‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 39 sur 76 · III · texte numérisé non relu

III

[ COL, COLLET

visibles, fermaient ces collets hauts par devant, et il fallait qu'ils suivissent exactement la forme du cou et des épaules. Un étroit passepoil de fourrure les bordait par le haut, et laissait k peine voir le bord frisé d'une chemisette plissée embrassant totalement le cou. Une chaîne, ou ganse d'or, était posée à la base de ce collet et portail un petit médaillon. Celle mode dura peu (1390 à 1405). A dater de cette dernière époque, la coupe des robes de femme, à la ville ou parées,

laissait le cou nu. Ces robes étaient ajustées à la taille, les manches étroites et longues ; un large collet de fourrure s'étalait sur les épaules, le dos et la poitrine. Dessous ce collet, lorsque les dames sortaient par la ville à pied ou montées sur une haquenée, on posait une sorte de collerette de velours noir avec collier d'or par-dessus (fig. 8) '. Cette parure ne convenait toutefois qu'aux dames nobles et aux riches bourgeoises, qui dès lors ne se faisaient pas faute d'imiter les modes delà noblesse. Les jeunes femmes très-élégantes

1 M.iiiiisrr. lîililiiitli. iiiipri'., Frùissarl, tVauf.ais. environ liiU.

[ COI.I.lKll

et parées portaient des robes à collets en pointe descendant jusqu'à la ceinture, qui était large et placée haut. Ces collets dégageaient le cou et laissaient voir une partie de la gorge. Us étaient doublés de fourrure, et par-dessous passait une collerette unie empesée, de fine

toile de batiste (fig. 9) '. Plus lard - les dames se décolletèrent beaucoup plus encore lorsqu'elles se paraient, et les collets s'ouvrirent davantage en descendant jusque sur les bras. Ces collets étaient dits rebrassés :

« Dames a rebrassez eollelz.

'■ De queli'ouque eoiulicion,

" Portant attours et hourrcle'./,

" Mort saisit saus exception ^. »

Ces collets rebrassez ^ étaient bordés de fourrures, amples, droits par derrière, ou parfois en pointe, si les dames qui les portaient tenaient à être très-décolletées. (Voy. Corset, Robe, Surcot.)

COLLIER, s m. On sait le goût des peuples de l'antiquité pour les colliers. En Egypte, en Asie, les hommes en portaient aussi bien

1 Manuscr. l.ililinlli. iiiiprr., Fi'oissarl.

- 14G0 (Uivirou.

^ Gra7id Testoiuent île Vilion, stropli. xxxix.

■' Voyez Ordonn. sompi. du xv<" siècle. Les rebras étaieul des bordures d'une eouleur et d'uue ('ilotïe difîéreutes de celles de la l'obe, ou (!.• fourrurçs d'hermine, de menu vair, d'écureuil, de marti-e. di' loutre,

\ m.uKW ] — 260 —

que les femmes. Cliez les Grecs el les Romains, celle parure fut réservée aux femmes seulement. Les Gaulois portaient des colliers de diverses matières, d'or, d'argent, de pâle de verre, de grains d'ambre. Il en était de même chez les peuplades de la Germanie, et les barbares qui envahirent les Gaules paraient leur cou de colliers très-riches. Cependant, de l'époque carlovingienne jusqu'au XIV* siècle, il ne paraît pas que les hommes, non plus que les femmes, aient porté des colliers. Ce bijou n'apparaît guère sur les statues et

dans les peintures que vers le règne de Ciharles V. Dans Xlmentaire de l'argenterie des rois de France, dressé en looo, il est question d'un bijou appelé p^H^r/co/ , el qui n'était autre qu'un médaillon à pendre au cou * après les grosses chaînes d'or (|ue les hommes portaient déjà sur la cotte et le corset ou surcot, et qui furent si fort à la mode à la fin du xive siècle. Ces colliers d'homme prenaient diverses formes : grosses chaînes à chaînons ou en gourmette, chaînelles à deux ou trois rangs, torsades avec pendeloques et grelots, feuilles d'or découpées (fig. 1), grosses perles d'or 2.

Alors, sur la robe à collet montant, les femmes portaient également des colliers d'or (voy. Collet, lig. 7). Parmi tant de bijoux que contient l'inventaire du trésor de Charles V, il n'est fait mention que d'un Irès-pelil nombre de colliers.

Voici l'un des plus riches : « Ung collier d'or à charnières, où est

' » Un iieiilMcol où il y avoit 12 perles el :j éiiiiTainles camahieu garni de jjerles et de jtierreries. »

* Manuscr. Bibliolh. iiiipér., tVaueais, Triatan et Yseidf, t

. Ua jieulaeol à ymages. d'uu (liu du xiV siècle).

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