‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 20 sur 76 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

Cape, FiG. 11

CAPE Di: MESSAGER.

Ch. Eggimann, éditeur.

Imp. MoTTEnoz et Martinet

cieuses : ce vêtement tenait, d'ailleurs, à leur qualité' ; ils en recevaient en cadeau lorsqu'on voulait faire honneur à celui qui les envoyait.

Ces capes parées étaient ouvertes par devant, percées de deux trous latéralement, pour passer les bras, et de la goule avec le capuchon (voy. fig. 10). comme la cape (iig. 7). Cela ressemblait foil

au burnous arabe auquel deux fentes latérales A seraient pratiquées pour passer les bras au besoin. Mais il était une manière élégante de porter ce vêtement, c'était de passer un bras par l'une des fentes A, et la tête par l'autre fente A', de telle sorte que le capuchon pendît par derrière sur l'une des épaules, et que l'ouverture B se trouvât placée par conséquent devant cette épaule.

Entre l'ouverture B et la goule étaient faites en C de riches broderies, parfois avec des glands ou franges qui produisaient bon etïet, le vêtement étant porté comme nous venons de le dire. La figure 11 explique cette manière de porter la cape ~. Mais, à dater du commencement du xiv'' siècle, l'ouverture de la cape civile est placée souvent sur le côté droit, afin de laisser au bras toute sa liberté. Nous voyons des capes ainsi figurées et doublées de fourrures dans un tableau représentant l'institution de l'ordre de Bourbon, vers 1362, et, avant cette époque, dans le manuscrit des statuts de l'ordi-e

' La cuiM! des messagers, des hérauts cl IrDiLiiicUcs. inil [iliis tard le iioni de casiiquc. - Voyez dans Gaigiières la statue d(; IMiiliiipe le Hardi, de l'abbaye de Hovauuiord. Cette statue est vêtue d'une cane mise coihiik! celle de la tigure il.

CAPE i

du Saint-Espril on du Nœud, déposé dans le nmsée des Souverains au Louvre (fig. 42) '. La cape fendue du côté droit se retrouve

encore dans le grand costume de l'ordre de la Toison d'or, institué par Philippe le Bon. duc de Bourgogne. Mais cette cape du xv^ siècle est froncée au collet. En voici la description : « Art. xxv... Ledit

< Cet ortlro a élu justitué par Louis d'Anjou, a Naples, en 13d;'..

E. CmiAi/HGT^

« sousciuin eL les clicMiliors de l'urdic i)aicill''iiienl vesUis de niiiu-

\ CEIMIHK 1 — lO't —

" leaux crescarlalc vernioille, entour, par l»as et a la fente, richement « bordez de large semence de fuzils (briquets), cailloux, estincelles « et Iboisons ; fourrez de menu vair, longs jusques à terre '.... »

l'endant le \iV siècle, les bourgeois, aussi bien que les gentilshommes, portaient la cape ouverte latéralement. Nous avons un très-bel exemple de ce vêtement, et de la manière de le porter, sur la tombe de Pierre Derbice, bourgeois de Troyes, décédé en 1348 et enterré dans l'église Saint-Urbain.

Cette dalle gravée, Fune des plus belles qui se puissent voir, sert aujourd'hui de marche d'entrée de chapelle dans l'église Saint- Urbain, et ne lardera guère à être profondément altérée. Déjà la tête, incrustée en marbre, a été enlevée. Nous reproduisons aussi fidèlement que possible (lig. 13) cette remarquable gravure, qui donne une haute idée des dessinateurs de l'école champenoise au xive siècle -.

La cape ouverte latéralement, et la cape ronde ouverte par devant, furent portées par la bourgeoisie pendant tout le cours du xv" siècle. Mais, dans le bas peuple, la cagoule ou la cape froncée comme notre limousine continuèrent à être le vêtement de campagne contre la pluie et les frimas. La cape fendue latéralement est un vêlement élégant d'homme riche, qui ne parait pas être descendu au-dessous de la haute bourgeoisie.

CEINTURE, s. f. {çainture, saincture). Nous ne nous occupons ici que de la ceinture civile : la ceinture militaire, si importante dans le costume des hommes d'armes du moyen âge, trouve sa place dans la partie des Armes.

La ceinture que les hommes portaient en Occident pendant la période carlovingienne retenait la tunique, et n'était habituellement qu'une bande dï'lotîe enroulée autour de la taille. Les Normands, qui portaient des braies dès celle époque (voy. Bhaies), les maintenaient au-dessus des hanches, à laide d'une courroie mince qui passait par des trous pratiqués au bord supérieur du vêlement ; puis une ceinture d'étoffe cachait la jonction du braiel avec le justaucorps qui passait sous ces braies. Au xn" siècle encore, les hommes nobles, dans la vie civile, ne portaient pas habilueilement de ceintures ; les courroies entourant la taille n'étaient adoptées que par les gens du peuple, afin de maintenir la tunique courte. La ceinture faisait cependant partie du vêlement des hommes pendant la période

' Voyez Gaigiières cl Willcniin, M vmmienis français inédils, t. II. pi. 162. * Willciiiin a doniir roiiseiiiMe de ccUc loiiihc, tmiio I, pi. 124.

— Ulo — [ CELMURE ]

luérovingienne : elle serrait la robe au-dessus des hanches, et ces ceintures étaient enriciiies de boucles, de plaques et de bouts de métal. D'ailleurs, la ceinture civile, à cette époque, se distingue de la ceinture mililaire. Celle dernière est babiluellement garnie de boucles et plaques de fer damasquiné, très-larges, tandis que la ceinture civile est munie de boucles de métal d'alliage, de bronze, dargent ou même d'or, assez étroites.

La ligure 1 donne une de ces boucles mérovingiennes d'haljils civils de l'école primitive \ La courroie, fendue à son extrémité, passait sous l'ardillon, tournait aulour de la broche B, était repliée

par-dessous et maintenue au moyen de deux ou trois plaques-rivets, ainsi (|ue l'indique la section A. L'ardillon étail à peu près immobile, et c'était l'anneau G qui, pivotant, permettait de passer l'extrémité opposée de la couri'oie. Ces boucles de ceinture se trouvent en grand nombre dans les tombeaux de la première période mérovingienne, et sont une importation d'origine indo-européenne. Elles ne lardent pas à disparaître.

Dans les fouilles que nous avons fait faire au milieu du Iranssept de l'église abbatiale de Sainl-Denis, nous avons trouvé un certain nombre de sarcophages mérovingiens de l'époque de Dagobert. L'un de ces sarcophages contenait quelques fragments d'étolfe entièi'cment consumés, et les débris d'une ceinture ornée de plaipics d'argent ciselé et doré. Sur la courroie étaient rivées quehiues

' bii imis(''(! du cliàlcMii (lo ('.i)iii]iir;,'ii('. lniiihrs iiirrovlugieuncs. Noire graviii'c est graudciir d'exi'ciilioii.

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