‹ Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la RenaissanceChapitre 64 sur 76 · GARDE-CORPS · texte numérisé non relu

GARDE-CORPS

portail des liéri.iîauls pour monter à cheval, qui ne se composaient (jue (le deux pans d'étoffe (dalmatique) retenus tous deux au corps jiar une ceinture. La figure 11 ^ donne ce vêtement endossé par des

lî

D/û/or

cavaliers. Les épaules, la poitrine et le dos étaient seulement couverts. Les deux pans llottants au-dessous de la ceinture permettaient d'enfourcher le cheval. Les plis se produisaient naturellement en bouclant le ceinturon, qui faisait coller les deux bords antérieurs le long des manches de la cotte, Irôs-rembourrées et qui n'avaient pas

1 Miimiï^rr. liibliolli. ualiou., Çhronujue d'Angleterre, i']'an(;iiis.

— 4il — [ GARDF'X-.OItPS ]

besoin d'être garanties. Les bords du hérigaut sont taillés en barbes d'écrevisse, suivant la mode de ce temps. Le collet appartient au

H.GulLUUlMT.

■vêtement de dessous, et le hérigaut est simplement percé d'un trou pour laisser passer la lêle. La figure 12 donne ce vétemenl élomhi ; ses

deux faces, antérieure et postérieure, sont ldenli(iuos. Le capuchon avec caniail était eiifoiirmé au besoin par-dessus le hérigaut. Ce

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vêtement convenait aux jeunes hommes, et n'est représenté porté que par ceux-ci. Les gentilshommes âgés endossaient, pour monter à cheval, des hérigauts do même, sans manches, mais fermés latéralement et tombant jusqu'aux pieds (fig. 13 '). Ce cavalier porte la cotte à manches justes lilas, avec une surcotte à très-longues manches fendues, jaune-paille ; le hérigaut est rouge.

La disposition de la bride du cheval mérite attention. Elle est renvoyée au poitrail dans une rouelle munie de passants, et de là est tenue par le cavalier. Mais nous avons l'occasion d'entrer dans quelques détails sur cette matière dans l'article sur les Harxus.

On ne trouve plus trace de ces noms de hérigaut ou de gardecorps sous le règne de Charles VL Bien que des vêtements analogues soient encore portés par les gentilshommes et par les bourgeois, on les désigne autrement; et, d'ailleurs, ces coupes, si simples et qui produisent de beaux plis, disparaissent pour faire place à des habits de dessus très-compliqués dans la manière dont ils sont façonnés (voy. Haincelin, Hoqueton, Houppela>de, Pelice, Surcot).

L'esclavine n'est qu'un garde-corps (voy. ce mot).

GARNEMENT, s. m. C'est par ce mot que l'on désignait, pendant les xnr et xiv^ siècles, les diverses pièces d'un vêtement complet (voy. Robe) :

'1 Piiit le luaiacut eu nue cambre,

u II ot asés d'or d'Alixandre,

'< Tires, pales et siglatons,

'i Mantials vairs et gris pelieous,

" Et maint bon autre garnement '^. >'

Garnement s'entendait aussi comme pièces diin ameublement. Nous avons conservé le mot garni.

GIBECIÈRE, s. f. C'est l'escarcelle d'une dimension plus grande et à laquelle n'est pas attaché le couteau. La gibecière était portée par les voyageurs, par les paysans, mais les nobles, en campagne, en suspendaient aussi à leur côté ; alors, elles étaient richement ornées. « Une gibecière à perles sur champ vermeil à treffles, à troys i< fleurs de lys\ »

' Manuscr. Biblioth. nation., Tite-Live, trad. française dédiée au roi Jean. - Li biausdesconnens, roman du xiii» siècle, vers 3418 et suiv. ^ Invmt . de Charles V, P>il)lioth, nation., article n" 274o.

« Une autre gibecière à perles, où sont deux aigles qui tiennent " ung K et ung J couronnez et y a deux bourses de perles à ung '< pendant de mesmes '. »

Les gibecières étaient à fermoir, comme les aumônières, ou à recouvrement, avec courroie pour les passer en sautoir. Les pèlerins ne voyageaient pas sans une gibecière, où ils mettaient les ustensiles les plus nécessaires, et aussi leur nourriture du jour. Cela ressemblait beaucoup à notre musette (voy. à l'article Escla- VI^'E, fig. 2 et 4).

GONELLE, s. î. {gonnèle, gonne). Habillement de dessus porté par les deux sexes. Sorte de cape, sans manches, couvrant le cou, munie habituellement d'un capuchon, ouverte par devant. Cette casaque remonte à une haute antiquité, puisque le mot givn se trouve dans le vieux gaélique, dont le Breton a fait gunna, et l'Écossais gun.

La limousine de nos paysans du centre de la France, portée par les bergers et les rouliers, est une dernière tradition de ce vêtement usité chez les Gaulois, ainsi que le prouvent des stèles funéraires des iV et %'" siècles.

La gonelle appartenait aussi bien aux nobles qu'aux vilains. On la posait par-dessus l'armure, ainsi que le font connaître les vers suivants :

>' Il s'ageuoillc, vestue de sa gonnele, » Par graut amor il a dit raison hein -. »

'i Dcsoz la bofle li tVainl cl escarlclc,

» L'auber li fausse de desoz la gonele,

<i Empaint le bieu, mort Fabat de la scie '. »

La gonelle était de dimensions et do formes différentes. Les gens du peuple, les paysans, la portaient assez courte et ne descendant guère qu'aux genoux : les nobles la tenaient ample et fourrée :

'c Une gonnele de biset li dona,

<i Monit esloil lée, près d'une toise a '. »

' Inrnnt. de CItarlex V, n» 2'7'4().

- Li fioDums (le liaoul (h Cambrai. C'est b; eonite P.aon! don! il esl ici ipieslion et (|ui est armé.

* Manuscr. n» 9S't, olim G'i9 de la bibliolh. pnbl. de la ville de Lyon (enmmeneement du xiv" siècle).

'• L(t Bataille d'Aleschnns, vers UH, Guillaïunc d'Ornncje (xiii" siècle).

« Por ce, s'ai orc mes cliauccs eaboées

" Et ma gdiiele qui est et grnnt et léo,

" Si est por voir daus Aynieris mes pcres,

(1 Cil de Ncrbone, qu'a proescc adurce'. »

Ce vêlement préservait les paysans, les bergers, des intempéries, cl no dilïérait guère de ceux qu'ils portent encore aujourd'hui.

La figure 1 montre un paire vêtu de lu gonelle courte par-dessus la cotte, avec ceinture d'éloffe-. Plus ou moins longue, la gonelle

' Ljl Charrois de Nysmes, vers 1329 et suiv., Ginllmime d' Orange. - iMauuscr. r>ihIioili. iialinii., latin, n" fi/3 (x» sièele).

(lu peuple n'est qu'un morceau carré d'étoffe ' froncé au cou, avec capuchon, et elle ne varie pas dans sa forme pendant le cours du moyen âge. Il n'en est pas de môme de la gonelle des citadins et des nobles. Ces gonelles étaient faites de camelins de qualilé plus ou moins fine, doublées d'étoffe plus légère, claire, ou même de fourrures. Plus rarement les portait-on de soie. Celles-ci étaient plus particulièrement réservées aux dames nobles pendant les xiv= et xve siècles.

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