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— <^81 — [ FOND-riE-CUVE ]
loucher la peau, et un collier composé d'une torsade d"or cache la joinlure du chaperon et du foad-de-cuve. Une escarcelle de cuir noir,
avec clous d'or et coulel à manche d'ivoire, est suspendue à une ceinture lâche. La planche XII ligure rétolîo, d'un beau dessin, composant ce vêlement. Le fond-de-cuve est ici fendu devant et derrière,
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du bas jusqu'à la liauteur des cuisses, pour permettre de monter à cheval, si besoin est, bien que ce vêtement ne soit porter qu'accidentellement par les cavaliers. Les plis du bas étaient maintenus réguliers par une ceinture intérieure, et c'est celte régularilé des plis tombants . qui fait désigner cet habit comme un fond-de-cuve.
Ce vêtement pouvait se confondre souvent avec le surcol; nous aurons l'occasion de revenir sur ses variations (voy. Surcot). On lui donnait aussi le nom de cloche.
FOURRURE, s. f. Les fourrures étaient d'un usage général chez la noblesse dès les premiers siècles du moyen âge. L'hermine, la martre zibeline, le gris (petit-gris), le menu vair et le gros vair étaient réservés aux princes et aux seigneurs de haute naissance. Les fourrures les plus ordinaires portées par la petite noblesse et la* bourgeoisie étaient l'écureuil, le bièvre, la genette, l'agneau noir, le lièvre, le renard. Les gens du peuple portaient des fourrures d'agneau, de chat, de loup, de chèvre, de chien, de blaireau, etc.
L'hermine était la plus estimée de toutes ces fourrures ; on la portait avec ou sans queues, c'est-à-dire toute blanche ou ornée symétriquement des bouts noirs de la queue de l'animal, ou de poils d'agneau noir pour y suppléer. L'hermine était fort employée en létices, c'est-à-dire en bandes minces qui servaient à pourliler les vêtements en manière de passe-poils. Il est question souvent, dans les comptes, de ces bandes ou létices.
Le vair provenait d'un petit animal assez semblable à notre écureuil, vivant dans les climats septentrionaux et dont le dos est gris et le ventre blanc. Quand on n'employait que le dos, la fourrure était désignée simplement sous le nom de gris. Quand on employait le ventre et le dos arrangés symétriquement en échiquier, c'était le menu vair ou le gros vair, qui semble, par le prix qu'on le payait, n'être autre chose que du vair d'une qualité inférieure. Quand on doublait avec le ventre seulement, on obtenait une fourrure d'un blanc un peu gris, moins éclatant que n'est l'hermine. Il est souvent fait mention, dans les habits des xni° et xive siècles, de ventres de vair. Mais il est possible que les comptes, en signalant les ventres du vair, aient entendu toute la fourrure de l'animal ; car les miniatures des manuscrits représentent très-fréquemment des doublures fourrées alternativement gris bleu et blanc, c'est-à-dire de menu vair.
De la martre zibeline on fourrait surtout des collets, on faisait des bordures de robes, on doublait des chapeaux. Cette fourrui-e a tou-
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jours élé fort rare. Du bièvre, qui n'est autre chose que le castor, ou plutôt la loutre, on faisait des chapeaux, et l'on fourrait aussi des chaperons, des camails, ou de petits vêtements. L'écureuil roux était fort employé pour fourrer des pelisses et manteaux. L'agneau noir servait au même usage; c'était une fourrure peu estimée.
Joinville rapporte que le roi saint Louis ne portait, au retour de sa première croisade, que des vêtements fourrés d'agneau noir, voulant ainsi donner l'exemple de la simplicité dans les liabits. La genette , espèce de civette , donne une fourrure grise mouchetée de noir ; il en est de noires et de brunes tachetées de noir : c'est une fourrure dont il est fait rarement mention.
La toison d'agneau était souvent teinte de pourpre, et on lui donnait alors le nom de sa couleur.
On ne\saurait croire aujourd'hui au luxe des fourrures employées dans les habits pendant les xnP et xiv^ siècles. Non-seulement les grands seigneurs faisaient fourrer les habits de dessus, mais ceux de dessous. Ce qu'on appelait une robe, de la fin du \nf siècle au commencement du xv^se composait de quatre et môme six vêtements, tous fourrés.
En 1316, Philippe le Long eut, pour les fêtes de Noël, deux robes, dont une était de sept garnements, c'est-à-dire composée de sept vêtements, tous fourrés demenuvair. De ces sept vêtements, quatre pouvaient être portés à la fois, trois étaient de rechange. En voici le détail :
1" La houce (ou fond-de-cuve) et ses ailes (c'est-à-dire
ses manches), pour le tout. ....... 356 ventres.
2° Le manteau 300
3° Le surcot ouvert 226
4" Un premier surcot clos, compris les manches . . . 298
5° Un deuxième surcot clos , id. ... 298
6° Deux chaperons ensemble 120
Total 1598 ventres.
Quand les vêtements n'étaient ni fourrés ni doublés, on les appelait sengle (du latin singulus). C'est le très-petit nombre qui se trouve dans ce cas K Nous indiquons, dans chacun de nos articles, les fourrures qui doublent les vêlements, il n'est donc pas nécessaire de nous étendre ici sur ce sujet. Les édits sompluaires tentèrent vainement de mettre un frein à celte mode ruineuse. Les petites
• Voyez lii Notice sur les comptes de l'argenterie, par M. Douët d'Arcq.
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bourgeoises, à la fin du xiv° siècle, porlaienl des surcots et des peliçons doublés de menu vair tout comme les grandes dames, malgré les édits royaux. Aussi Tinduslrie et le commerce des fourrures étaient-ils llorissants dans les grandes villes du royaume.
Les bourgeois étaient généralement plus modestes que leurs femmes et ne portaient guère que de l'écureuil et de l'agneau.
Pendant les xr et xn° siècles, les religieux de Cluny portaient des vêlements fourrés. Cet abus leur fut reproché à plusieurs reprises, et notamment par saint Bernard. Ce luxe disparut en partie des couvents, lorsque les ordres mendiants s'établirent en Occident. Toutefois Taumusse conserva la fourrure dans beaucoup de monastères.
Il ne parait pas que, pendant le moyen âge, on portât des habits dilTérents suivant les saisons. S'il faisait froid, on ajoutait un ou plusieurs vêtements à ceux de dessous ; s'il faisait chaud, on les laissait de côté. Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'on portait, pendant les xni" et xiv'' siècles, des vêlements fourrés aussi bien Tété que l'hiver: on se contentait d'en diminuer le nombre si la clialeur était grande. Dans le Lai de Lmival, nous voyons la fée que la chaleur du jour oblige de quitter son manteau doublé d'hermine. On pourrait citer maint exemple de faits semblables.
Ce n'est guère qu'au xvi'^ siècle que l'on commença en France à porter des habits d'élolïes ditïérentes suivant les saisons, et encore n'est-ce point là une habitude adoptée généralement comme elle l'est de nos jours.
FREISEAU, s. m. Le freiseau est un peigne-ornement de lête. On trouve très-rarement ce mol employé ; et en elTet le peigne, ornement de coilïure, ne se rencontre guère dans les monuments du moyen âge, cl paraît appartenir seulement au xii" siècle. L'histoire de Mariette, si bien racontée dans la Chronique des ducs de Normandie ', mentionne la toilette de celte jeune lille :
« Son genl cors aveit bel vestii.
« A ce aveit mult euteadu,
« Cum d'une mult bêle chemise
« Et sus d'une pelice gi'ise,
'< Blanche, IVesche, lée, sanz laz,
« Seaulc au corset mieux as bra/. :
' Dvvninents inédits de l'hi.'^toire de France : C/tron. îles ducs de Nurniandie, vers 3l;jiU et suiv.
OOO —
[ FIŒISEAC ]
« S'out afublé un cort niaulul,
>i A li niult coveuable e bel ;
'< Bcmlc sou clief, qu'ele out iniill hlui '
'1 Et duut ele u'aveit poi,
•< D'une bende lascbeitement
<( Od uns frciseaus de fin argent - ;
•< Seuz seie lier est si montée,
« Ne sai si bcle riens fust née. »
Nous avons vu, à l'arlicle Coiffure, que les femmes, vers le milieu du xii° siècle, séoaraient leurs cheveux des deux côtés de la lêle en deux longues tresses ou queues entourées de rubans. Ce genre de coiffure laissait voir naturellement une raie médiane, du front à l'occiput. Lorsque les femmes portaient un cercle de métal, les deux
souches des nattes étaient serrées et maintenues, mais si elles ne pouvaient adopter celte parure de tête réservée aux personnes nobles, elles se contentaient d"tin simple ruban, d'une bandelette d'étolTe laissée lâche, tombant sur le front, et il fallait retenir les deux souches des nattes ou queues par un peigne, autrement ces deux coques auraient promptenient produit un mauvais effet. C'est le freiseau qui est terminé par des grains d'or ou d'argent visibles au-dessus de la tête comme une sorte de nimbe très-fré(piemment ligure dans les vitraux et sur les miniatures de cette époque (dg. 1). Ce genre de coilTure des femmes disparaît à la (in du xii* siècle, avec les longues nattes latérales ^ (voy. Coiffi.he).
I ■< Blond. .,
- ■< Entoure ses cheveux blonds aboudants d'un i);nidcau làehe, avec nu i>eigue d"ar- >< gent tin. »
■^ Dans le [lalois borriilion. ou donuc cncoio le nmii dr frélciiux aux pcigii"iirs de idianvre.