‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 29 sur 76 · CU:U'/M/M · texte numérisé non relu

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CHASUBLE EPISCOPALK (xiv siècle)

Cii. Eggi.mann, éditeur.

Imp. MoTTEBOz et Mautinet.

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comme caleçon s'attacliant à la ceinture et descendant aux genoux (voy. Braies). Mais il y a là confusion dans les appellations. Les chausses sont bien ce que nous appelons aujourd'hui bas, c'est-àdire le vêlement des jambes et des pieds. Quelquefois ces chausses étaient assez longues pour composer le vêtement auquel aujourd'liui on donne le nom de maillot, et ne former qu'un avec les braies. Alors, c'était le nom de braies à pieds ou braies chaussées qui leur convenait. A l'article Braies, nous donnons des exemples de cette extension du vêtement inférieur, qui se composait ainsi du hant-dechausses et du bas-de-cliausses, d'où nous avons conservé les mots bas et chaussettes.

On appelait chausses semelées, des bas ou chaussettes garnis de semelles de cuir.

Les chausses étaient souvent d'une autre couleur et d'une autre étotïe que les braies; on en faisait de drap, de tricot, de laine ou de soie; et dès les premiers temps du moyen âge ces chausses étaient

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brodées, ou garnies de passementeries et même de perles ou de pierres précieuses.

Les chausses, chez les populations des Gaules, remontaient jusqu'aux genoux, et étaient maintenues non pas seulement par des jarretières, mais par des lanières qui, parlant de la cheville, s'enroulaient autour de la jambe pour venir s'attacher au-dessous du genou. Les braies amples tombaient à peu près à la même hauteur sous la tunique. Le coffre d'ivoire conservé dans le trésor de la cathédrale de Troyes, et qui date du vni" siècle, montre deux empereurs ainsi chaussés'. Un manuscrit de la Bibliothèque impériale, du x" siècle -, donne un personnage coiffé de la couronne carrée et nimbé, dont les jambes sont vêtues déchausses ainsi posées (fig. i). Entre les chausses et la tunique, la jambe reste nue ; ici les braies font défaut, suivant la coutume de ceilaines peuplades du Nord^ Ces chausses basses sont souvent formées de deux pièces : une molletière, et une chaussette semelée (ainsi que le montre notre figure) venant recouvrir la molletière. Le galon de passementerie S(!rrait le tout ensemble. De petites bosselles de mêlai ornaient parfois ces chausses, faites de tricot de laine ou d'étoffe feutrée. C'était là un excellent vêtement de jambe pour la marche, à la fois souple et serré. Les hommes les portaient en toutes circonslances pendant la période cariovingienne, et l'empereur Chaiiemagne se conformait en cela à l'usage général, car il était représenté avec ces sortes de chausses sur la mosaïque de Sainte-Agnès {intra muros) de Rome \ laquelle avait été faite de son temps.

Dans la tapisserie de Baveux, on voit les hommes non armés vêtus de braies très-larges sous lesquelles s'attachent les chausses, qui remplissent exactement la fonction de nos bas et qui étaient faite> de tricot ou de drap feutré.

A la fin du xi^ siècle, les gens du peuple, les petits bourgeois, les paysans, se mirent à porter des chausses basses ne montant qu'audessous du mollet. Ces chausses, faites de grosse laine et feutrées, étaient posées, soit directement sur la peau, chez les pauvres gens, soit sur de longues chausses beaucoup plus fines. Lorsqu'on voulait marcher dans la boue, on mettait par-dessus ces chausses des patins de bois, usage, d'ailleurs, fort ancien dans le nord des Gaules.

' Travail byzantin ; niiiis les coslunies des deux enipereuis sout occidentaux. 2 Fonds Saint-Oerniain des Prés, n" ."lO.

•^ Les Écossais ont seuls conservé cet usage, très-répandu dans les (laules dès avant l'invasion romaiue.

'» Ciampini.

— loi — [ CHAUSSES ]

Un des bas-reliefs de la porte principale de l'église abbatiale de Vézelay 1 nous montre un paysan, dont les jambes sont ainsi garnies de leurs chausses basses et de patins retenus par des courroies

(fig. 2

Les courtes chausses furent longtemps conservées dans les classes inférieures. On en voit figurer sur les bas-reliefs des xn° et xn' siècles. Ce sont (fig. 3) de véritables chaussettes épaisses, drapées, pardessus lesquelles on mettait des patins ou galoches pour sortir-.

Ces chaussettes ne dispensaient pas de porter les braies ou les hautes chausses à pieds ou sans pieds. Ces hautes chausses, qui n'étaient (jue les braies divisées en deux, parties indépendantes l'une de laulre, s'attachaient séparément à une ceinture ou au pourpoint au moyen d'aiguillettes. Les gens de la campagne portèrent longtemps

' Derniôrcs années <lu xi^ si(H-lc; sous la lril)iuie ilii pDrclie.

'^ l5u,s-roliefs des occiipalions de ranm'-o (hiver), portail ucciilL'nlai df la cathédrale d'Amie is.

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