GANT
manches, de sorte que le poignet était encore mieux garanti (voy. Manche). Au xiv° siècle, les gants souples n'ont plus guère de ces longues gardes taillées en biseau ; ils sont courts, ou la lige
AL.CU.LLAu.-^OT.
longue est serrée au poignet à l'aide d'un assez grand nombre de petits boutons rapprochés. Dans une citation précédente, on voit qu'il fallait douze boutons pour un seul gant. Les gants de voyage.
AL.CUiLLAuMr -
pendant le xiv' siècle, étaient munis de gardes en biseau et solides (voy., à l'article Ganache, la figure 2 hh). On fabri(piait alors des gants en Italie, en Espagne et dans un assez grand noini)re de villes françaises, et c'était, comme aujoui'd'hui, l'objet d'un commerce important, qui ne fit que se développer jusqu'au xiv° siècle.
Ce n'était pas tout d'avoir des gants, il fallait savoir les porter. Les Arrêts d'amour de Martial d'Auvergne » font savoir (pie, si un amant, près de sa maîtresse à l'église, porte « nouveaux gants es
' Sccoiulo iiiDilir lin xv« siècle, éiiilioii ilc ll.'il, p. 5.'!.
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<: mains, il ne les doibt point enfoncer, ny faire semblant (.reslonger « les doigtz en tirant ». Ailleurs, le même auteur signale l'abus dont se plaignent certains compagnons touchant les femmes qui alTectent les modes des hommes, et qui « vouloyent aussi porter « leurs gans au cousté, le petit baston en la main, et la robe courte (( à chevaucher », sur laquelle plainte la cour maintient les défenderesses en possession et saisine « de porter botte fauve au pied « dextre ou senestre, fermer leurs souliers d'esguillettes verdes ou (( noyres, de mettre verges et aneaulx d'or, et de porter les ganz de
« coslé en la ceinture »
Vers la Un du xv'' siècle, on mettait des gants de peau et de soie brodés d'or et d'argent sur le dos de la main. Il était malséant de donner sa main gantée, et ni les hommes ni les femmes ne portaient de gants pour danser.
GARDE-CORPS, s. m. {hargaas, h&rigaut). Habit de dessus plus particulièrement affecté aux hommes , mais cependant que les femmes portaient en voyage, ainsi que d'autres vêtements masculins. Il n'est pas question de garde-corps avant le xni'= siècle. C'était une robe longue, fendue par devant vers le bas, avec manches amples et longues qu'on pouvait ne pas passer, et qui alors tombaient librement des deux côtés. Ce vêtement était aussi bien porté par les nobles que par les bourgeois, et saint Louis est représenté avec cet habit sur un vitrail de la cathédrale de Chartres et sur quelques vignettes de la fin du xm*" siècle. Quand quelque seigneur voulait faire honneur à un messager, ou récompenser particulièrement un trouvère, il lui donnait son garde-corps :
» Eu aucune place ni'avient
« Que aucuns preudhonuiie uic vicul
« Por escouter chan(;ou ou uotc,
« Qui tost m'a donne sa cote,
« Sou garrte-corps, sou lu'rigaut.
<( Si en sui plus liez et plus haut,
« Et en chante plus volontiers '. »
Joinville rapporte - que messire Jehan de Valenciennes ayant ramené à Acre deux cents chevaliers prisonniers, il s'en trouva
' I.c Dict lie In 7naai/le {Jonf/lrurs et trouvères, \n\h\. par A. Jubinal, lS;Jo). - Histoire t/c saint Louis. puM. par M. Natalis de Wailly. p. Ititi.
[ GAUDE-COIIPS ]
parmi, (juaranle de Champagne, et il ajoulc : « Je louf liz taillier « cotes et hargaiis de vert, et les menai devant le roy. »
Les garde-corps étaient faits d'étoffe de laine liabitnellemeni, fourrés ou non fourrés ; on les portait avec le capuchon.
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Le l)as-relief des drapiers, scul[ilô sous hV Christ du portail iionl de la calhédrale de Heinis, vers le milieu du xni" siècle, montre quel(iues-uns de ces marchands vêtus du garde-corps (lig. i). Les