‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 28 sur 76 · Tome 3 ■ PL IH · texte numérisé non relu

Tome 3 ■ PL IH

ùollelle Duc direxit.

CHASUBLE DU TRESOR DE SAINT SERNIN à Toulouse

V^" A Morel 8 créditeurs

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— 147 — f CHASUBLE ]

Il existe dans le trésor de l'église Saiiit-Sernin de Toulouse une chasuble qu'on suppose avoir été portée par saint Dominique, et qui est certainement d'une date plus récente*. Celte chasuble, dont la figure 7 donne le trait, est faite d'une étoffe de soie à fond pourpre foncé, sur lequel se détachent des rinceaux d'un pourpre chaud, clair, des paons et des pélicans lissés d'or, rehaussés de vert.

Entre les paons, dont la queue est éployée, on lit, en lettres vertes, paone, et sur les ailes des pélicans, en or, hélice pour pelice ou pelicano. Celte étoffe, reproduite dans notre planche III, est d'un merveilleux effet. "^

Devant la chasuble est cousu un oi'froi brodé en soie de couleur, à la main, et représentant des saints personnages nimbés sur un fond frisé or. Autour du cou est une bordure fine également brodée et figurant des feuillages alternativement verts et rouges sui' fond or. Cette chasuble, portée, donne des plis plus heureux encore que celle de saint Thomas Becket, en ce que la partie inférieure est, relativement à )a longueur des côtés droits, plus ample. Les bras sont moins chargés et l'étoffe drape mieux sur le devant. C'est à dater de celte

' Siii.il I>i)iiiiiiiiiu(' iiiouriil (Ml \i-2\. l't ccUc cliiisuhli'. suit coimiie lissu. soil l'oiiinie broili'i'ic's, st'iiililcrait ilalcr du milieu du xiii'" sièflo.

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époque ' que le devant des chasubles est fréquemment décoré d'orfrois, de broderies avec personnages. L'étoffe du corps de la chasuble est un très-beau tissu qui, à en juger d'après les inscriptions latines et non arabes ou grecques, appartient à la fabrication occidentale-.

La forme de la chasuble ne se modilîe guère pendant tout le cours du xni^ siècle et le commencement du xive. Ce n'est que vers la fin de ce siècle que la chasuble prend un peu moins de longueur dans la partie qui recouvre les bras, et un peu plus d'ampleur dans sa partie inférieure, bien que son extrémité soit taillée en pointe. On obtenait ainsi des plis latéraux plus amples et l'on embarrassait moins les mouvements. Ces chasubles sont faites, d'ailleurs, d'étotfes trèssouples, de manière à donner des plis délicals. Une belle statue d'évêque, d'albâtre gris, qui fait partie du musée de Toulouse (fig. 8), explique mieux que toute description le port de ce vêtement vers la fin du xiv^ siècle. Ici l'amict forme un large collet souple, et les bords du linge tombent sur la chasuble. La crosse, conformément à l'usage de quelques diocèses du Midi, est ornée du sudariiim, trèsample. L'évêque porte une tunique à manches larges par-dessus l'aube. L'étole dépasse le bas de la tunique ^

Au xve siècle, la chasuble devient moins ample encore sur les bras, elle s'arrondit par le bas et se charge sur le devant d'orfrois trèsriches. Les étoffes dont elles sont faites sont moins souples, forment des plis plus cassés et qui épousent moins bien la forme du corps. Au xvi^ siècle, on exagère encore cette dernière mode, et l'on arrive, au xvn', à la forme de la chasuble moderne, qui ne recouvre plus les bras et se compose de deux pans d'étolïe roide tombant devant et derrière. D'un très-beau vêtement on en vint ainsi à faire un ornement difi"orme, qui donne à celui qui le porte l'apparence d'un énorme coléoptère.

Le pallium était porté sur la chasuble (voy. Pallium).

CHAUSSES, s. f. pi. {chauc.es, huesea). Vers les derniers temps du moyen âge, les chausses s'entendent comme braies, c'est-à-dire

1 Milieu (lu \iw siècle.

- Voyez la partie qui trailc des étoffes.

^ Nous renvoyons le lecteur, pour hieu connaître le i.mt des chasubles pendant les xii«, xiii" et .\iv siècles, aux belles statues des cathédrales de Paris, de Chartres. d'Aniiens, de Reims, de Limoges. Ces figures, ayant été gravées et photographiées bien des l'ois, soûl entre les mains de lout le monde.

DICTIONNAIRE DU MOBILIER FRANÇAIS Tome III. Chasuble, fig. 8.

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