GORGIÈRE
« plusieurs pièces de couvrcciiiefs, gorgieres, toiirez, espingles et autres atours K » Dès avant cette époque, les gorgieres étaient attachées au .couvre-chef, couvraient le cou, les épaules, et étaient prises sous l'encolure de la robe. Les dames portaient même des
gorgieres sans voile, sans couvre-chef, et coiffées en cheveux, ainsi que rindique la figure 1 -. Cette gorgière est attachée sous les nattes qui couvrent les oreilles et la nuque, passe serrée sous le menton, est assez ample autour du cou et est maintenue sous l'encolure du surcot. Les guimpes, au contraire, étaient posées pardessus le vêtement (voy. Guimpe) et étaient beaucoup plus amples. Cette mode se conserva jusque vers 1370 avec des variantes. Les femmes portaient alors des hennins, cornes, escoffions, et les cheveux
' D(''penso du mariage de Rlanclie de Uoiirbon (1352).
* Manuscr. llihlioth. iiatiou., Guerre de Truie, français (1300 a 1310).
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élaicnt cachés sous ces coillures. Les gorgières, (|ui irélaient plus guère adoptées (|ue par les femmes d'un âge mûr ou ([ui voulaienl conserver une altitude respectable, étaient serrées au cou et prises
toujours sous le corsage (fig. 2 '). La robe de cette dame est bleue, sans aucun ornement ; les manches de la cotte de dessous, roses. L'escoftion est de linge blanc, et la gorgièrc très-transparente. Mais, vers i;-580, les robes des dames étaient, ou très-montantes avec collet haut, ou décolletées avec collet rabattu, et pièces de dessous au bas de la gorge, ou gorgières, qui alors n'étaient que de légers lichus posés sur les épaules, qu'ils couvraient à demi, cl pris
' Mauuscr. IJiblioUi. iialiou., laCité des dames, Christine de pisau.
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SOUS le bord supérieur du corsage. Au commencement du xv^' siècle les gorgieres, irès-fmes, Iransparenles, légèrement empesées, ne
furent plus qu'un glacis de gaze posé a la hauteur des épaules sous le corsage très-ouvert par devant et par derrière (fig. 3 ').'
' MauuscT. Bihliolh. n-a\um..Lam:elol ,1a Lac, fnui.Mis (1425 environ).
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Elles formaieni de petits plis réguliers au cou, qui se perdaient sur la poitrine, laissant deviner la couleur de la peau et la forme. Cela ne laissait pas d'être fort gracieux. Dans notre exemple, une line
chaîne d'or, avec un bijou, est posée sur la gorgière et contribue à la maintenir. La coiffure de cette dame est le hennin à cornes, avec voile léger et très-transparent par-dessus. Les cornes du hennin sont bordées d'une sorte de guipure ou de passementerie blanche et composées d'une étoffe l'ouge avec fils d'or et perles. Une passementerie bleu passé borde le corsage, qui est de velours gris de fer, ainsi que la jupe et les manches. La ceinture, très-large, suivant la mode du temps, est blanche avec broderies d'or. Le corsage csl également très-décolleté dans le dos (fig. 4), et la gorgière est de même que sur la poitrine, ouverte en pointe. Cette nuule ne pouvait convenir qu'à de très-jeunes femmes, et èlail, df la |)ait du clergé, le sujet de fréiiuentes remontrances, qui. bleu entendu,
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restaient sans elTel. Ces gorgières, d'un tissu aussi transparent que possible, devaient être faites de ces mousselines très-fines qu'alors on faisait venir d'Orient, et qui parfois étaient brodées de légers dessins d'or, pois, lleurettes, raies.
Cette mode persista assez longtemps avec quelques variantes sans importance, tant que les corsages furent maintenus aussi décolletés.