‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 65 sur 76 · TSS · texte numérisé non relu

TSS

Quand le jeune roi Charles VI faillit être brûlé à l'hôtel Saiiit- Pol eu prenant part à une mascarade, la duchesse de Bcrry le retint près d'elle, et l'enveloppa de sa gonelle pour le soustraire aux llammes'-!. Ce vêtement de dessus, porlé pendant un bal à la cour, élait certainement ample et léger.

Les femmes du peuple endossaient aussi des gonelles de formes

' De burui, ('IdII'c de Uiiac grossière, [iresiiie toujours rayée, et <iui était uue Iradition ilu v'tement gaulois.

- Chron. de Saitit- Denis, t. Il, p. 6'J, 71.

I r.ONELLE ]

variées suivant la saison ou suivant les circonstances. Il y en avait do très-amples ; {.Faulres ne dépassaient pas les épaules et ne différaient du chaperon que parce qu'elles étaient complètement ouvertes par devant, tandis qu'il fallait enfourmer le chaperon (voy. Chaperoin).

Les docteurs au xni^ siècle portaient la gonelle par-dessus la cotte longue. Cette gonelle était fendue au droit des bras, du haut en bas, pour laisser la liberté aux mouvements.

La ligure 12 montre un de ces docteurs enseignant la grammaire à des écoliers*. Cette gonelle, ample, est violette, doublée de blanc. Sur les épaules elle est froncée à très-petits plis réguliers, afin de rassembler l'étoffe et de la faire suivre le rétrécissement du col.

Les moines mendiants, prêcheurs, portaient la gonelle, au xm'= siècle, ample et descendant au-dessous des genoux (fig. o -).

Ce vêtement religieux est toujours de couleur noire ou très-sombre. Dans l'exemple donné ici, la robe de dessous est grise. Le scapulaire, ou la cucule, est d'une nuance violet clair.

La ligure 3 bis ^ montre un religieux prêcheur vêtu de la l'obe et du scapulaire blancs; la gonelle est noire, avec capuchon. A la lin du xnie siècle, les religieux mendiants et prêcheurs, qui, à l'origine de leur institution, étaient vêtus d'étolïes grossières, affectaient au

' Maiiuscr. lîihliolli . ualiiiu., h/iaye du /«u/ic/e, fraurais (soroudc iiioitiô du xiii*-' siècle). '' Mauuscr. lîihliolli. ualiou.,/''AYf/?/i., auc. fonds SaiuL-Gcrmaiii(iiiilicii du .\iu« siècle). ■' Mauusci'. IJihliolh. ualiou.. liât. de la vu: et des uiiriicles de saint Louis (dcruièrcs auuccs du xiu'' siècle".

conli'aire de ne porter que des étoffes souples de la plus fine laine, tombant jusqu'à terre en plis élégants. Le capuchon, très-ample d'abord, était fait de plus en plus étroit, de manière à envelopper

5 lis

G- jif-'oit

exactement le crâne, et une pèlerine double à petits plis au collet protégeait les épaules. Au xV' siècle, ce vêtement religieux avait la forme que présente la ligui'e 4 '. Rabattu, le capuchon ne laissait voir que sa doublure formant collet. La pèlerine, ouverte par devant, était faite d'une pièce d'étolïe repliée en dessous, à petits plis sur les épaules. Le corps de robe, fendu du haut en bas par devant, était muni de très-larges manches. Tout ce vêtement était noir ; il était adopté à cette époque par les religieux bénédictins. La pèlel'ine tombait en pointe par derrière, jusqu'au milieu du dos : cétail une tradition de l'ancien capuchon lrè.s-ample. La figure 5 montre

' Maïuiscr. l'.ihiidili. nation., Miroir Idslorial, franrais (1 l'ill cnviriin).

[ GOINELLE ]

le liaiil de ce vêlemenl religieux, par derrière. La gonelle était toujours portée sans ceinture, et seule celle des religieux était garnie de manches.

/li. cuiLUUàiir,

Nous avons dit que les femmes portaient des gonelles qui ne couvraient que la tête et les épaules. Ce vêtement se mettait en

campagne et pour chevaucher. En voici un exemple (lig. 6 '). La

' Mauiisir. Itililiolli. uatiou.. Lancelot du Lac, frau(;ais (1390J.

— 419 — [ r.oNEi.i.E ]

(lamoiselle à cheval est vêtue d'une robe pourpre avec agréments et ceinture d'or. La gonelle, qui n'est qu'un chaperon ouvert par devant, est rouge ; les gants sont jaunes. On donnait aussi les noms

de (jor^e, gonelle ou goule, à une simple pèlerine que les femmes mettaient sur leurs épaules pour mouler ù cheval et se garantir de la pluie ou du brouillard. Cette gonelle ne descendait qu au-dessous du coude, afin de ne pas gêner les mouvements des bras, était ouverte par devant et attachée sur la poitrine avec quelques bon-

tons ; elle serniil le cou et élait très-ample par le bas. Ce vêtement était plus particulièrement adopté, pendant le xiv'' siècle, par les dames do lltalie septentrionale, mais élait aussi usité chez nous ;

on le portail avec ou sans le chaperon (tîg. 7 i). Le chaperon s'enfnurmait par-dessus la gonelle et donnait un supplément d'étofTe sur les épaules. Ou remarquera le petit fouet à trois lanières que

1 M.iiiiiscr. Ribliolli. nul., Lancelot du Lac (130(1 ouvir.), vignettes de faiiurc italienne.

Page 1