‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 26 sur 76 · CHASUBLE · texte numérisé non relu

CHASUBLE

dit saint Isidore de Séville*; mais elle ne descendait pas au-dessous des chevilles. Pour faire usage de ses bras, le porteur de la chasuble relevait les deux côtés du vêtement au-dessus des poignets, de manière

à former de nombreux plis latéraux ; mais la gêne que ces plis épais devaient causer aux mouvements lit que, dès le xi" siècle, on échancra un peu la chasuble sur les deux côtés correspondant aux bras, et (pi'au lieu d'être ronde, elle devint ovale (lig. 2). On ne voulait pas

toutefois l'ouvrir entièrement, à cause de la tradition attachée à cette robe : « Et parce que la chasuble est l'unique vêtement de son « espèce », dit Guillaume Durand ; « entière et fermée de toutes << parts, elle signiiie l'unité de la foi et son intégrité-. » Il semblerait que, pendant les x° et xi* siècles, il y eût de l'hésitation dans la façon de tailler la chasuble. Quelques monuments de ces époques la représentent plus courte par devant que par derrière. Et bien qu'on ne puisse pas toujours s'en rapporter aux représentations grossières de ce temps, cependant elles exagèrent plutôt certaines dispo-

' " Quia iuslar parvœ casiP, totuiii lioiniujiii tcgebat. » - lialiojiale, lib. I, ('ap. vu.

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Sillons des vêlements qu'elles ne les dissimiilenl. La figure 3 représenle un évèque porleur d'une chasuble évidemment plus courle devant que derrière ». Une large broderie, ou peut-être ramirl poartourne l'ouverture du cou. Le bord inférieur de la chasuble

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est également garni d'un riche galon. Un autre exemple tiré de la tapisserie de Baveux, attribuée à la reine Mathilde, mais d'une époque un peu plus récente, comme on sait, nous montre l'archevêque Stigant revêtu d'une chasuble très-courte sur le devant et tombant, par derrière, à la hauteur des jarrets. Sur la chasuble est

' Conuncnt. llmnunis epmopi. l;il,Iio(l,. i,n,,rr.. fonds Saiut-Gcn.min lalin. u» ;]n.j.

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posé le pallium (lig. 4). AdmeUons que celte forme ail été suivie, pendant les x"^ et xi^ siècles, dans quelques diocèses; car il faut dire (|u'aloi's il régnait une certaine anarchie dans la coupe des vêtements épiscopaux. On revint, pendant le xn° siècle, à la chasuble également tombante par devant et par derrière. Indépendamment des peintures el des bas-reliefs de celte époque, qui ne peuvent, à cet égard, laisser subsister le moindre doute, nous possédons encore

STIGANT

ipiehjues-unes de ces chasubles; el, entre autres, celle de saint Thomas Beckel, déposée dans le trésor de la cathédrale de Sens. Ce vêtement aulhentiiiue n'est plus la planète ronde, ni même ovale de la primitive Église ; il est coupé en forme de large entonnoir, alin de donner sur les bras un amas moins considérable de plis. La ligure 5 Itrésente en A la chasuble de saint Thomas Beckel par devant, et en I) par derrière. Coupée dans une élolîe de soie violet très-sombrc, elle est décorée par devant d(î broderies d'or faites à la main, représentant deux séraphins sur la poitrine et des rinceaux à la hauteur des clavicules. Sur le dos, il existe de même un bel orneiiit'jit brodé en or. Des galons récents, mais qui remplacent l'anciennc passementerie d'oi', divisent cette chasuble d'une manière irès-origiiuile et qui produit un excellent ellet lorsqu'elle est portée.

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