III. — -Vo
[ COIÎSKT ] — 27 i —
« (jueslion. C'esl dans une lellre de rémission de rannée 1359 : « Osterent avec ce nus dictes femmes troys jupons appelez corsez^. » C'esl qu'en effet il élait alors assez difficile de distinguer le corset (robe de dessus) des femmes de la robe de dessous. La coupe était à peu près la même ; le corset était juste à la taille comme la cotte ou robe de dessous; il avait une jupe ronde en clocbe. Or, le mot robe n'était qu'un terme général et s'entendait comme tout vêtement long. Ainsi, ipour chemise on disait souvent robe-linge : « Jeban le Bas fust con- « dempnez d'aler des prisons tout nu en robe-linge par toute la ville « et lieux publiques de Montpellier (1392)2. De même aussi appelait-on robe tout vêtement à manches d'bomme et de femme qu'on donnait à certaines occasions, comme une sorte de livrée, aux personnes qui faisaient partie de la suite d'un grand seigneur. Ces robes étaient, ou des cottes-hardies, ou des corsets, ou des surcots, pelisses et manteaux. Les mots jupes et jupons pouvaient donc beaucoup mieux être appliqués au corset de femme que le mot robe, trop général, par des personnes étrangères aux usages de la toilette. Voici (fig. 7) un corset de dame noble vers 1320'. Ce vêlement n'est autre chose qu'une robe de dessus. Il est décolleté tout autant que la robe de dessous, et colle sur la poitrine et aux épaules. Les manches sont montées avec épaulelles qui renforcent le corsage au point où il pourrait glisser sur les épaules, en bridant un peu celles-ci. Ce corsage est lacé par derrière, ainsi que l'était le bliaut du xn« siècle. A partir du coude, les manches ne forment plus que des bandes étroites tombant jusqu'à terre et doublées de fourrure, ainsi que tout le vêlement. Ces manches sont même parfois (vers 1340) comme de véritables rubans minces, entourant le bras au-dessus de la saignée et tombant jusqu'à terre (voy. Cotte, fig. 12) ; ces bandes ne sont pas toujours de la même couleur que celles du corset, mais sont doublées de fourrure. Au-dessous de la taille, sur le devant de la jupe, sont ménagées deux ouvertures dans lesquelles on passe les mains comme dans un manchon, pour les tenir chaudement; elles permettent de relever le devant de ce vêlement lourd, puisqu'il élait fourré, et dont la longueur eût gêné la marche. Ces corsets du commencement du xiv" siècle, très-décolletés, étaient complétés d'un chapei'on qui, comme on sait, pouvait, lorsqu'on Venfourmait, couvrir complètement b^s épaules (voy. Chaperon) : « Ledit Robert,
' 1. rog. 87, 1)0 22'f.
^ liufjfi, eu iliilii'ii, s'cnlciid coniiiu' loul avoir lr,aisi)()rtal)lu. (Voy. du Caugo, Iîoba.
■' Lance lot du f-rtc, manuscr. BiWioth. iiiipôr., français (1320 environ^.
(( pour fourreures d'un corset ront d'escarlale pour maclicte dame « (reine de Navarre, 13o2), une fourreure de menu vair de 160 ven- « 1res ; pour manches, 24 ; pour un chaperon à enfourmer, 90 ven- « très. Somme, 274 ventres, 18 1. S s. 4 d. — Pour 12 ermines et (( 48 létices à pourliller le corset et chaperon dessus diz, 16 d. pour
« rcrmine et 8 s. pour hi lélice, 16 1. 16 s. p. Pour tout, 3o 1. ;< 16 d. pJ. » On voit, en elîet, dans les peintures de cette époque (commencement du xiv° siècle), les femmes décolletées, ayant un
' l.i)ti( es. /eli'ssfis, haiiilcs tirs-ôtioiles (lu loiiiriirc |in'|tarc'cs jKJiir le pmu'tilajje des vêteiuciits fourrés.
\ rousKT ] — 27fi —
chaperon sur leur bras ou jelé sur les épaules (fig. 8)' en manière
d'écharpe. La forme des corsets de chambre, de char ou « parer,
était la même, et ces derniers vêlements ne dilïêraient des aulres que par la richesse de rélofïe mise en œuvre. Outre le chaperon,
' Lnncelot du Lnc, nianuscr. IJililiotli. imp6r., français (1320 environ).
SOUS le corsnge, lorsqu'il faisait froid et que les femmes étaient en char ou montaient h cheval, elles posaient une sorte de guimpe de velours qui couvrait les épaules. La figure 9 donne la coupe du corset de 1320 par devant. Ajustée à la taille jusqu'aux hanches, la jupe était très-ample et très-longue par le bas. On voit en a a les deux ouvertures qui servaient à passer les mains pour les tenir chau-
dément et relever le devant de la jupe, un peu plus longue par derrière que par devant, ainsi que l'indique le tracé en b. Une passementerie A. piquée sur l'épaule, consolidait l'épaulelte très-étroite du corsage. Cependant, les manches, ou plutôt ces bandes fourrées qui prolongeaient les manches, étaient, vers 1370', taillées plus larges
1 Tiiafrm et Yseult, manuscr. lîililinlli. iiii|)i'r., fran(;ais (11570 onvirnn).
COIISKT
- ii78 —
et ne serraient plus le haut du bras; mais la taille du corset continuait h être ajustée et lacée par derrière sans ceinture. Plus tard encore (1390j, on voit les corsets de femme conserver leurs longues manches en façon^ de bandes fourrées ; les corsages sont ajustés
quelquefois au moyen d'une fronce qui fait le tour de la taille ; ils ne sont plus invariablement décolletés, mais, au contraire, couvrent les épaules et garantissent le cou au moyen d'un collet montant derrière la nuque. Ils sont ouverts devant et attachés par des boutons (fig. 10)*.
De 1390 à 1400, il était de mode de porter des collets très-hauts,
' tancelot ilv. Lac, nininiscr. lîililinll;. imiK'r., IVaiK.-iiis [l.'J'.IO cuviroi!),
— nid — [ CUITE ]
aussi bien pour les liommes que pour les femmes. Toutefois, ces collets hauts ne tenaient qu'aux corsets de voyage ou de chambre ; quant aux corsets à parer, ils restaient décolletés (voy. Suacoi). La forme longue et étroite des pentes des manches explique parfaitement pourquoi il était nécessaire de les maintenir entre des ais, lorsque le vêtement n'était point porté ; il ne fallait pas (jue ces bandes prissent de faux plis, ce qui eût produit le plus mauvais effet, mais qu'elles tombassent droit le long de la jupe.
Vers 14i0, les corsets des femmes sont garnis de manches barbelées ; les corsages sont séparés de la jupe par derrière et forment un pli horizontal à la hauteur des reins, puis descendent par devant sans ceinture, jusqu'aux pieds. Les jupes sont fendues latéralement avec agréments de passementerie ou brodés (fig. 14) i ; elles possèdent aussi les deux ouvertures antérieures qui servent de manchons et qui permettent de relever le devant de la robe pour marclier. Ces corsets, comme précédemment, sont très-décolletés, et les épaules n'étaient couvertes, en campagne, que par le chaperon, soit enfourmé, c'est-cà-dire posé comme un capuchon avec camad, soit jeté sur le cou comme une écharpe. Il ne paraît pas que ce vêtement ait persisté au-delà du commencement du xv° siècle ; il est remplacé par le surcot, qui, avec le peliçon et le manteau, est le seul vêtement de dessus admis.
A la lin de ce siècle^ le mot corset ne s'applique plus qu'au vêtement spécial de dessous, destiné à serrer la taille et à maintenir la gorge ; mais le mot corps est conservé à la partie du vêtement féminin qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de corsage.
COTTE, s. f. {cote, cotelle, cotellette, cotielle, keutisèle, liérigaiit, cotte-hardie). Le mot cota ou cotta est employé, dès le xn° siècle, pour désigner une tunique à manches, commune aux hommes et aux femmes. La cotte est même mentionnée comme vêtement spécial aux clercs jusqu'au xiv^ siècle-. C'est donc, à proprement parler, la tunique. Mais, de l'époque carlovingienne au xvi" siècle, sa forme subit des modifications nombreuses. Elle est courte ou longue, fendue par devant ou sur les côtés, à manches larges ou étroites, avec ou sans ceinture ; pour les femmes, avec corsage serré ou lâche, traînante ou tombant à la hauteur des chevilles, ample ou étroite, ajustée à la taille et aux hanches, ou à plis avec ceinture.
' !.n Livre des mervei/les du )no7ide,m\m\!\vv. IJihliolli. iiiii)i'T.,l'r;uii;:iis (liOià lilT). 2 Du (lange, Glos.inùc, (Iota.
Nous nous occuperons d'abord de, la colle des hommes. Elle est
parfois désignée comme cliemise de dessus', et c'est qu'en elTet la colle est le vêtement posé immédiatement sur la chemise, et qui
' » Cotta s(Mi caiiiisia .sii|]('raii(;a. »
appartient à toutes les classes, aux nobles comme aux vilains. Au X" siècle, la cotte est une tunique à manches justes, assez ouverte par le haut pour laisser passer la lête et ne descendant que jusqu'aux genoux ; large à la hauteur de la taille, elle est maintenue autour des reins par une ceinture sur laquelle ses plis retombent. Ce vêtement est de même coupe pour toutes les classes. Ainsi (fig. 1), la coite (luc les artistes de cette époque donnent aux souverains est exactement celle que portent les gens du peuple. La vignette A représente le roi Salomon recevant la reine de Saba, et
celle B un homme du peuple \. Il ne seml)le pas que cette cotte soit fendue sur le devant ou sur les côtés : habituellement rcxtrémité des manches et le bas de la jupe sont garnis de broderies ou passementeries ; des bandes ornées sont cousues en A (lig. 2), un peu au-dessous de l'épaule, et l'ouverture C du cou est placée à côté d'un carré de broderie B qui couvre une partie de la poitrine. C'est sur ce patron que sont taillées les tuniques dites de Charlemagne que l'on voit ligurées dans l'ouvrage publié à Nuremberg en 1790 -. Ces broderies sur les bras et la poitrine sont une importation byzantine. Plus tard, vers la lin du xi'^ siècle, les jupes s'allongent, les manches
' Mnmiscr. r)ilili()lli. iiiipr'i'.. liililc, l'omis S:iiiil-(H'i-iii:iiii. l;iliii. X'' sirclc. - Voyez les liuiiqucs dites de ('.li;irk'in;ii;ii(' (Willciiiiii, I. I;.
sont tenues plus larges et quelque peu ouvertes à leur extrémité ;
la ceinture disparaît, et le vêtement ne seire la taille qu'au moyen d'agrafes posées sur les bords d'une ouverture pratiquée au dos (fig. 3) 1.
La cotte (voy. le patron de la face postérieure A) est, de a en b, coupée à peu près juste h la taille ; une fente pratiquée de c en rf, munie d'agrafes, facilite le passage des épaules par la partie étroite
(ib, en permettant de la distendre. Lorsque la cotte est passée au cou et aux bras, on rapproclie les deux côtés de la fente au moyen des agrafes, et la taille se trouve suffisamment serrée pour ne pas gêner les mouvements. La jupe est taillée très-ample à son extrémité inférieure, et forme ainsi de nombreux plis. Les mancbes s'élargissent près du poignet, sont un peu fendues à leur extrémité pour former retroussis et dégager la main. Les manches serrées de la
1 Pcrsonuagos sculptés siii- los fliapilcaiix de la iirl' de régliso al)lialiali' de Vczclay et sur le liuleau de la porte priuciiiale (HOU euviroij).
chemise paraissent aux poignets ; liabitiielleraent un manteau plus ou moins long, attaché sur l'épaule, couvre le dos et ne laisse pas voir Tagrafure. La jupe de cette cotte est très-fréquemment tenue plus longue par derrière que par devant, mais n'est pas fendue. On voit dans les peintures de la voûte de Téglise abbatiale de Saint- Savin, en Poitou, des personnages revêtus de la cotte descendant aux genoux, avec ceinture à la taille recouverte par les plis de Tétoffe, riche galon formant collier et descendant droit sur la poitrine jusqu'au nombril ; les manches de ces cottes sont serrées, avec poignets ornés de passementeries et de pierreries. Ces peintures datent de la tin du xf siècle. Les personnages importants, les vieillards, portent la tunique très-longue , très-ample, avec ceinture
que recouvre la partie supérieure du vêtement. Les manches de ces sortes de tuniques sont beaucoup plus longues que les bras, taillées en large fourreau (llg. 4) *. Ces vêtements paraissent coupés dans des étoffes très-fines et souples. Lorsqu'on laissait pendre les bras, ces longues manches descendaient, en recouvrant les mains, jusqu'au dessous des genoux. A leur extrémité, elles étaient plissées à petits plis transversaux réguliers, de manière à pouvoir être relevées facilement sur le poignet. Quelquefois, pendant le xn* siècle, la cotte ne possède qu'une seule manche longue, celle du bras gauche, afin de servir au besoin de manchon ; la main droite restait découverte -.
' Personnage sculpté sur uu ries voussoirs lie l.i porto principale de l'église abbatiale de Vézelay (1100 environ).
2 Manuscr. de Herrade de Landsberg, xn^ siècle, bililioUi. di' Strasbourg (vny. la vignette représentant X Adoration du veau d'or).
— 28o — [ COTTE ]
A la même époque, les gens du peuple, les ouvriers, portaient des cottes dont la coupe était la même que celle donnée ligure 2 ; et en travaillant, ils relevaient dans la ceinture les pans de la jupe et de la tunique de dessous , ou chemise , qui tombait sur les braies (fig. 5) '. Alors aussi certaines cottes de cérémonie, chez les nobles, étaient très-longues; une sorte d'écharpe ou de ceinture en étolTe roide, posée lâche, entourait la taille. Le manuscrit de Herrade de Landsberg 2 nous montre le roi Pharaon ayant derrière son trône un personnage portant l'épée du prince. Cette manière de connétable est vêtu d'une longue tunique mi-partie ; une ceinture large, paraissant être faite d'une étoffe roide, entoure négligemment la taille et laisse tomber un de ses bouts par devant jusqu'à la hauteur des genoux. La jupe est fendue et profondément barbelée par le bas; une courroie tenant au fourreau de l'épée passe dans cette fente pour s'attacher probablement sous la cotte (fig. 6). Les manches sont justes et ornées aux poignets et aux arrière-bras de larges bandes de passementerie. Les grands personnages , dans les provinces de l'Ouest, portaient, vers le milieu du xu° siècle, la cotte longue tombant sur les pieds par-dessous le bliaut (voy. les statues du portail Royal de la cathédrale de Chartres, 4i4o). Cette longue tunique était même, dans certains cas, un vêtement de chevauchée jusque vers 1180. Il fallait que sa jupe fût assez ample et faite d'étoffe assez fine et souple pour ne point gêner sur la selle ; fendue par devant et par derrière, elle permettait d'ailleurs d'enfourcher le cheval ; quant au bliaut qui la couvrait, il était fendu latéralement ou seulement par derrière. Le beau Psautier de la Bibliothèque impériale, qui date de 1180 à 1200 ^ montre parmi les vignettes françaises un certain nombre de ces gentilshommes ainsi vêtus à cheval, sous le bliaut et le manteau (fig. 6 bis). L'artiste a prétendu représenter un des rois mages. La cotte, longue tunique qui descend jusqu'aux pieds, est blanche ; le bliaut à manches justes, mais qui laisse apparaître l'étoffe de la cotte aux poignets, est bleu, avec riche bordure d'or au bas, et ceinture. Le manteau est de couleur brune et la barrette est blanche. Les harnais du palefroi sont rendus avec une grande précision ; la selle est rouge, avec arçons, cuiller d'or et couverture couleur ardoise piquée de blanc
' Manuscr. ili; la hihlioUi. ilc Strashoiii'g. Hcrrailo (W. LaïKlshcru (voy. la vigiiclle repn''Sontanl la Construction de la four de linliel. ll.'ld environ).
2 x:i<" siècle.
3 Admirables vignettes (le l'école française de 1100 l'nviron.
[ r.OT'IK ]
(voy. Harnais). A la mémo époque, les hommes du peuple sont vêtus de la colle descendant à mi-jambe, fendue par devant, avec
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ou sans ceinture, mais ne portent pas le bljaut, vêtement noble, sur cette tunique.
— :i>87 — [ COTTK ]
La colle des hommes nobles, pendanl le xiii'= siècle, descend audessous des genoux ; elle est à manches élroiles, un peu fendue sur le devant du cou pour faciliter le passage de la tête, et des deux côtés de la jupe jusqu'à la hauteur des hanches, pour permettre de monter à cheval. Celle des vilains est plus courte de jupe et ne dépasse guère les genoux.
.loinville rapporte ijue le roi saint Louis venait souvent au jardin de Paris (au Palais), « une cote de chamelot veslue, un seurcot de '< tyreteinne sanz manches, un mantel de ccndal noir entour son « col, moût bien pigniez et sans coife, et un chapel de paon blanc « sur sa teste, et fesoit cstendre tapis pour nous seoir entour li '.»
' Vjv. f!ist. de saint Louis, par Jean, sire de Joinvillt^, piihl. par M. Nalalis de Wailly. Il faut dire que Louis IX était d'une extrême simplicité dans ses habits, et que
[ COTTIi:
Celle manière de se vêlir se conserva depuis la tin du règne de IMiilippe-Augusle jusque vers i270, et, quand on mellail un surcot sur la colle, il fallait que celle-ci dépassât ce surcot par le bas de quelques doigts. Il était rare que celte cotte ne fût pas serrée autour de la taille par une ceinture , tandis que le surcot des hommes en était dépourvu. Si les manches de la cotte des hommes étaient justes du coude au poignet, avec quelques boulons pour
permettre le passage de la main, elles s'élargissaient du coude à l'épaule, alin de laisser les aisselles libres. Ces vêtements étaient faits de drap léger de laine ou de drap de soie : « Dariere ces trois « barons (Enguerrans de Coucy, Ymbers de Biaugeu et Herchan- « baus de Bourbon) avoil bien trente de lour chevaliers en colles « de drap de soie, pour ans garder *. » Vers la lin du xni'' siècle, la
c.L'tlo siiiiplicitr fut pousséi' à IV'xci's, pour le toiiips, après suu rotour d'Egypte : » I-i « hciioiz roys estoit nierveiUeusenicut humbles eu robes et en appareil. Eius que il vint « (l'outre nier a la première foiz (]uc il passa, il vesti puisque touz jours robes de pcrs ou « <le bleu taut seulement, ou de cauielin ou de noire brunete ou de soie noire et lessa « touz paremeus d"or et dargeut en ses seles et en les freins et eu autres choses de tcle « manière et toutes robes de couleurs fors de celés dessus dites ; ne il uot puis panes de « ver ne de gris en ses robes ou en ses couvertoucrs, mes de counius ou d'aigniaus, et « non pourquantil avoit couvcrtouers de dos de escureus et de pennes de noirs aigniaus
« et ot aucune foiz niantel fourre de pennes d'aigniaux blans Et avecques ce puis
(1 qu'il revint d'outre mer il n'avoit freins ne espérons fors que de fer et de blanches » seles. » {Hist. de lu vie et des miractcs du roij suint Louis, lîibliolh. inipcr., français, 129'), environ.)
' Le sire de .loiuville, Uist. de saint Louis, cour Icnuc jiar le rni ii Saunuir.
coite des hommes prend diverses formes : les unes, qui appartiennent aux habits de cérémonie, sont longues, descendent aux chevilles, tombent droit sans ceinture (lig. 7) *, et sont portées avec le surcot ou le manteau ; d'autres, plus courtes, de même sans ceinture, composent une partie importante du vêtement de ville des gentilshommes. On les porte avec le chaperon, dont le camail oi-né de longues barbelures tombe jusqu'à la saignée (lig. 8) ^. Dans
l'exemple que nous présentons ici, la colle est brune, le chaperon bleu clair doublé de blanc, et les chausses sont vert gris. Si la température est froide, le chaperon est remplacé par un corset, un surcot ou un pelicon de couleur sombre. C'est à la même époque, c'est-à-dire vers i3o0, que les hommes commencent à porter la cotte hardie. Celle-ci est courte, sans plis, ajustée à la, taille, sur
1 l'iiiliiipc 11' llarili. Mainiscr. de lu liililiolh. iiiiin'i. , llisl. delà vie et des tniracles de saint Louis ((U-niières uiiiKk's du xiii» siècle).
- Manuscr. liihliulli. iiii]i('r.. [jiticelut du La:', tVaiiçais (l.'iiO fiixiroif.
la iioilrinc cl les hanches, el est fermée par devant au moyen da boulons (lig. 9) '. De petits boutons Irès-rapprochés permettent de serrer les bouts des manches du coude au poignet. Avec celte colle on portail aussi le chaperon barbelé et la ceinture basse d'orfèvrerie, à laquelle était suspendue la longue dague. Ce vêle-
ment, propre à monter à cheval, porté à la ville el en campagne de '1350 à 1380, avec quelques légères modifications, est d'une coupe gracieuse ; on lui donnait aussi le nom de cotte à chevaucher, el il appartenait aux gentilshommes. Dans cet exemple, la cotte est jaune orange, le chaperon rouge avec agréments el les chausses vertes. Il est à observer que ces colles hardies sont habituellement de couleurs claires, unies; on ne commence guère à les faire d'étoffes brochées ou lissées de diverses nuances, ou mi-parties, que vers 1360. Alors aussi la colle hardie se compose de deux vêlements superposés : l'un, celui de dessous, avec manches très-justes et capuchon étroit; le second, celui de dessus, avec manches un peu
* Mène mauuscrit.
plus amples, mais ne dépassant pas les coudes. Une large bande de drap d^or ou de passementerie accompagne le col, très- ouvert et
If)
recouvert en partie par le capuchon. Le corsage est bouihé, lorleinent rembourré pour faire saillir la poitrine. Les boutonnières sont
i r.OTTK ]
prises dans un large galon d'or on do passementerie (fig. 10)'. An bout pendant de la ceinture noble est attaché un riche joyau. Toutefois cette dernière coupe de la coite hardie paraît avoir été adoptée en Italie et en Provence avant d'être acceptée en France. Les vêtements des hommes, si simples pendant le wW siècle, furent façonnés
vers le milieu du xiv" siècle avec un luxe prodigieux. Les archives de l'empire conservent le contrat de dépôt d'une cotte ayant appartenu à Louis II de Bourbon, pendant son séjour en Angleterre comme otage du roi Jean, après la bataille de Poitiers. Cette cotte fut laissée en gage à un certain Italien, nommé Jean Donat -, exerçant
1 Manuscr. liihliolli. inipJ'r.. Lancelot du Lac, IVaurais (1360 environ). Les vignettes de ce manuscrit sont dessinées et peintes par un artiste italien. La cotte de dessus est mi-partie violet clair ave:-, croisettes d'or, et jaune avec yeux blancs redessinés. La cotte de dessous, dont on ne voit que les manches et le capuchon, est bleu de roi avec rayures d'or; les chausses sont mi-jiartics noir et rouge. Sous le capuchon, la bordure du col de la cotte est or.
* Ou Donato. Ce devait être un de ces Lombards qui faisaient le commerce dans tout l'Occident et p-ètaient sur gage.
— 293 - f COTTE 1
à Londres la profession d'espicicr, pour la somme énorme de qiinlre mille deux cents écus d'or.... « Premieremenl la dite cote est de « drap d'escarlate rousée, ouvrée de plusieurs et divers ouvraiges « de perles grosses et menues, de rubis ballais et de saphirs... » S'ensuit l'inventaire des perles et pierreries qui couvrent cette
cotte, lequel donne 595 perles grosses et menues, 18 saphirs et GO rubis balais '. Bien entendu, un vêtement de ce prix n'était point fait pour être caché sous un corset, un surcot ou un peliçon. C'était une cotte hardie parée, propre à chevaucher les jours de gala (fig. 11) 2 ; juste à la taille, aux hanches, à la poitrine, aux bras, et qui dessinait exactement les formes du corps. On voit, dans cette figure, la riche ceinture de joaillerie posée au bas des reins. Pour couvrir la tête, on portait sur la cotte hardie française un capuchon juste, boutonné, très-serré sous le menton, et dont le camail ne
' Vo\c7. Bihlioth. de CEcole des chartes, 4o série, t. 11. p. 2GS. - Manuscr. lîiblioUi. imp('r.: Prières, latin, n'' 92i (l'iOl) environ).
descendait pas jusqu'aux épaules. Un cadre à miroir, d'ivoire, de 1360 environ, provenant de la collection de M. Maskell, de style français, nous montre un jeune gentilhomme présentant son cœur à une demoiselle, qui semble en accepter Thommage d'assez bonne grâce. Le cavalier, qui sort de son palais, est vêtu de la cotte bardie (lîg. 12), exactement juste au corps, boutonnée par devant. Il est coilïé du capncbon juste dont nous venons de parler, festonné et
retourné autour du visage. Au sommet, ce capuchon se termine par une longue pointe tombant jusqu'au bas de la cotte. La dague est attachée sur la cuisse droite, suivant la mode française. La jeune femme est vêtue du coi'set à longues pentes aux manches, par-dessus une cotte ample descendant sur les pieds. Cependant, sous le surcot ample ou le corset, les hommes portaient encore, au commencement du xve siècle, la cotte courte de jupe, à manches larges aux aisselles, avec petit collet et ceinture. La vignette dont nous présentons (fig. 13) une copie ', montre un personnage noble quittant son surcot. Dessous ce vêtement, il est couvert de la cotte courte sur la chemise et des chausses. Cette cotte est bleue et les chausses sont
' ManiisrT. lîililioth. iiii|irr., l'.Di'cacc. fninrais (Ii2() environ).
— i COTTE I
rouges avec bande d'or à la hauteur des mollets. Ti'ès-courte de jupe, elle ne pouvait gêner lorsqu'on montait à cheval, et, sauf le petit collet bas, elle était complètement cachée sous le surcot, plus long qu'elle. Mais ce genre dévotement n'est plus porté, à dater de 1430 environ, par les classes élevées, et la cotte des gentilshommes n'est qu'une cottelle ou coltelette , c'est-à-dire une sorte de pourpoint dont on n'aperçoit plus que le collet montant et
les manches justes sous le corset, le surcot, le peliron ou le manlcl court 1. La jupe de la cotte primitive disparait complètement, et il ne reste de ce vêtement que le corsage ajusté avec courtes basques ouvertes par devant. Le nom de cotte se perd pour prendre le nom de pourpoint, et alors celui-ci s'attache aux chausses. Toutefois les vilains, les paysans, conservèrent la cotte beaucoup plus tard. De fait, c'était le seul vêtement (lu'ils portassent sur la chemise (lig. 14) ■-. Par-dessus la cotte sans ceinture le capuchon à camail
' Voyez ConsET.
- .Muiuiscr. ISitilioth, iiii|iér.. liiliii {1 '((il) ciiviiMii) .
éliiit cnfourmc. Ce capuchon avait parfois une pente qui couvrait le dos, ainsi que le montre l'exemple que nous donnons ici. Cette cotle était exactement la blouse de notre temps, fendue latéralement du bas jusqu'à la hauteur des hanches, et sur le devant du col jusqu'à l'estomac. Cette ouverture était fermée par deux ou trois boutons (tig. 14 bis) '. Ces deux personnages représentent des
iU
paysans : le premier porte des grèves de feuti-e qui couvrent le tibia par-dessus les chausses ; le second a mis sa besace en guise de ceinture, et devant lui est suspendu l'étui renfermant le couteau et la pierre à repasser la faux ; il est coiffé d'un chapeau de feutre gris à longs poils sur le chaperon. Les cottes étaient faites de laine ou de grosse toile -. Les geniilsliommes portaient, au xiV siècle, la cotle hardie par-dessus l'armure. (Voy. la partie des Armes.)
' Maiiiiscr. l)ihlii)tli. iiiiprr., laliii (1160 cuvirou).
- liiirfl : >c D'un gros hurcl vcsUi. >- {Ue l' Eschassier, dil du xiv ^iircle. Jul>in;il Jonrjlcms et trouvères, vol. 1).
La colle des femmes conserve, pendanl les x^ el xi* siècles, la forme d'une longue tunique à manches jusles sur l'avanl-bras. Il ne paraîl pas qu'elle eût alors une ceinture. C'était une seconde chemise (la première, un peu plus courte, étant désignée sous le nom de robe-linge) tombant jusqu'aux pieds, ne laissant que le cou découvert. Faite d'éiolTe légère à petits plis, très-ample de jupe,
elle était souvent décorée de broderies au col, aux poignets et au bas de la jupe. Le col était fendu par devant pour permettre de passer la tête, et cette fente était fermée par une agrafe ou un boulon. Ce vêtement (lig. 15), qu'on voit si souvent reproduit sur les basreliefs et miniatures du xi^ siècle, était posé sous le bliaul ou seulement sous le manteau. Dans ce deinier cas, la taille était serrée par une ceinture d'étoffe ou plutôt par une sorte d'écharpe assez ample, dont les bouls tombaient baliiluellemenl par devant. Le bliaul
l'iiisail ainsi la Iroisièmo robe (voy. Bliaut). Jus(|iic vers la lin du xn° siècle, ces colles de femme, dont la forme ne subil pas de modificalions sensibles, semblent avoir élé faites d'élolTcs fines, souples, à plis crêpelés, assez semblables à ces tissus orientaux de soie ôcrue ou de laine line qu'on fabriiiue encore aujourd'bui.
Ce n'est (pi'au commencement du xin'' siècle que cette mode subil de notables cbangements : les cottes des femmes ne sont plus taillées dans ces étoffes fines, souples, à petits plis crêpelés, mais dans des draps de soie, des tissus de laine ou de lin assez épais et consistants ; les plis sont des lors plus larges. Ces colles sont serrées par une ceinture allongeant beaucoup la taille, et la gorge était évidemment, sous cet habit, maintenue par un corset ou tout au moins une large
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ceinture (lig. 16) <. Les manches, étroites aux poignets, sont assez amples aux entournures et collent sur les épaules, ainsi que le corsage. Assez large à la hauteur de la taille pour former des plis, la jupe en cloche, sans ouverture par devant, ou sur les côtés.
tombe sur les pieds et s'étend par derrière de manière à former une queue anondie. Voici (fig. 16 bis) quelle est la coupe de ce vêlement. On voit en A la traîne postérieure.
Plus tard, vers 1250, la cotte, faite d'étoffes moins souples, d'un tissu plus roide, forme de très-larges plis le long de la jupe, mais
' Viorgcs sages et folles sculptées sur 1rs [ueds-droits de la porlc renlialc dr la .allié- 'Iralc (i'AiiiicMs (122.j environ).
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est ajusloe sur la poitrine avec quelques plis rares à la hauteur de la ceinture, en laissant la taille moins longue. La jupe conservait la traîne par derrière, et devait être relevée par devant pour ne pas gêner la marche (lîg. 17)'. Ces cottes étaient portées parfois avec le bliaul, presque toujours avec le manteau, comme dans les deux
r-Cï
exemples précédents. Vers ce même tem.ps, on voit que, si les bourgeoises portaient le bliaut sans manches et non fendu latéralement, la cotte était courte et ne descendait qu'au-dessous des mollets (fig. 18)-. Mais les dames nobles portaient, sous le bliaut sans manches et descendant en cloche sur les pieds, la cotte très-longue, avec traîne plus ou moins développée. Cette mode était fort usitée au commencement du xiv" siècle, c'est-à-dire de 1295 à 1320
' Siiil|)liirL's (lu porliiil mi'ridioiml de Notre-Dame de Paris (12:37). Chartres, Reims, liimlicaux de Saiiii-nuiiis (124;)).
- Manuscr. Bibliotli. iiiiprr., Li Roumans d'Alixandre, français (1260 environ).
(fig. 19) '. Celte dame relève le bliaut de la main droite et découvre ainsi la cotte longue, dont les manches justes apparaissent. Elle est coiiïée du chaperon léger blanc. Le bliaut est rouge et la robe gris pourpre. Ce fut au commencement du xiv" siècle que les cottes commencèrent fi être quelque peu décolletées. Les manches étaient
justes alors jusqu'aux épaules, le corsage collant sur la gorge, la taille courte. La jupe était, de même que précédemment, courte pour les bourgeoises et longue, avec traîne, pour les dames nobles. Cependant, le bliaut était déjà remplacé par le surcot, et. dans ce cas, le surcot ayant une longue traîne, la jupe de la cotte ne descendait qu'audessous des chevilles (fig. 20)2. Il est souvent difficile, h cette époque, de distinguer la coite de la surcotte ou le surcot du bliaut ; la cotte à traîne avec bliaut en cloche sans queue, de la cotte en clociie avec le
' Mamiscr. IJihIiolh. inipér., le Miroir historial, fran(;ais (I-'Î.'ÎO environ). 2 Miiiiiisir. nil)liolli. inipér., Pèlerinage de la vie humaine, fninrnis (lin du xiii" siècle). Cette dame, assise snr un torti-c de gazon, n'esl velue (jue de la cotte.
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bliaut à traîne. Le commencement du xiV siècle, pour les vêtements des femmes comme pour tant d'autres choses, marque le point de départ d'une suite de changements rapides. Jusqu'alors, les habits, pour les deux sexes, étaient longs, amples, et les modifications introduites dans la coupe des vêtements ne portaient que sur des variations de médiocre importance ^ Mais, à ce moment, on voit naître de nouvelles modes ; le jeu des robes se complique, leur
destination se confond souvent. La variété de formes des vêtements féminins s'étend. 11 y a évidemment des cottes et surcottes trèsdiverses, suivant les circonstances et les saisons : tantôt elles sont très-étroites ; puis tout à coup elles deviennent fort amples, jusqu'au moment, vers le milieu du xiv^ siècle, où les modes reprennent une marche régulière-. Alors, à la ville, les robes de dessus sont ellesmêmes maintenues assez courtes pour laisser voir la cotte ; parfois même, s'il fait chaud, les femmes se contentent de la cotte, qui alors prend nom de cotte hardie ou de corset :
(. Failli clia^iccs et toile liarilie I. Courteletle, afin que l'eu clic :
<■ Vez là biau piel et faiticet 3. »
^ Voyez les statues des reines déposées dans l'église abbatiale de Saint-Denis, et, entre autres, la belle figure de marbre d'Isabelle d'Aragon, femme de Philippe le Hardi, morte en Calabre (1210), au retour de Tunis.
- Voyez Corset, Manteat, I'ei.îçox, Suiicot.
•^ Il Voilà un joli pied el bien iliaussé. » (Eust. Desebanips. /r? Miroir rlc mariage.)
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Toulefois, ces colles hardies des femmes irélaienl pas assez courles pour qu'on pût voir la jambe au-dessus de la clieville. Il n'élait, d'ailleurs, que les bourgeoises qui portassent des cottes relalivement courtes. Et môme, vers la fin du xw" siècle, ces coites tombant sur les pieds, on les relevait pour marcher. Seules, les femmes du peuple portaient encore des colles courtes. L'ampleur des vêtements féminins était devenue prodigieuse après la mort de Charles V, lorsque le luxe des habits s'étendit d'une façon scandaleuse de la noblesse à la bourgeoisie. Alors, il ne paraît pas que les femmes portassent jamais la cotte simple, à moins que ce ne fût dans leur chambre. La cotte était toujours mise sous le corset ou le surcot à longues et larges manches traînantes. C'est à peine si l'on apercevait les manches de la cotte, toujours serrée ; quant à la jupe, elle apparaît seulement par les fentes latérales du corset ou surcot ample, et elle tombe sur les pieds. Ce fut aussi à cette époque que les femmes abandonnèrent les poulaines, qui devenaient trop gênantes avec ces longues et larges robes de dessus, pour les reprendre vers 1410. « En ce tems ' « commenchoient à caïr 2 les poullainz et revint une manière « d'estas de vestures pipelottées de tantez manierez de desgui- « seeures qui n'est nul qui les peust escripre ; avec unez grandez
« manchez pendentez, passanlez la longueur de la robe ^ »
Celte importance donnée au vêtement de dessus, au corset ou surcot, que les femmes ne quittent pas, modifie la forme des colles. Celles-ci commencent à se composer d'un corsage très-simple, collant, à peine apparent sous la robe de dessus ; corsage sur lequel est montée une jupe, plissée à la taille, très-ample, sans traîne, mais tuyautée ou largement bordée par le bas de fourrures sur une hauteur de 30 à 40 centimètres. C'est vers 1420 que cette mode paraît prendre naissance. En relevant le corset ou le surcot, ainsi que cela était nécessaire pour marcher, la partie inférieure de ces jupes était apparente (fig. 21) i et laissait voir le pied, (jui recommençait à être chaussé de poulaines. Cette dame est coiffée du hennin avec épais boui'relet de velours bleu, orné d'un
' C/iion)f/ue (le France et de Normandie ilu 1'. Cuclioii, de I.ni à l'iii, amiéc 1383, niaiiuscr. lîiblidlli. iin]i(''r., français, n» 9859.
2 Passer de mode, choir.
3 Ces manchez pendentez Iniaii'iil aussi liiiMi alors aux viMimii'MiIs des lioinmos qu'a l'.eux des fciiiiiies.
'► Mamisci'. l'.iliiiolli. iniiirr., lîoocacc, Du dcchiet des nobles hommes, fraiirais (1121) environ).
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chef de drap d'or avec joyaux. Une voilette blanche empesée, trèstransparente, tombe jusqu'au milieu du visage et foi'me cloche par
derrière. La jupe de la cotle verte, tuyautée par le bas, est montée sur un corsage très-décolleté, brodé d'or. Une collerette unie, trans-
parente, empesée, enveloppe les épaules. Le surcot est fait d'un tissu rose changeant, doublé de petit-gris ; la ceinture, très-large, est verte et or. Ici la cotte remplit à peu près le rôle des jupons des toilettes de nos dames ; elle est terminée en cloche, sans traîne, et c'est le surcot qui possède une longue queue. Il est à manches justes, et il est à croire que le corsage de la cotte n'en était point pourvu.
4 cviufiifor
Les petites bourgeoises, les paysannes, portaient de même la cotte avec robe de dessus, et cette cotte était simple (fig. 22) *, ou boi'dée par le bas (fig. 23) -. L'escarcelle ou aumônière était attachée sur cette cotte et sous la robe, relevée habituellement pour faciliter la marche ou vaquer aux occupations domestiques. On appelait cottes sengles celles qui n'étaient point doublées. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce vêtement, d'autant qu'à l'article RoiîE, dans lequel sont classés tous les habits longs portés par les hommes et les femmes, nous avons l'occasion de décrire amplement les modes suivies du xi^ au xv" siècle, par les deux sexes, dans la confection de ces vêtements superposés et la manière de les porter. Il est certain que pendant le moyen âge, comme aujourd'hui, dans l'espace de quelques années, les noms des diverses parties de l'habillement ne conservaient pas la même signification. Ainsi, le nom de cotte hardie est donné à la cotte d'abord, puis au surcot de campagne, et aussi au corset. De même, dans l'espace d'un siècle, avons-nous vu
' MauiisiT. Piililiiilli. iiii|i('T., laliii (liii)ii I }bO). - Mauuscr. iiihiiolli. iiiiin'T., latiu ( 1 Will riiviroii'.
COTI'E
;:;oG
une môme désignalion s'appliquer à des vètoinenls ditTérenls. Le mot veste, par exemple, qui, à la lin du dernier siècle, s'appliquait au justaucorps sans manches posé sous l'habit, et qu'on désigne aujourd'hui sous le nom de gilet, est donné à cette heure à un vêtement rond pourvu de manches et assez ample. De cotte à surcot ou à surcùtte, il n'y a que la différence existant entre deux
vêtements superposés qui, d'ailleurs, peuvent avoir la même forme, sinon la même ampleur. A dater du xv^ siècle, le nom de cotte n'est plus guère donné aux vêtements des hommes, et paraît réservé à ceux des femmes, parce qu'en effet alors les hommes, en fait de vêtements longs, ne portent (jue des habits de dessus, surcots, peliçons, capes, garde-corps, cloches, gonelles, manteaux, robes fourrées. La tunique a disparu ou n'existe plus que chez le bas peuple. Les femmes, au contraire, multiplient les jupes et ne se contentent plus, comme leurs aïeules, de la chemise, de la cotte et du bliaut (Vo\ . .lipo.x, Robe.)
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COURONNE, s. f. (corone). Cercle d'orfèvrerie que les personnages nobles des deux sexes posaient sur leur tête autant comme ornement que comme signe de dignité. Le classement des couronnes de baron, de comte, de marquis, de duc, de roi, d'empereur, est très-récent et ne remonte pas au-delà du xvi' siècle. Jusqu'alors, il n'y avait pas de distinction marquée entre les diverses couronnes. C'était là une question de convenance ; et, si un baron ne posait pas sur sa tète une couronne fleuronnée. c'est que l'usage ne le permettait pas : aucune ordonnance, que nous sachions, n'était intervenue pour interdire à un gentilhomme le port d'une certaine couronne.
La couronne d'orfèvrerie est une parure de tête d'importation byzantine. Chacun sait que les empereurs romains ne portaient que la couronne laurèe après un triomphe; mais les empereurs d'Orient sont tous couronnés, soit d'un cercle d'or enrichi de pierres fines et de perles, soit d'une sorte de tiare également ornée de pierreries.
Dans l'Occident, les premiers rois sont couronnés à l'instar des empereurs d'Orient, et chacun peut voir les couronnes des princes visigoths qui sont déposées au musée de Cluny, à Paris, et qui se composent de larges cercles d'or décorés de pierres précieuses et de pendeloques*. Bien que ces couronnes, au nombre de huit, n'aient pas été portées, puisque deux seulement ont des dimensions qui s'accordent avec la circonférence de la tête humaine, toutes cependant reproduisent des formes qui s'accordent avec celles des représentations peintes ou sculptées des vn^ et vnr siècles-. Les unes sont des cercles d'or avec charnières ; les autres sont à claire-voie, et forment une sorte de réseau de fuseaux d'or reliés par des boutons ornés de saphirs. Cependant, les couronnes primitives de l'époque du moyen âge, qui ont été évidemment portées, sont composées de plaques planes de métal en plus ou moins grand nombre, reliées par des cliarnières (pii permettent ainsi, à ces joyaux, d'épouser la forme de la tête. Telle est la couronne, bien connue, attribuée à Charlemagne, et qui est aujourd'iuii déposée dans le trésor impérial de Vienne. Cette couronne est un assemblage de huit plaques d'or, circulaires par le haut, ornées de pierres, de perles et d'émaux. Deux de ces plaques sont plus larges et plus hautes que les autres, deux moyennes et quatre plus petites. Sur la ]»laquc frontale se dresse une croix.
' Voyez hescn'itt. tlu trésor de ('tuar)iiz(ir, \v.\v Fcm'<1. do Lasteyric, 1860. - .'1. Frrd. il(! Laslfivi'ii' fait lri''S-liirii ressortir, ii noire, avis, le earaetère iVfx-rulii lie ('(.'S eouronnes.
COUUONINE 1
derrière laquelle une sorte de cimier en l'aeon d'arcade festonnc''e réunit les deux plaques principales opposées, en entrant dans de petites douilles ménagées pour le recevoir; deux autres douilles paraissent avoir été destinées à recevoir d'autres agréments saillants i. Les plaques d'or réunies par des charnières constituent habituellement la couronne jusqu'au milieu du xn'' siècle.
Pendant l'époque carlovingienne, des pendeloques tombent des deux côtés de la couronne sur les oreilles. C'était encore une importation orientale. Une coitTe d'étoffe était interposée entre le joyau et la chevelure, et ne disparaît que quand la couronne n'est plus qu'un cercle de métal avec ou sans charnières, avec ou sans lleurons.
On ne trouve plus trace des pendeloques accompagnant la couronne dans les monuments français à dater de la lin du x" siècle. La ligure de Charles le Chauve représentée sur les manuscrits de son temps est coilTée d'un cercle paraissant composé de petites plaques surmontées de trois palmettes très-saillantes, ou d'une sorte de couronne fermée, consistant en un bandeau avec deux ornements très-élevés qui se réunissent au-dessus de la tête-. Deux branches d'orfèvrerie descendent sur les oreilles (fig. l). Un sceau du roi
' Yoy. Willcniin; vny. aussi les Arts somphinires, rdii. Hangaril-Maug(5, ISoS, t. 1. 2 Mus(''e lies souverains.
Robert (lin du x'' siècle) indique le premier, sur le cercle de la couronne qui lui ceinl la tète, un ornement assez semblable à une lleur de lisi. Ces renseignements sont toutefois assez vagues ou grossiers, et il est difficile d'en conclure que la feuille de lis a orné les couronnes des rois français dès la fin du x^ siècle. L'ornemenl, surmontant le plus fréquemment les cercles ou les assemblages de plaques composant la couronne de 'ces princes avant le xn*' siècle, consiste en
des sortes de palmettes ou en des médaillons montés sur une longue lige (fig. 2) ^ Quelquefois, ces couronnes paraissent fermées ou plutôt surmontées d'une arcade d'orfèvrerie. C'est au xn' siècle que les représentations sculptées ou peintes de couronnes présentent des spécimens d'orfèvrerie excellents et d'une assez belle exécution pour qu'on puisse se rendre un compte exact de cette parure de tête : les couronnes sont composées, ou d'un cercle sans brisure, ou d'une suite de segments réunis par des charnières.
On voit même, au commencement du xii« siècle, des couronnes composées de quatre plaques sans courbure qui forment un véritable bonnet can-è (lig. 3) ^ Toutefois, il est difticile de comprendre
' Voyez le Trésof di: numismatique et de glypl.iiiue, vol. des Sceaux des rois de Frmice, pi. -, tig. 4.
'- (;ii;irlcs le Cliauve. niamisi r. du miisi^c des souverains, livres de prières écrit par Liiitliard.
^ Des pciulures du porche de l'église abbatiale de Saiul-Saviu eu l'oilou. La ligur(? du Christ du tympan de la porte sud de l'église abbaliali; di! Moissac est eoitîéc d'une couronne ainsi faite fxii" sièrde).
[ rOUROlNNK ] — 310 —
comment une pareille coilïurc pouvait être placée sur le crâne, dont
la section est à peu près circulaire. Il restait des angles vides; les
faces tangentes des quatre plaques eussent été fort incommodes. Aussi pensons-nous que ces couronnes carrées n'étaient que des
r COURONNE
plaques d'éloffe roide ou de peau sur lesquelles on brodait des ornements et l'on posait des pierreries. Ces quatre parties conservaient assez (le souplesse pour épouser la forme du crâne, et leur rigidité, cependant, laissait apparaître, par le haut, la forme carrée. Parmi les belles couronnes d'orfèvrerie en forme de cercle, de la fin de la première moitié du xn" siècle, il faut citer celles des vingtquatre vieillards de l'Apocalypse (jui remplissent une des voussures du portail principal de la cathédrale de Chartres (fig. 4). Toutes ces couronnes primitives sont cylindriques, ne s'évasant pas du haut'.
Elles consistent en un cercle étroit surmonté d'ornements ondes, lleuronnés, garnis de pierreries, comme dans l'exemple précédent, ou en un double cerclage avec riches sertissures de pierreries entre CCS deux listels et ileurons très-importants au-dessus (fig. 5) -.
Quant aux couronnes composées de segments réunis par des charnières, il est évident que, si elles sont surmontées de Ileurons, ceux-ci doivent être séparés et posés sur chacun de ces segments ou de deux en deux (fig. 6)-'. L'usage de ces couronnes à charnières ne fut point abandonné pendant les xni° et xiV' siècles, puisqu'on
' I.cs loul'oniies visigollies du niiisri' de (Uiiuy sont i);irt'aitciiiciit cvlindriqucs.
- Fiijurc dite de C.lovi.s, proveinuit de l'église de Nolic-Diiine de Coi-lu'il (.\ii<-" siècle), aiijoiird'iiui déposée diuis l'église iililialiiile de Saint-Denis.
^ lie la stalne de la Vierge du portail occidenlal de Nolre-haine d'Amiens (12.'{0 l'uviron).
[ a)Luo.N>E ] — 31:2 —
voit encore les deux figures de Cliarles V et de Jeanne de Bourbon, provenant des Cèlestins de Paris, coilTées de joyaux ainsi façonnés.
^Ecvrifltrpi'-s
On sait combien le xui' siècle déploya de goût dans la fabrication des 'objets d'orfèvrerie et des bijoux; aussi, les 'couronnes de celle
épocjuc, conservées sui- un gi-and nombre de statues, sont-elles d'un travail exquis, d"une charmante composition : nous devons choisir dans le nombre. La ligure 7 donne la couronne prise sur la tête de