‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 48 sur 76 · III · texte numérisé non relu

III

l'orme de disiiiie et à laine forle, appelées miséricordes. Une escarlie avec couteau est représentée figure 1 ^ ; une escarcelle avec

ce

fim^'^tl

miséricorde est portée dans la figure 2 par un personnage vêtu d'un

' Miiiiusn'. lUbliolh. imprr., le Livre des merveilles du monde, franrais (dernières aiuiée.s du xiv^' sirrle).

ample surcot et coilTé du cliaperon blanc *. Ce surcol est pourpre clair, et les manches justes de la cotte sont rouges avec d'épais brassards couleur feuille-morte. La ceinture de Tescarcelle, maintenue à la hauteur de la hanche droite, s'incline du côté gauche. Le fourreau de la miséi'icorde passe dans une embrasse attachée au cein-

turon et est lixé par un bouton au-dessus de la partie ouvrante de l'escarcelle. La figure 3 2 donne le vêtement d'un seigneur de la fin du XIV'' siècle, avec escarcelle attachée par une large courroie audessous de la ceinture du corset. La miséricorde engage le bout du fourreau dans une fente ménagée dans le recouvrement de la sacoche, afin de ne point s'accrocher aux vêlements. En A, on voit comment un bouton B, tenant à ce fourreau, le suspend à l'escarcelle.

' 3I:uiusir. l'>ililii)lli. iiii]irr., /(' Livra de l'infoiniaciim ilcs loys, tVaiirais. avec la sigiialui'c (lu (lue de lirrry, .Icaii (lin ilii xiV' si("'cln\

- Maniiscr. Iiililinlh. ini|M'i'., 'J'n'stiin, l':aiii;ais (lin ilii \\\'' si(''ck').

Ces escarcelles étaienl richement (lécorées de broderies, de boulons, de perles, si elles appartenaient à des seigneurs; leur forme était généralement carrée du bas, les côtés à peu près parallèles, ainsi que le montrent les figures précédentes. Si elles étaient rondes et plus amples par le bas que par le haut, elles prenaient plutôt le nom de bourses ou boursettes à cul de villain : « Item une bourse « (le satanin à cul de vilain, à quatre escussons de France de bro-

'( deure. pourfillez de perles, et en la bourse troys boulons de '< perles. Au dedans sont deux sceaulx pendens à une chayne, Tun .( où est taillé un Roy séant en une chayère en son estât royal tenant « les ceplres, et en l'autre a ung autre saphyr beslong ou est taillé « ung demy Roy en estant (paré) tenant une espée en sa main '. -> Ces bourses contenant des sceaux étaient de véritables escarcelles portées en cérémonie par le gentilhomme chargé de la garde des sceaux (fig. 4). Le noble cavalier que représente notre figure est

hivent . des joyaux de Chnries F, niamispr. r>ihlioth. inipér.. français.

— 349 — [ esclaVine j

coilTé d'un chapeau vert fourré, d\m surcot rouge avec col devant et bordure de fourrure, perles d'or aux épaules, manches blanches à bourrelets au coude avec pentes également blanches. Les manches serrées de la cotte sont de même blanches. La housse de la selle est violette, brodée d'or '.

Cet usage de porter les sceaux du roi dans une escarcelle, lorsque le prince se rendait à quelque solennité, se conserva jusqu'à la lin du xvi" siècle.

ESCLAVINE, s. f. {esclavie). Sorte de vêtement, en forme de

casaque, emprunté aux Orientaux (Sarrazinois), et que les pèlerins

' Maimscr. liiMioUi. iniix'r., Tite t^'e, français (139 o).

ESCI.AVINE

paraissciil avoir adoplé dès 1(3 xii" siècle. Il est cerlaiii (jue le nom d'esclavine était donné au vêtement de dessus des pèlerins au com-

mencement du Mil*" siècle, ainsi que l'indiquent amplement les vers suivants :

.< Charles li rois k la barbe chcuuc <( Avoit sa robe maiutenanl clesvcstuc ; " Uue esflaviuue qui fu noire et velue, « Vest en son dos sans nulle arrest('Hie, ■< Son vis a taint de suie bien molue, ■ « Prent .1. cbapel de grant roe tortue, (1 Et .1. bordou dont la pointe iert aiguë, (( L'escharpe au col qui bien estoit couzue. >. Fransois en rient, quant l'ont apereéue, « Naynmes s'adoube par autel connéue.

n Nayumes s'adoube, li sire de Baivlcre, (i De l'esclavinne qui fu grans et p'ennicre

— 3ol —

« vSou vis il taiul ilo siiic de luaisijre. <( Andiii s'en vont parmi nue charriere, Cl Hiiescs euz jambes, de diverse luaDiere ; » N"i a celui qui ait sciiicUc aulicre ' . »

[ ESCLAVINE i

Ce vêtement était alors une sorte de manteau ressemblant à noire limousine, mais avec de larges manches et un capuchon (iig. 1). Plus tard il est taillé d'une façon moins grossière (lig. 2) et n'est plus froncé au collet ; il recouvre les bras au moyen d'une sorte de

AL.CUlUAUmT

pèlerine en façon de larges manches - , ainsi que l'indique le patron ((ig. 3), pour laisser les bras libres et les bien couvrir jusqu'au-dessous du coude. Notre ligure montre en A l'esclavine par devant, et en B par derrière. De c en e, le corps du vêtement est ouvert pour laisser passer les bras recouverts par les manchespèlerine cousues de e en f. Le vêtement est fendu devant et derrière, et sur les côtés de a en b.

L'esclavine conserve à peu près la même forme jusqu'à la lin

' G(ii/(lun, chanson de gi'^U', vers '.HtJ'J et suiv. [Anciens Puâtes de la France, [nilA. sous la diri'ct. (le M. (lUi-ssard).

- Mamisrr. Ilihlioth. iiupi'r., /e Miroir hisloriul, t'ranrai-; (euvirou l:îiO].

[ ESCLAMNE ] — 3o-2 —

du \iv° siècle (lig. 4) '. Toutefois alors, les manches, quoique Irèsauiples et taillées en façon de pèlerine, se détachent du corps de la robe.

Ces esclavines étaient faites de grosse étoffe de laine brune ou noirâtre, probablement de laine non teinte ; on les endossait aussi

pour chevaucher par les temps de pluie. Les femmes en portaient en pèlerinage, et la coupe de ce vêtement ne ditïéraii pas de celle des habits d'hommes, si ce n'est que le capuchon était remplacé par une guimpe et un voile (fig. 5) -. Cette pèlerine est coiffée du chapeau de feutre fourré à longs poils, par-dessus le voile blanc et la guimpe; l'esclavine est de couleur gris foncé, avec croix blanche

1 Manuscr. IJiblioth. iniiicr., /es Merveilles du monde, français (dernières auuucs (lu XIV" siècle).

- Mauuscr. BiblioUi. iiiipèr., Mnoir histuriul, fraujais lliO cuvii'ouj.

— 3S3 — [ ESCOFFION j

sur le devant ; la cotte, dont on aperçoit la jupe et les manches, est violette. L'esclavine du xv« siècle, pour les hommes comme pour

ffîto,-;,,:

les femmes, est un peu plus courte que celle du xiv" siècle, et fendue seulement des deux côtés sous les manches, moins lonaucs que celles des vêtements semblables d'une époque nntérieun

re.

ESCOFFION, s. m. (Juilfui-c de femme usitée de i^BO à IVIO. (Voyez Con'FuitE.j

I ESCOFI'LE

ESCOFFLE, s. m. Vètemenl de peau qu'on endossait pour aller cil chasse :

« Ainz voiil ou bois et en rivières, '( Et comporteul desor lor niot'fles l << Lor coetcs 2 et lor oscoftles 3. »

La coupe de ce vêtement avait beaucoup de ressemblance avec

celle de Tesclavine. C'était un ample surtout avec larges manches,

I (Iros gauts.

a Coiffes.

» Le Dict. (le S. Leocade pur ('.Mutier de Coiiisi, vers 1002 et suiv. (voy. les Ccmtes anciens i)iilil. jiur ISarbasaii, 1. I).

— [ ESCOFFLE 1

hcibituellement sans capuchon. Le chaperon créloiïe étail posé pardessus. L'escoffle le plus vulgaire conservait au dehors le poil de la bête ; celui des gentilshommes était fait d'étoffe et doublé de peau de loutre. Le beau manuscrit du Livre de chasse de Gaston Ph(ebus ' montre des veneurs vêtus de Tescoflle (fig. 1). Ce veneur est coiffé d'un bonnet de fourrure grise ; Fescoffle est d'étoffe couleur gris de fer doublée de peau de loutre ; le chaperon est rouge. Ce vêtement, aisé, devait être fort commode en chasse et couvrait parfaitement son homme. On observera que le couteau du veneur entre avec sa gaîne dans une escarcelle terminée par un allongement destiné à loger la pointe de l'arme à manche blanc. Les chausses sont miparties, l'une rouge et l'autre noire.

Voici (fig. 2) un autre veneur à cheval tiré (hi même manuscrit. Il est vêtu de l'escoflle avec petit capuclion, ce qui n'est pas ordinaire.

I lîibliolli. iiiiijoii , lin (lu xiV sirrl(

[ KTOIFES ] — 356 —

Les manches de ce vêtement taillé clans une étolïe verte* sont très-amples et laissent voir la doublure de peau de loutre. La jupe est fendue par devant, très-haut, afin de ne pas gêner le cavalier; elle est également fendue par derrière, mais seulement pour permettre d'enfourcher la selle. Le chapeau est de feutre gris, et les longues basses-chausses, de cuir, bouclées en dehors latéralement sont surmontées de genouillères amples , également de peau, destinées à empêcher la pluie de pénétrer entre les hautes et basseschausses. Le cor est suspendu à la guige de cuir noir avec clous d'argent. Une ceinture avec couteau serre la taille. En temps de pluie, ces longues manches pouvaient couvrir entièrement les avantbras et les mains. On ne peut nier que cet habillement ne fût mieux approprié à la chasse h courre que n'est celui adopté dans le dernier siècle, et repris, on ne saurait dire pourquoi, de notre temps, par les amateurs de ce noble exercice.

ÉTOFFES {tissus pour vêtements). Nous n'avons pas ici à faire Ihistoire des étoffes, ce sujet comporterait une étendue et des développements que notre Dictionnaire ne permet pas. Nous nous bornerons à mentionner les étotïes employées en Occident pendant la période du moyen âge qui nous occupe. Nous placerons en première ligne les étoffes de soie.

Ces étotïes furent longtemps impoi'tées d'Orient. Constantinople. Jérusalem, quelques villes grecques étaient les entrepôts de ces étoffes, et les plus belles, prohibées à l'exportation, n'étaient fournies à l'Occident qu'à titre de présents diplomatiques -. Les Vénitiens et les Juifs, dès le temps de Charlemagne, faisaient seuls le commerce des étoffes de soie. Jusqu'au w^ siècle, les Vénitiens possédaient des comptoirs à Limoges, à Périgueux, et de là répandaient les étoffes orientales sur le territoire français et jusqu'en Angleterre. Toutefois ces tissus, dont il reste quelques précieux fragments, étaient d'un prix trop élevé pour être portés par la classe moyenne. Les grands seigneurs seuls pouvaient se permettre un pareil luxe. Ce fut au xn^ siècle, après l'expédition de Grèce par Roger, roi de Sicile, que la fabrication des tissus de soie cessa d'être un monopole fructueux

' Les vêtements do oouleur vert clair ('taieut adoptés par les chasseurs, afin de mieux dissimuler leur présence au milieu des bois. Dans le Livre de chasse de Gaston IMio'hus, tous les valets de chiens sont complètement vêtus de vert, sauf les houseaux, qui sont faits de cuir fauve.

2 Francisque Michel, Recherches sur les étoffes de soie, d'or et d'argent, pendant le moyen ùye, t. 1. p. 63.

pour les manufactures de l'Orient. Ce prince amena en Sicile des esclaves grecs, ouvriers en soie, les installa à Palerme, el leur ordonna d'enseigner à ses sujets l'art de tisser la soie. Cette fabrication s'étendit bientôt h l'Italie et gagna peu à peu tout l'Occident. Les croisades entreprises pendant le \n^ siècle contribuèrent à répandre l'art du tissage de la soie en Italie, en Provence et même dans le nord de la France. Un auteur dont l'autorité ne peut être récusée, M. Amari, prétend môme que la fabrication des tissus de soie était florissante en Sicile au temps de la domination des Arabes, c'est-à-dire avant la conquête des Normands. Le fait paraît probable, et les captifs amenés par Roger n'auraient fait que donner plus d'extension à cette fabrication. Cependant M. Francisque Micbel ' combat cette opinion en s'appuyant sur ce que les émirs de Palerme envoyèrent à Robert Guiscard des présents, parmi lesquels se trouvaient des « pailles copertez à ovre d'Espaingne^ », S'ils recouraient à l'Espagne pour se procurer des étoffes de soie, c'est qu'ils n'en fabriquaient pas chez eux. Mais ces étofïes pouvaient être plus riches que celles tissées en Sicile. La culture du mûrier et l'établissement de magnaneries sont attribués également au règne du roi Roger, et à la fin du xn° siècle les étoffes provenant des métiers palermi tains étaient estimées tout autant que celles d'Orient. Nonseulement l'or se mêlait h la soie, mais les pierres précieuses et les perles. L'une des deux tuniques dites de Charlemagne, et conservées à Nuremberg, est certainement de fabrique sicilienne, et date de l'année 1181, suivant l'inscription latine tissée dans une de ses bandes. Les Lucquois passent pour avoir exercé les premiers l'art de tisser la soie, après les Paiermitains, vers le milieu du xin'' siècle. Cependant on fabriquait des draps de soie, à Venise, bien avant celte époque, et dès la fin du xn" siècle le tissage de la soie était pratiqué en France :

i< Ainz tissent poihis cl Ijutiis « Et (Iras de soie à or Iwitiis, <( Si font trop riches pav(;illons.

'i Parfoy de diverses façons ^ »

Ce qu'on ne saurait mettre en doute, c'est qu'au xiv" siècle la fabrication des divers tissus de soie, et même du velours, était fio-

' Recherches sur les étoffes de soie, t. I, p. 76.

- L'Ystoire de H Normant, par Aim';, liv. V, eliap. xxiv, édil. ile M. ClinnipolliDU,

3 Roman de Perceval, mannscr. de la liihliolli. Million.. Snppl. fr., n" 430.

I ÉTOFFES ] — 3o8 —

rissanto en France, puisque les comptes de celte époque mentionnent des pièces nombreuses de ces étoffes commandées à des ouvriers en drap de soie de Paris, en velours. Toutefois la matière première devait être importée, et elle coûtait très-cher. La Provence seule, avec ritalie, en fournissait. Parmi les étoffes de soie le plus habituellement employées ponr les habits, nous citerons le cendalei \esamit. Le cendal paraît avoir été un taffetas ; c'était certainement une étoffe plus légère que le samit, puisqu'elle coûtait moins cher et qu'on s'en servait pour faire des bannières, des gonfanons et des oriflammes. Les hommes aussi bien que les femmes portaient des robes de cendal :

" Trestoute joi' sout nos Franc séjourné,

et Cevaus acatent et palefrois asès,

" Keubes fout faire de pailc cl de cendés ;

u Moult gcnliiii 'ul se sont fait atorner ' . '■

Le cendal était de toutes couleurs, en plein et aussi rayé de deux et trois nuances. La nuance la plus estimée était celle qu'on obtenait par la teinture en graine (cochenille), et qui. par conséquent, était l'écarlate. Cette teinture s'appliquait à plus forte raison au samit. Le cendal noir était le moins prisé : c'est avec un manteau de cendal noir que le roi saint Louis venait se promener au jardin de Paris -.

Le cendal tiercelin, qu'on appela délinitivement tiercelin tout court, paraît avoir été plus estimé que le cendal ordinaire ; peutêtre était-il plus fort. On peignait des armoiries sur tiercelin, au xv^ siècle, soit pour des vêlements de parade, soit pour des étendards. Le cendal à or battu était recouvert de feuilles d'or découpées et collées sur l'étoffe au moyen d'un mordant. Le cendal était souvent employé comme doublure, ce qui prouverait sa souplesse et sa légèreté.

Le samit, du latin exuinittis, était une étoffe de soie épaisse, composée de six tils, le plus souvent blanche, verte ou rouge, et qui n'était portée que par la noblesse pour faire des bliauls, des robes de dessus et manteaux. On enrichissait cette étoffe de broderies ;

« Gcntemcnt estoient parées,

» Vcstucs de saniis vermeil,

'< Ains ne vi plus ric.e appareil ■>. >.

' Hno7i de lioideimx, vers SCliS (!t suiv. (lin du xii'' siècle).

- Joinville.

•' Li Hournuns don cJuistclaùi de Coud, vers S9j (xiir sièele).

— 3o9 — [ ÉTOFFES ]

« La veist-on soiir liourduis

" Dames vestucs de saniis,

■c D"ortï-ois et de pourpres parées '. ^

" Il et tout li VermeudisiL'ii «< Erent vestu et tuit li sien « De saillis vers très bien ouvré '■ Tous senienchiés d'aigle doré ; << C'estoient moult bel parement -. "

Par-dessus l'armure de mailles, les chevaliers porlaieiiL des colles longues de samit dès la fin du xu" siècle :

<( Couvert fu de samit du ehief jusqu'au talon. « Et portoit seur sa lance l'oritlambe Kallon, Que Kalles * ot en l'ost de devant Roussillou '\ »

De ces étoiïes, les plus précieuses étaient celles que l'on exportait d'Orient. Elles avaient conservé leur réputalion alors qu'on en fabriquait depuis longtemps en Occident :

'< Et les fist au monter vestir

<i Des plus riches samit?, de Tyr

'I Que Ton pot trover pour argent-''. »

Au Mv« siècle, une cotte est faite, pour le sacre du roi IMiilippe le Long, d'une pièce d'un demi-samit vermeil d'estke et est doublée de cendal vermeil ''. Le samit d'estive ou d'été était évidemment un samit léger, mais plus épais cependant que n'était le cendal. Ce qui prouve la force du samit, c'est qu'on en couvrait les carreaux et coussins pour mettre sous les pieds, qu'on en faisait des baudriers et couvertures de fourreaux d'épée : « Item pour une aune de « samit, baillé celui jour audit Nicholas, pour faire fourriaus et « renges à espées, 32 s.' ». Les samils étaient brodés ou brochés, dorés ou argentés à la feuille, comme Tétait souvent h; cendal. Nous possédons encore quelques fragments de samit sur d'anciennes couvertures et gardes de manuscrits. — On employait habiluelle-

' Li Roumans duu chastelain de Coud, vers lOlii.

- Ibid., vers 1807.

^ (-liarlemagne.

■' Gui de Nanteuil, vers 2113 et suiv. (xiir siè<:lc\

•' Méraugis de Porttesguez, publ. par M. Michelaul, p. Kl.

'■' i'ompte de Geoffroij de Fleuri/, il!'' partie. 1'" s'ctiiiu.

' Ibid.

ineiil le samil à cet usage. — Ces fragments ressemblent beaucoup au satin, sauf le brillant, et sont tisses en elïet de six fils ; ils sont souples au loucher et épais. On fabricpie encore en Syrie des étoffes absolument semblables. Le samit en gi-aine, qui paraît avoir eu le plus de prix, était payé, d'après le compte d"Élienne de la Fontaine \ 20 écus la pièce, ce qui est presque le double de ce que coûtait une pièce de cendal -.

La chasuble de saint Thomas Becket, dont nous donnons la description à l'article Chasuble, est taillée dans un samit violet sombre décoré d'ornements brodés au moyen de lils d'or plats ^ La planche IV donne un détail, grandeur d'exécution, de ces broderies sur la poitrine, à droite et à gauche.

Il est difficile de savoir si l'on donnait un nom spécial aux étoffes de soie à dessins de diverses nuances obtenues par le tissu. Ces étoffes sont tantôt appelées draps de soie, ouvrages de Damas, et au xiv° siècle, camocas. — Conslanlinople fabriquait beaucoup de ces sortes d'étoffes, et les fragments trouvés dans la châsse de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle (planche V), représentant des éléphants dans des cercles '^ sur fond rouge, sont certainement de fabrication byzantine. Nous citerons aussi, parmi ces étolïes, un admirable tissu provenant d'une chasuble déposée dans l'église Saint-Sernin de Toulouse, et qui, bien que d'une époque postérieure au précédent, n'en est pas moins de provenance orientale (planche VI). Ce tissu a la force et l'apparence d'un salin épais, mais plus mal. Il représente des paons affrontés ayant, suivant une antique tradition orientale, Vhom entre eux deux. Une inscription dédoublée comme le dessin, est tracée sur le listel servant de sol aux paons ■. La teinture des fils de soie de ce tissu est merveilleusement belle et bien conservée. C'est au xn" siècle que celte chasuble paraît avoir été faite; l'étoffe doit donc appartenir au moins à celte époque. Le suaire déposé au trésor de la cathédrale de Sens (planche VII), qui représente des oiseaux et des gritïons dans des cercles bleus sur fond pourpre, avec quelques parties rouges, est un tissu de même genre, mais qui pourrait être de fabrication sicilienne, ce que ferait supposer la fausse inscription cufique, qui n'est là qu'une ornementation. Cet

2 Voyez la Notice sur iex comptes de l'argenterie, par M. Doucl d'Arc;]. ^ C'est la pourpre uoirc des aiicious, jiurpiva livida.

* Voyez rcnseinble de ceUe étoffe dans les Mélanyes archéologiques, pnld. [lai' les \\. I*. Marliu el Cahier.

•' « El I>auaca-t-el-Ka.mii,aii » (bcnédicliou parl'ailc).

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