Il fallait déboucler la ceinture des braies pour les mettre bas et aller à la selle, puisqu'elles n'étaient ouvertes que sur le devant. Voici qui le démontre. Quand saint Louis s'embarque sur un bateau, après la bataille de la Massoure, pour revenir à Damiette, Joiuville raconte ainsi le triste voyage du roi : « Quand nous fumes eschapés de ce <( péril et nous en allons contreval le llum, le roy, qui avoit la ma- « ladie de l'ost et menuison moult fort -, se feust bien garanti es
« galies, se il vousist; mes il dit que, se Dieu plest, il ne léroit jà « son peuple. Le soir se pasma par plusieurs foiz ; et, pour la fort « menuison que il avoit, li convint couper le fons de ses braies toutes '< foiz que il descendoit pour aler à chambre ^ » Ces braies ressemblaient fort à ce que nous appelons aujourd'hui pantalons à pieds, mais les jambes justes. Elles étaient faites de drap souple, de tricot de laine ou de soie. Le braiel désignait parfois, comme nous l'avons dit, la ceinture d'étoffe avec laquelle on maintenait le haut des braies au-dessus des hanches ; cette ceinture ne fut plus de mode, h dater de 4180 environ, que pour les paysans. Les braies
' U conti^f! dp 1(1 rhrinntle.
■i La nialailic de rarinre (Hait le scDi'hiit et lailysijntcrie ; le mol menuimn ne peut s'appliquer qu'ace ileriiier mal. i.e verbe inemiier \i'ut dire dimiiiiiei-, amoindrir. 3 A la garderobc.
[ HUAI lis ]
tHaient jiislcs à la taille et maintenues par un cordon qui passait dans une coulisse ou dans des œillets ^
Pendant le xiii" siècle, les paysans portaient encore des braies
' u Lejor que il viut eu cssil,
>i L"ot a sou braijel oublié
(' A .j. lac de soieuoué.
u Quant la dame a l'auel véu,
« >ic l'a mie desconuéu,
« Et dist : Biau sire, jou ne \ oel
(i Avoir rien que voient mi ocl,
» Fors cel anel que vos portés. »
C'était hieu a la ceinture d'élofie, au hraicl, ([n'était attaché cet auuean, et uon au cale(;on. {Dict. «lu roi Guillaume ciAiïgleterre, dans Citron, aj^glo-nonuandes. publ. par M. Fr. Michel, t. III. p. i:J7.)
d'une coupe évidemmmenl très-ancienne et qui mérite d'être signalée. Nous voyons ces braies parfaitement indiquées dans les bas-reliefs du portail occidental de la cathédrale d'Amiens, qui représentent les travaux de l'année. Voici (fig. 7 A) un moissonneur nu jusqu'à la ceinture et vêtu de braies serrées autour de la taille par un bourrelet d'étolTe. Ces braies sont fendues du jarret à la cheville et attachées sur les souliers, en a, par des cordons. Ce caleçon, très-large, pouvait être ainsi relevé et laisser le bas des jambes nu. Dans la collection des mômes bas-reliefs on voit, en etïet, deux personnages qui ont relevé le bas des braies en enroulant la partie interne autour du genou et rattachant l'extrémité de la partie externe à un anneau pendant au bout d'une courroie tombant de la ceinture (tig. 7 B). L'exemple D indique un pauvre recevant la charité, et l'exemple C un paysan ' .
La figure 7 C représente les braies du moissonneur, tigure 7 A, vues de face; on aperçoit les deux courroies avec anneau, destinées à recevoir les cordons de l'extrémité externe du caleçon.
Au xiv siècle, les braies sont collantes non-seulement aux jambes, mais aux hanches pour les classes élevées, et il paraîtrait que les braies larges du corps n'étaient plus portées que par le menu peuple.
Les gentilshommes portaient, vers le milieu du xv« siècle, des pourpoints courts et des braies très-justes qui dessinaient exactement les formes du corps (voy. Sl-kcot, Pouui'Oint). C'est aussi à cette époque que les braies commencèrent à être munies de braguettes, et ne furent plus fendues par devant, mais seulement par derrière, de la ceinture aux reins, alin de pouvoir les mettre facilement. Les braguettes étaient attachées par deu\ boutons ou deux
' Voyoz les bas-reliefs en inéilailloiis des Verhis et Viees et ilii zodiaque de l;i calliéili'iile d'Aiiiiens, poiiail oeeideiitiil.
[ IJItAlES 1 — 80 —
aiguillellcs à la hauteur des aines, et étaient garnies en dedans de manière à former une saillie peu prononcée d'abord, mais qui devint tout à fait ridicule au commencement du xvi" siècle. Dans les tapisseries de Nancy, qu'on prétend avoir appartenu à Charles le Téméraire, les braies sont garnies de braguettes (fig. 8).
Ce fut aussi ix la fin du xv° siècle que l'on commença de substituer aux braies les chausses et le haut-de-chausses. Les chausses, sous Charles VIII, étaient un pantalon à pieds, collant, largement ouvert
sur le devant, et auquel s'attachait le pourpoint au moyen d'aiguilleltes (lig. 9) (voy. en A) ; par dessus ce vêtement on passait le hautde-chausses (voy. en B). Les aiguillettes, qui tenaient aux chausses et passaient à travers des œillets ménagés au bord inférieur du pourpoint, attachaient le haut-de-chausses. Les élégants laissaient